Au printemps d'Arezac...

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Au printemps d'Arezac...

Message  Vanyel le 2010-03-30, 20:39

Mauléon ... maison... enfin. Après combien de temps rentrait-elle? trop à son goût. Lorsqu'elle avait eu l'autorisation de baisser l'étendard rose, elle n'avait pas laissé le temps au Coms de le dire deux fois. A peine ces mots étaient-ils prononcés qu'elle avait filé prévenir Russo, Zak et Aymeric. Ils auraient dû repartir aussitôt.. c'est ce qu'eux avaient fait... celle qui était restée derrière, c'était elle... Ça lui apprendrait à répondre aux questions pièges du genre " tu n'aurais pas des points d'institution indigo en stock, c'est la couleur commandée par le bailli ce jour, il en voudrait une vingtaine"...Livraison de parchemins parcourus par une encre indigo et faisant quelques calculs et autres remarques d'organisation...
Escale à Orthez ensuite pour y retrouver la vicomtesse et les 2 vicomtes qu'elle avait fait attendre... ils s'étaient préparés pour rentrer, Russo avait pris la carte de Vanyel pour s'assurer de ne pas rater la route, même s'il n'y avait pour l'instant qu'un chemin menant à Mauléon, départ donné tout allait bien ils seraient bientôt chez eux... ou pas. Le cheval de Russo s'en était mêlé en gobant la carte et l'obscurité aidant ils avaient fait... un joli tour en rond et retour à la case départ. Inutile de dire que cela l'avait hautement contrariée. Elle avait la désagréable impression qu'une sinistre force faisait tout son possible pour l'empêcher de retourner chez eux. Arriver à prendre 2 jours de retard sur un trajet qui, à la base, ne durait lui-même que 2 petits jours, c'était plus que certainement jouer de malchance... Pendant la phase de repréparation de leur trajet Orthez-Mauléon elle avait suggéré de remplacer la chasse au lynx à venir par une chasse à Murphy... au pire et à défaut il serait toujours possible de baptiser le lynx Murphy, histoire de passer un peu de sa frustration... L'adage "jamais deux sans trois" ne se vérifia bienheureusement pas. Il faut dire que pour le coup, chaque membre de leur petit groupe avait redoublé d'attention, tant pis si cela prenait alors un peu plus de temps pour s'assurer que le chemin était le bon, ce qui comptait au point où ils en étaient c'était plus d'arriver au bon endroit que la célérité avec laquelle leur but serait atteint. Enfin... arriver à Mauléon et le retrouver.

Sa vie chez eux reprenait doucement, un peu chamboulée puisque la maisonnée s'était agrandie de filleule et nièce, mais cela la rendait simplement un peu plus vivante. Si elle le croisait parfois assez peu, accaparé qu'il était par la mairie, elle était au moins heureuse d'être à nouveau dans leur demeure et loin de la capitale et ses remparts. Les journées se passaient tranquillement, entre quelques rares lettres envoyées à quelque nouvel habitant rejoignant Mauléon et discussion le soir à la taverne municipale, où le sujet principal du moment était la préparation de la chasse au lynx. Il avait aussi été question de fruits et de fil en aiguille, elle en était arrivée quelque comment à vouloir faire de la confiture, mots qui avaient eu l'heur de faire briller les yeux de Varden, ce qui à son tour l'avait fait sourire.
Tandis que lui repartait à son bureau, elle était rentrée chez eux après avoir fait un tour au marché et était partie dans son antre... la cuisine. Entre temps, le soir était tombé et l'ombre s'étendait dehors. Elle fredonnait tout en découpant les fruits, les mettant à cuir sur feu doux, rajoutant du sucre, un peu de cannelle et d'eau... Il faudrait un moment avant que cela ne soit prêt et comme elle avait réussi à se retrouver avec les mains et les avant-bras acidulés certes mais aussi collant, elle s'assura que le feu était assez entretenu pour durer un petit moment en brûlant doucement, réajusta la hauteur de la crémaillère, mélangea encore une fois ce qui commençait à prendre des allures de futures tartines, referma le couvercle et surtout la porte derrière elle de façon à éviter tout incident malencontreux qu'un chat aurait pu engendrer et se dirigea vers la salle d'eau.

Arrivée dans la pièce, la cheminée avait une chaude couleur ambrée, les flammes y dansaient derrière une grille protectrice. Accolé à la cheminée, un peu en hauteur, un drôle de caisson métallique, chauffé, avec un petit tuyau qui partait jusqu'à une baignoire. Tourner le petit robinet et laisser l'eau chaude la remplir. D'abord se doucher dans ce coin de la pièce dont le sol n'est pas plat mais converge vers une petite ouverture qui laisse l'eau s'écouler, puis se glisser dans son bain. Fermer les yeux et rester sous l'eau, écouter les étranges échos que faisait le léger clapotis de la masse liquide. Reprendre son souffle, recommencer. Combien de temps? Combien de fois? Elle oubliait tout dans son cocon aquatique, aurait pu rester comme cela encore longtemps mais elle avait littéralement quelque chose sur le feu. Elle sortit de l'eau et s'habilla après s'être séchée presque entièrement, ses cheveux restaient humides, mais ce n'était pas bien grave. Elle reprit le chemin de la cuisine qu'une odeur fruitée avait envahie, entreprit de sortir la marmite de douceur du feu, regarda d'un air gourmand le résultat et le goûta... une sourire s'étira sur ses lèvres, il ne restait plus qu'à ce que ça refroidisse. Satisfaite, elle mit un peu d'ordre avant de prendre le chemin de leur chambre. Elle ne s'attendait pas à l'y retrouver, supposant qu'il ne rentrerait que plus tard, pourtant en poussant la porte...


Varden


Juste un nom murmuré, deux petites syllabes...

*Komm zu mir, ich halte dich.*
Elle le rejoignait, retrouvait sa place au creux de ses bras dans lesquels il l'emprisonna, la serrant contre lui.

*Komm zu mir, ich tröste dich.*
Ses lèvres sur les siennes la firent frissonner et effacèrent en un instant toute pensée qui ne lui était pas liée.

*Komm zu mir, ich höre dich.*
Elle murmura doucement à son oreille Bonsoir toi, quelle charmante surprise de te retrouver déjà. juste quelques mots presque banaux, n'eut été le ton qui les teintait du bonheur de le retrouver.

*Komm zu mir, ich verstehe dich.*
Sentiment qu'il comprenait et partageait, à en juger par l'éclat de ses yeux sombres dans lesquels elle plongeait, se perdait. Les secondes s'égrenaient toujours lentement, mais elles lui semblaient légères.

*Geh nicht fort, ich brauche dich.*
Il l'empêchait de s'en aller, non qu'elle en eut envie de toute façon, elle avait besoin de lui, de sa présence, de sa chaleur...

*Geh nicht fort, ich sehe dich.*
Il l'observait faire avec un regard à la fois doux et possessif, chose qui l'aurait profondément dérangée de la part de tout autre.

*Geh nicht fort, bleib für mich,*
Il ne faisait pas mine d'avoir quelconque intention de la libérer. Elle restait avec lui... ce qui, au demeurant, lui convenait plus que parfaitement.

*Geh nicht fort, ich liebe dich.*
L'embrasser à nouveau, glisser sa main dans la sienne... geste naturel et familier qui ne cessait pourtant d'avoir un singulier effet pour une simple et évidente raison, qu'il lui avait pourtant fallu bien longtemps à accepter.

*Komm zu mir und geh nicht fort,*
Attirés l'un vers l'autre.. aucun des deux n'auraient songé à se défaire de l'emprise de l'autre, bien au contraire ils s'y abandonnaient.

*komm zu mir an meinen Ort.*
Elle l'avait rejoint... il l'avait rejoint... Ils étaient à nouveau réunis. Ils parlèrent un peu de tout et rien, simplement satisfaits d'être ensemble... le temps passait.... souffle sur son cou, caresses sur sa peau.

*Geh nicht fort, bleib doch hier,*
S'échapper ne lui effleura pas même l'esprit lorsqu'il la souleva et l'emmena vers leur lit...

*bleib einfach ganz nah bei mir.*
Rester blottie tout contre lui.. elle fermait les yeux, la tête posée sur son épaule, les cheveux défaits.

Retenir l'instant présent l'aurait abîmé, elle se contentait de le savourer. Elle écoutait son souffle se faire plus lent et régulier. Ses doigts caressaient doucement sa main avant de la saisir et la poser sur son ventre. Peut-être que le moment semblait propice et qu'elle ne pouvait lui cacher ce qu'elle avait appris bien plus longtemps, elle essaya de le lui confier.


Varden...

mais sa voix s'arrêta là, laissant sa phrase en suspend. Les mots restaient tapis en elle, comme cette vie qui grandissait en son sein et dont il fallait qu'elle lui parle...


[hrp: source: http://www.infantologie.de/love/baerle1.php?mode=view&id=163 ]
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Re: Au printemps d'Arezac...

Message  varden le 2011-09-29, 20:56

Une lourde chaleur moite s'était emparée du monastère situé au coeur de la vallée d'Ossau. C'est là que le couple d'Arezac s'était réfugié pour attendre l'heureux évènement ... Ce qu'on annonçait comme une magnifique page de vie ...

Mais en cette heure, Valère ne trouvait pas qu'il s'agissait du plus beau jour de leur vie ... La torpeur renforçait sa panique intérieure déjà masquée difficilement en la présence de Melian. Vanyel semblait au plus mal, et il se sentait inutile, alors qu'une pâleur teintée de sueur s'était emparé du visage délicat de son épouse.

Inquiet, en proie à un mal-être grandissant, Valère tournait en rond sans parvenir à se calmer autant que de raison ...


On ne panique pas ... On ne panique pas ...

Dona Melian !!!

Je ... je ... Je panique !!!


A y est, il avait explosé, lâchant son dévolu sur la médicastre de confiance qu'ils avaient fait venir pour guider Vanyel, et un peu Valère, dans cette dure épreuve ...

Non mais regardez la !!

Jetant un coup d'oeil vers Vanyel, il reprit plus bas ...

Non mais regardez la !! Est on là pour la sauver des griffes de la mort ou bien pour la voir donner la vie ??

Je m'y connais peu en accouchement mais elle n'a pas l'air de vivre les meilleurs moments de sa vie ... J'ai connu des soldats moins mal en point après une bataille perdue !!


Regard éperdument amoureux autant qu'inquiet pour le jeune Comte ... Puis retour vers Melian dont il saisit les mains avec ferveur ...

Par Christos ... Par Aristote ... Melian, mon amie, j'ai foi en vous comme j'ai foi en ce qui nous dépasse tous ...

Je vous en prie ... Sauvez la, sauvez les tous les deux ...


Plusieurs lunes s'étaient écoulées depuis le doux soir de cette nouvelle divine qu'ils seraient bientôt trois ... Mais ce jour, ce nouveau chapitre leur promettait l'une des plus grandes épreuves de leurs existences ... De belles promesses qu'il rêvait de réaliser ...
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Re: Au printemps d'Arezac...

Message  Vanyel le 2011-10-07, 20:52

Voilà déjà quelque temps qu’ils s’étaient retirés de toute vie publique et avaient trouvé refuge dans le calme du monastère.
Les journées étaient souvent parsemées de sieste - en général involontaires mais tout de même bienvenues au pied d’un chêne, à l’ombre d’un muret de jardin...
Vanyel restait fatiguée mais elle avait tenu à ce que, ce jour, ils s’organisent une petite collation avec un peu de compagnie.

A grand renfort de sourire et d’assurance que tout irait bien - puisqu’elle serait surveillée qu’elle le veuille ou non - elle avait obtenu les accès à la cuisine et en avait profité pour confectionner une ribambelle de petits biscuits et tartelettes aux fruits de saison... d’ailleurs les cerises lui avaient laissé le bout des doigts colorés, malgré plusieurs lavages de mains. Elle avait fini par se dire que la teinte partirait bien, un peu plus tard.

Ils s’étaient installés dans un coin du verger, où les deux murs qui l'entouraient formaient un angle droit ombragé. Une petite table était dressée, recouverte de douceurs et boissons aussi fraîches que possible, Melian les avait rejoint et leur second anniversaire de mariage promettait d’être des plus plaisants.

Nouvelles des familles échangées, grignotage, papotage, tout allait bien jusqu’à ce qu’à ce qu’un petit coup de pied - ou de poing - ne se transforme en agonie, lui faisant perdre toute couleur. Difficile de le cacher et de continuer comme si de rien n’était... Varden ne lui avait pas demandé son avis quand il l’avait soutenue et menée à sa chambre, Melian sur leurs talons.

Perdue au milieu de son lit avec quelques coussins calés derrière son dos, elle essayait de respirer calmement en espérant - en vain - que la douleur passe. Était-ce là les prémices d’un accouchement? N’ayant jamais eu d’enfant, elle aurait été bien en peine de le savoir, ce qui ne l’empêchait pas de souhaiter ardemment que ce fut le cas. L’idée d’avoir à retraverser cet état plus tard ne l’attirait pas vraiment.

Si elle avait été simple spectatrice et non au centre de l’acte qui se jouait, elle aurait sans doute trouvé amusant de voir Varden perdre ses moyens. En occurrence, elle n’arrivait même pas à s’en rendre compte, la seule chose qui la marquait c’était le désarroi tapi dans son regard.

Tout en tendant un bras vers Varden parce qu’elle voulait tenir sa main, elle essaya de faire un faible sourire à Melian, mais le résultat devait plus ressembler à une grimace.


Je suis navrée Melian, nous avons dû rentrer à cause de moi... mais on refera un pique-nique dehors.. bientôt... il n’y avait pas de question dans sa voix. Que ce soit une fausse ou vraie alerte, soit ils retourneraient sous peu dans le verger, soit il faudrait simplement choisir un autre jour.
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Re: Au printemps d'Arezac...

Message  Melian le 2011-10-13, 19:45

Peut-être était-ce pour tromper la solitude que les absences répétées d'Acar faisaient subir à son épouse. Peut-être était-ce parce qu'elle avait vu combien cette dernière Croisade avait affecté Melian pourtant habituée aux guerres. Peut-être était-ce parce qu'elle voulait la sortir de ce travail dans lequel elle se noyait pour oublier sa douleur quand elle ne s'occupait pas de ses enfants. Ou peut-être était-ce simplement que Vanyel appréciait la compagnie de la Ventoux.

Toujours est-il qu'elle l'avait conviée à les rejoindre, elle et le Coms Varden, au sein du monastère où ils avaient trouvé refuge, loin du monde et de sa folie. Melian s'était donc apprêtée et avait pris la route dans sa voiture en direction du lieu de recueillement avec l'impression de sortir un peu de ce brouillard de douleur et d'isolement dans lequel elle s'enfermait un peu plus chaque jour.

Ce fut avec une grande joie qu'elle les retrouva, dans une discussion amicale parsemée d'une pincée de grignotages divers qui lui donna un peu de baume au coeur. Ce sourire qui ne la quittait jamais faisait parfois office de masque, mais présentement il n'en était rien, et c'est bien la joie de ces retrouvailles qui prédominait.

C'est alors que le visage de son amie changea de teinte, et que Melian se leva immédiatement pour se porter à son secours. Le Coms avait fait de même, et c'est ainsi que le trio prit la direction de la chambre réservée à l'intention de Vanyel.

Le médecin aida la future mère à s'installer aussi confortablement que possible étant donné les circonstances. Elle attrapa un drap avec dans l'idée de le poser sur les jambes de sa patiente du jour afin de procéder à un examen de la situation en protégeant sa pudeur – vieux réflexe quand bien même était-ce l'époux le spectateur paniqué.

Elle eut juste le temps de le poser sur le bord du lit que ce fut ledit époux qui lui attrapa les mains, après avoir clamé haut et fort puis plus bas son état de détresse. Melian répondit alors de sa voix douce accompagnée d'un sourire qui se voulait un peu apaisant.


Donner la vie est ce qu'il y a de plus magnifique, mais cette vie naist d'une douleur immense. Je ne saurais vous en expliquer les causes. Ainsi est la volonté du Très Haut. Pour ce qui me concerne, je vais faire tout ce qui est en mon pouvoir et plus encore pour que tout se passe pour le mieux.

Si tout ceci est trop dur pour vous, vous pouvez sortir et patienter à costé, ou bien rester avec elle et la soutenir de vostre mieux. Mais je crois qu'une petite main appelle la vostre.
ajouta-t-elle en voyant Vanyel qui la tendait en direction de son mari.

Ne vous inquiétez pas Vanyel, nous aurons d'autres occasions pour des pique-niques et milles autres réjouissances. lui répondit-elle.

Mais aujourd'hui, il va vous falloir vous concentrer exclusivement sur vous et vostre enfant, car je doute fort qu'il s'agisse d'une fausse alerte.

Melian se demanda si elle avait eu ce même regard pendant ses accouchements. Mieux que personne, elle savait ce qui attendait Vanyel. Rude destinée que celle d'être femme, en vérité.
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Re: Au printemps d'Arezac...

Message  varden le 2011-11-20, 21:17

Le monde n'était il que folie comme le pensait Melian ? Elle qui avait tant vu, tant connu, elle qui était guide des âmes perdues, bergère parmi les moutons ...

Valère ne pensait pas à ces choses-là. Il s'était voulu meneur, il en était réduit à l'impuissance de l'homme face à la volonté du Très Haut ... C'était à son épouse que l'on offrait l'épreuve de donner la vie, de souffrir tant et tant pour voir la naissance de leur premier enfant ...

Valère aurait aimé que cela passe vite, il aurait aimé perdre ce sentiment d'impuissance qui l'attachait au sol et l'entraînait vers les tréfonds de la solitude. Face aux gestes avisés et professionnels de Melian, au courage de son épouse, que lui restait-il ?

Et puis ... L'image évidente que son sentiment n'avait aucune importance. Seuls comptaient l'enfant et Vanyel. Il avait tant rêvé de moment. Il avait tant pensé ces instants ... Eux qui accueillirent tant et tant d'enfants, filleuls, neveux, protégés d'un temps révolu ... Que leur restait-il ? Aujourd'hui Vanyel et Valère auraient un enfant à eux ... Et c'était là le plus beau des trésors.

Se tournant vers Melian, le Comte la regarda avec un air profondément perdu avant de parler d'une voix cassée, d'une faiblesse rare ...


Comment puis je vous aider Melian ? Je me sens quelque peu inutile ici ... Que puis je donc faire pour vous aider, vous et Vanyel ?

La douceur de Melian n'était pas que légendes et déjà elle lui indiquait son rôle, sa place. Proche de son épouse, à ses côtés, main dans la main, comme à leurs débuts timides empreints d'hésitation et de romantisme, comme à leur mariage, intimiste certes mais au plus près d'une émotion et d'une alchimie rarement vécues par le jeune homme.

Alors il remercia Melian d'un sourire et vint à Vanyel lui prendre la main et lui souffler à l'oreille ...


Je t'aime ma Vanyel ...
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Re: Au printemps d'Arezac...

Message  Vanyel le 2011-11-27, 19:58

Accaparée qu'elle était à essayer de repousser la douleur, elle saisit vaguement les mots de Melian et se contenta de lui hocher la tête. Elle avait au moins bien compris la dernière phrase que celle-ci lui avait dit. En outre, il lui aurait de toute manière été très difficile de se concentrer sur autre chose que sur l'enfant qui semblait vouloir prendre le chemin du monde et quitter sa matrice maternelle.

Elle n'en menait pas large perdue dans un douloureux océan. La main de Varden lui fit l'effet d'une vague apaisante, et pendant un instant elle lui sourit, oublieuse pendant une fraction de seconde de l'agonie traversée. Les quelques mots chuchotés lui donnait cette délicieuse impression de vertige... Il était à ses côtés... elle avait craint l'avoir perdu un temps, s'était autant que faire se peut raccrochée à l'espoir qu'il lui revienne à nouveau. Être à nouveau près de lui la ravissait, comblait un vide essentiel en elle. Si le Très-Haut le voulait bien, à cette joie s'ajouterait bientôt celle d'être tous deux parents....
Voilà encore une chose qu'il avait rendu possible, réelle... Malgré les épreuves subies, elle ne regrettait pas de l'avoir rejoint.

Pensées qui glissent et lui rappellent une conversations saugrenues générant un bien impromptu fou-rire. Sans doute que cela les inquièteraient, mais elle était incapable de le retenir, et qui attendrait vraiment un comportement rationnel de la part d'une femme en plein travail? Au moins elle ne l'abreuvait pas de tous les noms d'oiseaux possibles et imaginables, le rendant seul et unique responsable de ses maux, il faudrait qu'il en remercie Namay.
Entre rire et lèvres mordues pour essayer de ne pas céder à la souffrance ses mots étaient entrecoupés et décousus.


Mais .. pas ... mais pas... Varden..yel...

Puis le rire cessa et l'emprise sur sa main se resserra. Elle ne se rendait pas compte que ses ongles mordaient sa chair, elle ne se rendait plus compte de grand chose, à part la douleur qui s'intensifiait. Prélude d'une libération imminente? Il lui fallait l'espérer.
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Re: Au printemps d'Arezac...

Message  Melian le 2011-12-27, 22:11

Tandis que le Coms prenait place près de son épouse, qui tenta de dire quelque chose mais dont les paroles demeuraient pour le moins obscures, Melian sortit de la pièce le temps de trouver quelqu'un pour lui porter des linges propres et de l'eau chaude.

Une fois qu'elle eut trouvé la bonne personne, et récupéré un tas d'oreillers au passage, elle s'en revint auprès du couple, plus ou moins disparue derrière son chargement.


Voilà, le nécessaire arrive. A présent, il va nous falloir voir un peu où vous en estes. dit-elle en posant la pile.

Ne sachant que trop combien la douleur est vive et limite la compréhension, elle s'efforçait d'employer le phrasé le plus simple possible, afin que Vanyel n'ait pas besoin de trop gros efforts de concentration pour la comprendre.

Nous allons vous installer déjà, et ensuite je vais vous examiner plus avant.

Elle regarda alors le Comte.

Mon Coms, il faudrait que nous l'aidions à se redresser un peu, et que nous la calions dans les oreillers pour qu'elle soit aussi à l'aise que possible.

Parce que toute forte soit-elle, soulever une femme enceinte dépasse tout de même ses capacités...
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Re: Au printemps d'Arezac...

Message  Vanyel le 2012-04-01, 22:12

Elle sentait vaguement qu'on la bougeait pour essayer de la caler sur d’innocents coussins qui verraient leur durée de vie drastiquement réduite étant donné leur utilisation.

Varden avait dû lâcher sa main, et ses doigts se crispaient spasmodiquement sur le drap du lit. Se calmer en essayant de respirer profondément aurait pu être une bonne idée, mais ses pensées étaient un peu trop accaparées par l'enfant pour que cela lui effleure vraiment l'esprit.

"pousser" oui oui, c'est bien joli, c'est facile à dire, à faire c'est une toute autre paire de manche. Elle se demandait si leur enfant n'était pas en train de réfléchir à deux fois finalement avant de décider de vraiment venir au monde.

Combien de temps s'était écoulé, elle n'en avait aucune idée. Elle n'aurait su dire si la lumière avait baissé, elle se sentait de plus en plus fatiguée. Elle continuait tant bien que mal à essayer de donner naissance sur les draps devenus carmins mais ses efforts perdaient peu à peu en intensité, son regard se faisait flou. Si elle pouvait simplement dormir pour reprendre quelques forces...

Les voix ne l'atteignait presque plus, elle se sentait sombrer. Ce n'était pas le moment, elle voulait le voir, ce petit être tant attendu. Dans un sursaut de volonté, elle se concentra une dernière fois ... et eu l'impression soudaine d'un intense déchirement.

Le cri du nouveau né filtra au travers de ses sens embrumés. Elle chercha le visage de Varden avec un faible sourire... étrange tout ce rouge devant ses yeux et qui teintait sa vision... le rouge ne lui allait pas du tout, c'était le bleu sa couleur fut sa dernière pensée avant de sombrer dans le noir de l'inconscience, bercée par les cris de leur fille.
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