Le mariage juillet 1457 à Mauléon

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Re: Le mariage juillet 1457 à Mauléon

Message  Aymeric le 2009-07-23, 14:42

Ermelina a écrit:Les froufroutements avaient cessés et les chuchotements s'amenuisaient. Ermelina se tenait droite derrière l'autel et observait avec attention les amoureux. Elle les avait vu entrer, main dans la main. D'un point de vue purement protocolaire, c'était une hérésie. Mais qui pouvait bien se soucier du protocole, ici ? Homme et femme, nobles et manants, tous étaient des enfants de Dieu, ici, tous se valaient. Enfin du moins sur le papier. Il suffit à la rouquine d'évoquer le poulet géant pour se poser de sérieuses questions, qu'il faudrait pourtant laisser de côté le temps de la cérémonie. Peut-être aurait-elle l'occasion, plus tard, d'étoffer sa galerie de personnalités exceptionelles (pour ne pas dire hors norme) de ce siècle avec cet étrange personnage...

[i]Ermi sourit au couple. S'agissait-il d'une promesse tacite que tout allait bien se passer, qu'ils pouvaient avoir confiance, ou bien était-ce la meilleure façon de faire un peu d'auto-persuasion et de conjurer ce brave Murphy ? Un peu des deux, sans doute. Lorsque le silence fut total, la rouquine porta son regard sur l'assemblée. Il était temps d'en venir aux choses sérieuses.


Mes soeurs, mes frères... commença-t-elle en ayant une petite pensée pour Vanyelle, qui tiquait toujours lorsqu'elle entendait sa mère appeler de parfaits inconnus "frères" et "soeurs" et vous tous qui avez souhaité prendre part à cette cérémonie, soyez les bienvenus dans la demeure du Très-Haut en ce soir de grande réjouissance. Réjouissance car nous voici ici rassemblés pour parfaire le mariage de deux fidèles aristotéliciens, mais aussi de deux êtres chers à nos coeurs que le Très-Haut a réuni dans l'amour le plus profond. Petite pause le temps de poser le regard sur les amoureux. Toi, Vanyel, et toi, Varden, reprit-elle, avez manifesté la volonté de devenir mari et femme. Pour cela, rappela Ermi, non sans que ses petites cellules grises de service ne lui présentent en simultané une sélection pertinente des temps forts de la publication des bans, nous avons proclamé les bans en cette sainte église par trois lectures, comme le veut la coutume, et avons ouvert il y a quinze jours de cela votre période de fiançailles. Proclamons à présent l'heure heureuse de vos épousailles.

Nouveau petit temps pendant lequel Ermi jeta discrètement un oeil à son grimoire. Se redressant pour bien voir tout ce qui se passait, même au fin fond de la nef (lieu de prédilection pour les perturbateurs et les agitateurs de tout poil, c'était bien connu), la rouquine se lança dans la partie du cérémoniel qu'elle détestait le plus. Une transformation sensible s'opéra alors chez elle. Ses traits se durcirent quelque peu. Un dragon réveillé au petit matin par une bande de chevaliers surexcités par la perspective de ramener tout ou partie de la carcasse d'un gros lézard pour prouver leur valeur et leur virilité à un troupeau de demoiselles en mal de sensations fortes aurait eu le regard tendre et délicat d'une donzelle à qui on vient de conter fleurette pour la première fois si on l'avait comparé à celui qu'Ermelina adressa à l'auditoire.

S'il se trouve dans cette noble assistance, reprit-elle d'une voix qui charriait des glaçons, prenant soin de bien détacher chaque mot, quelqu'un ou quelqu'une qui désire s'opposer à cette union et par là même, souhaite se vouer aux tourments perpétuels des enfers lunaires, se condamnant bêtement à une éternité d'errance dans le royaume de la créature sans nom, qu'il n'hésite pas : qu'il se sente libre de parler ou qu'il se taise à jamais, s'épargnant bien des misères superflues.

Certes, la formulation était vile et fourbe, mais la petite diaconesse n'eut curieusement aucun mal à faire taire sa conscience qui commençait à émettre quelques protestations purement formelles : elle avait elle-même cherché tous les documents indispensables et était arrivée à la conclusion logique et sans appel que les tourtereaux étaient bons pour le mariage. Il était donc hors de question de laisser le premier venu, fût-il noble, venir semer la zizanie en cette fin d'après-midi. Le regard noir de la diaconesse, qui, d'après son jeune frère, avait la propriété de changer en statue le malheureux qui en faisait les frais et qui était devenu légendaire auprès des jeunes gens excentriques, mit au défi quiconque d'oser ouvrir le bec et de pinailler en un pareil instant.

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Re: Le mariage juillet 1457 à Mauléon

Message  Aymeric le 2009-07-23, 14:58

Russocarine a écrit:Arrivée du marié, tout en élégance et en prestance, arrivée d'invités, en tout cas c'est ce que Russo comprend car à part Trolkabu elle ne connait pas encore les autres, présentation du jeune poulaga, qui se trouve être le fils de Mymy... froncement de sourcils. Faut il que Russo se présente en disant qu'elle croit bien avoir tabassé son paternel dans des circonstances troubles ? Inutile, vraiment, pour l'instant, en tout cas, car les portes de l'église viennent juste de s'ouvrir, la diaconesse est là, et Russo se demande si elle ne l'a pas déjà croisée, ou si elle la reconnait à force d'en avoir entendu parler. Petits saluts de la tête aux arrivants, les présentations se feront au banquet. Caresse machinale de sa peau d'ours du dos de la main, petite tape amicale sur la tête Aymeric qui regarde dans tous les coins de la rue.

Et voilà que la mariée fait signe d'entrer dans l'église. La mini-Vanyelle à couettes porte révérencieusement le bord de la peau d'ours blanc, et le cortège entre dans l'église. Du coin de l'oeil, Russo croit voir au coin de la rue un messager portant les couleurs de Toulouse, mais balaie cette idée incongrue du revers de la main. Elle pose sa main sur l'épaule d'Aymeric et le pousse doucement pour entrer dans l'église. Coup d'oeil connaisseur à l'architecture, comme quoi étudier la maçonnerie peut parfois être utile.

Russo s'installe avec Aymeric sur le banc de gauche, au premier rang, du côté de la mariée, pour ne pas manquer une seule miette de la suite de la cérémonie, le mariage de la crevette et du chef des vaches de mémé.
Et la diaconesse s'adressa à la foule, et posa une des rituelles questions. Merdasse... un des nombreux anciens prétendants éconduits n'aurait pas l'idée saugrenue de venir ici même gacher la fête. Russo chercha machinalement son épée, qu'elle n'avait pas prise, convenances obligent, et poussa un léger soupir. Si quelqu'un avait la mauvaise idée d'entrer et de dire non, elle devrait l'abattre à mains nues. Ce serait un prémice avant l'enfer lunaire.

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Re: Le mariage juillet 1457 à Mauléon

Message  Aymeric le 2009-07-23, 14:58

Lara60 a écrit:Enfin elle s'était décidée, elle avait acheté un cheval et laissé son vieux Varden à l'écurie ! Varden, et oui c'est aussi le nom de son âne ! Vieux bourricot têtu qui l'aurait sans doute mise en retard !

Elle avait donc fait comme d'habitude et était partie trois heures avant l'heure seulement qu'elle ne fut pas sa surprise que d'arriver.. trois heures avant l'heure également ! C'est que ça change !

Elle avait même eu le temps de passer à l'auberge pour se rafraichir et se changer et cette fois, elle ne risquait pas de rencontrer le souci de voir le bas de sa robe machouillée par un vieux bourricot borné !
Elle arrivait devant l'église, elle passa ses mains dans sa chevelure blonde afin de remettre en place une vilaine mèche rebelle et entra.

Regard circulaire dans la batisse, peu d'invités mais les principaux concernés étaient là, elle s'installa discrètement, et oui il arrive qu'elle le soit ! Et resta silencieuse.

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Re: Le mariage juillet 1457 à Mauléon

Message  Aymeric le 2009-07-23, 14:59

Mikiss a écrit:La voila suivant Lara,
Venir dans une église voir un couple heureux et un mariage en plus
Discrètement elle rentre et reste au fond de l'église
Même si sa vie en ce moment lui est détestable
Elle sait une chose ces amis méritent le plus grand respect
Et venir en cette église pour Varden ne pouvait être que plaisir
Un regard vers tous ces invités
Qu'il était bon de voir en ce lieux que peu de personne
Ainsi elle pourrait prier tranquille et Aristote pourrait la voir plus facilement

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Re: Le mariage juillet 1457 à Mauléon

Message  Aymeric le 2009-07-23, 14:59

Ermelina a écrit:Silence total. Satisfaite, Ermelina voulut reprendre le cours de sa cérémonie. Malheureusement, Murphy étant visiblement taquin ou d'humeur à faire tourner les rousses en bourriques, le regard de la petite diaconesse fut irrémédiablement accroché par l'espèce de boule de plumes jaune qui trônait dans la nef. Il fallait dire que depuis son séjour de l'autre côté des Pyrénées et sa délicieuse rencontre avec la Horde Rousse (un agréable regroupement de demoiselles très peu farouches mais d'excellente compagnie pour la gente masculine pour peu que cette dernière ait le désir de se séparer de belles espèces sonnantes et trébuchantes), Ermi avait beaucoup de mal à ne pas être assaillie par la foule de conseils et d'anecdotes qui lui furent données sur les plumes et surtout les usages divers et variés qu'on pouvait en faire... Continuer. Il fallait continuer à tout prix et ne plus se laisser distraire par un vulgaire pollito, fût-il un Dénéré. La petite diaconesse respira profondément et tâcha de fixer Trol : lui, au moins, n'avait pas cet effet hypnotisant des plus perplexifiant.

Puisque en cette pieuse assemblée l'oncque n'a su présenter aucune preuve ni aucun empêchement devant la loi des hommes comme devant la loi divine, nous prierons tous et supplierons la bonté et majesté de Dieu. Qu'il Lui plaise de ratifier et avoir pour agréable le saint propos par Lui donné à ces deux futurs époux. Amen !

La rouquine s'entendit parler plus qu'elle ne prit conscience des mots qu'elle venait de prononcer. Et un constat s'imposait : cela sonnait vraiment très bizarrement. Non, ce n'était pas si bizarre, à bien y réfléchir. C'était familier et plus agréable que le patois local. Brusquement, une sirène d'alarme retentit dans la tête de la diaconesse. Fallait-il que le poulet sur lequel Trol lorgnait dangereusement lui fasse un effet que l'on ne saurait qualifier de boeuf pour qu'elle poursuive dans son idiome maternel, classé par les puristes dans le registre de la langue d'oïl... Ermi fut prise d'une envie aussi soudaine que furieuse de poulet à la broche, de bouillon de poulet, voir de poulet au pot ou de toute autre recette à base de gallinacé. Un coup d'oeil inquiet alentour lui donna l'impression, juste ou fausse, allez savoir, que sa bourde linguistique était passée inaperçue. Ou à moins que les mariés et les invités n'aient passé cela sur le compte de l'émotion.... En dépit de ses projets culinaires, la petite diaconesse chercha chez Vanyelle le soutien dont elle avait tant besoin pour l'heure et enchaîna comme si de rien était.

Mes soeurs, mes frères, remercions donc le Très-Haut du fond de nos coeurs et du fond de nos âmes. Louons-le spécialement pour les beautés dont il a pourvu ce monde, beautés parmi lesquelles l'amour de Vanyel et de Varden, que nous célébrons et sanctifions en ce jour, trouve sa juste place. Je vous invite à réciter non pas le Credo mais le Cantique sur la Beauté.

La petite diaconesse s'éclaircit la gorge délicatement et entonna le Cantique, moins connu, mais un peu plus de circonstance. Il était peut-être plus oeucuménique, certes, mais au moins tous dans l'assistance, baptisés ou non, pouvaient être à même de le faire leur.

Mon enfant, ma soeur,
Songe à la douceur
De la parfaite hémistiche
Aimant la mesure
Céleste césure,
Faisant pâlir le pastiche.
Les vers ciselés
Bien proportionnés
Pour mon esprit ont les charmes
Si harmonieux
Du plus haut des Cieux
Brillant à travers tes larmes.

Là tout n'est qu'ordre et beauté,
Paix, foi, et volupté.

Les divins présents,
Créés du néant,
Qui précédaient notre monde;
Les plus rares fleurs,
Leur terre, rondeur
Et les cercles purs de l'onde,
Les riches buissons,
Océans profonds,
La splendeur virginale,
Tous nous parlent en fait
À l'âme en secret
Sa belle langue natale.

Là tout n'est qu'ordre et beauté,
Paix, foi, et volupté.

Vois sur ces bâtards
S'écraser le hasard,
la chaotique ironie,
Car pour assouvir
Leur moindre désir,
Ils ont brisé l'Harmonie.
La beauté résulte,
Le bonheur exulte
De nos rythmiques prières
Et du nombre d'or,
l'Éternel effort
Fait rejaillir la Lumière.

Là tout n'est qu'ordre et beauté,
Paix, foi, et volupté.


Ermelina marqua la courte pause de rigueur, afin que chacun puisse, s'il le désirait, ouvrir son coeur à Dieu. Avec respect et précaution, elle prit son Livre des Vertus, qu'elle avait ouvert préalablement au chapitre XIII de la Vita de Christos et se prépara mentalement pour l'homélie. Il était rigoureusement hors de question qu'elle se laisse à nouveau perturber et elle entendait bien le prouver.

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Re: Le mariage juillet 1457 à Mauléon

Message  Aymeric le 2009-07-23, 15:00

Aymeric_de_saunhac a écrit:Arrivée devant l’église, un attroupement de gens en tout genre s’était formé pour les attendre. D’autres continuaient d’affluer pendant que chacun se disaient bonjour, tantôt d’un simple mot, tantôt par des accolades voire même des baisés. Pour ma part, je ne connaissais personne et quant bien même en aurais-je connu que je ne leur aurais prêté attention. Pour l’heure, je ne cherchais des yeux qu’une seule personne. Croiser un poulet plus gros que d’accoutumé ne m'émus pas plus que cela. Après avoir rencontré le célèbre canard de Foix, ceci ne pouvait plus m’étonner. Quoi que celui-ci faisait d’autant plus vrai qu’il semblait être fait de vraies plumes.

Un instant, un léger silence se fit sentir. Intrigué, je reportais mon attention à ceux qui m’entouraient oubliant un moment mes recherches. Tante Vanyel s’était approché d’un homme, visiblement l’homme du jour. Je n’avais jamais rencontré l’amoureux de tante Vanyel mais en considérant le changement d’état de celle-ci, il ne pouvait s’agir que de lui. En un coup d’œil il me dévisagea, peut-être pensait-il avoir à faire à un enfant caché de Vanyel ? Gêné, je lui adressais un petit sourire puis revint à ma priorité, chercher Eliandre. Temps qu’elle n’était avec moi, mon profond malaise ne pouvait se résorber.

Préoccupé par le temps qui passait sans prétendre apporter bonne nouvelle, l’arrivée d’Eliandre, je scrutais de plus en plus frénétiquement les environs. Tordant mes mains dans tous les sens, les rangeant dans mes poches, les ressortant j’en fini par faire glisser et tomber par terre un petit bout de parchemin plié en quatre. Heureusement, la petite chose calée au milieu de ce pli étant faite de fer raisonna en percutant les pavés. Me baissant pour la ramasser, je confia le pli sans plus tarder à Russo afin de ne pas le perdre et surtout pour ne pas oublier de le faire parvenir à Astrid. Certainement curieuse de découvrir ce que j’envoyais à la fillette de Foix, Russo déplia le petit parchemin et observa la petite broche que je lui avais fait forger.

Alors que je m’éloignais un peu en espérant sortir de cette foule pour mieux repérer les arrivants, une mains me rattrapa par l’épaule et me poussa en direction de l’entrée. Relevant la tête pour voir qui me forçait à avancer et pour lui manifester mon mécontentement et mon désaccord, je découvris Russo affichant un grand sourire. Le regard sombre et le nez plissé, j’obtempérais malgré moi en tentant de marcher à reculons quelque fois que tu haut des marches je puisse la repérer, la seule qui aurait du être là, celle qui me manquait depuis de nombreuses, de trop nombreuses semaines. Désabusé, je tentais ma dernière chance avant d’être englouti par les portes béantes de l’imposant édifice, le cri du désespoir :


- (Aymeric) : "ELIANDREEEEEEEEEEEEEEEEEEEE"

Alors que tout le monde s’installait autour de moi, je restais debout aux aguets espérant voir entrer Eliandre à chaque instant parmi le flot monstrueux d’invités jusqu’à ce que le dernier fasse son entrée ruinant ainsi mes derniers espoirs. Une main me tira vers le bas afin que je m’asseye et libère le champ visuel des quelques râleurs de l’arrière que je n’entendais d’ailleurs pas. Les yeux rougis, des larmes ruisselantes je me laissais tomber lourdement sur le banc et enfouissais mon visage dans mes mains(…)

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Re: Le mariage juillet 1457 à Mauléon

Message  Aymeric le 2009-07-23, 15:00

Ermelina a écrit:Comme toujours à ce moment précis des cérémonies et autres offices, Ermi se sentait l'âme d'une bête traquée et fantasmait de plus belle des vadrouilles transalpines ou ibères. Elle, qui rêvait d'un cérémoniel dépourvu d'homélie, n'avait jamais compris l'intérêt de gloser, voir de paraphraser des textes d'une clarté et d'une limpidité totales. Les fidèles avaient généralement assez de bon sens pour comprendre la parole de Dieu... Enfin, tant qu'il ne s'agissait pas des démonstrations aristotéliciennes, peut-être ? La petite diaconesse ferma les yeux un très bref instant, tentant désespérément de retrouver les grandes lignes de son laïus. Les idées étaient là, c'était l'essentiel. Comme souvent, il lui faudrait broder en cours de route, mais avec l'aide et la protection de saint Benoît, elle était à peu près sûre que tout irait bien. Il n'y avait pas de raison qu'il en soit autrement, après tout.

Quel plus bel acte d'amour que l'union de deux êtres par le sacrement du mariage ? reprit la rouquine en regardant son Livre des Vertus. Comme le disait saint Valentin aux jeunes gens qui venaient le trouver et à tous ceux qui voulaient bien l'entendre :

"Dieu a créé l'homme et la femme pour qu'ils forment un couple.
Or, le Bonheur ressenti par les couples amoureux est divin, car il vient de Dieu.
Si vous avez conscience que l’amour que vous vivez a sa source en Dieu, que vous vous aimez de l’Amour de Dieu, par l’Amour de Dieu, quoi de plus normal de Lui dire votre reconnaissance, en vous unissant devant lui, dans son Eglise par le sacrement du Mariage.
Dès lors, le jour de votre mariage, votre passage à l’église sera une action de grâce à Dieu : car votre amour a sa source en Dieu et ce sera Lui qui sera le centre de la célébration religieuse."

En vous tenant ici, toi Vanyel, et toi Varden, vous venez rendre grâce à Dieu pour le bonheur qui est votre et pour l'amour que vous vous portez mutuellement. Bienheureux êtes vous, car par un amour pur et désintéressé, vous êtes appelés à former l'Amitié parfaite qui est le gage de la sainteté aristotélicienne. Cette Amitié parfaite, cette union superbe se trouve évoquée dans le XIIIe chapitre de la Vita de Christos, dont je vais vous faire lecture.




Chapitre XIII de la Vita de Christos

Or, la fille de nos hôtes vint avec une cruche pour nous servir du pain et du vin, Christos reconnu celle qui se nommait Natchiatia, et qui lui avait adressé la parole précédemment, lorsqu’elle était dans la foule.

Natchiatia versa le vin de sa cruche dans la corne de Christos, et lui demanda :
" Maître, je suis en proie à un profond tourment de l’âme. Je voudrais te suivre dans tes enseignements, mais j’aime un homme qui habite ici et qui se nomme Yhonny, je l’aime d’un amour pur comme le diamant… Que dit Aristote sur cette question que dois-je faire ? "

Christos lui répondit: " Lorsque deux êtres s’aiment d’un amour pur et qu’ils souhaitent perpétuer notre espèce par la procréation, Dieu leur permet, par le sacrement du mariage, de vivre leur amour. Cet amour si pur, vécu dans la vertu, glorifie Dieu, parce qu’Il est amour et que l’amour que les humains partagent est le plus bel hommage qui puisse lui être fait. Mais, comme le baptême, le mariage est un engagement à vie, aussi, Natchiatia, choisis judicieusement, car une fois que tu auras épousé Yhonny, vous ne pourrez plus vous y soustraire. "

Comme cette dernière parole frappa d’étonnement l’assemblée, car l’époque était à l’inconstance… Natchiatia reprit :

" Mais, Maître, serons-nous assez fort pour respecter ce choix et vivre sans pêcher ? "

Alors, Christos répondit :
" Sachez que l’humain doute par nature, que l’amour qu’il éprouve pour Dieu et pour son prochain peut connaître autant d’aléas que la vie comporte d’épisodes. Mais la vie vertueuse est un idéal vers lequel l’homme doit tendre. Et, dans son chemin, il peut s’aider de la prière. La prière peut en effet être le moyen pour tous de renforcer cet amour lorsque cela est nécessaire. N’oubliez pas non plus la puissance de la miséricorde, qui est accordée grâce à la repentance."



Voici des paroles empreintes de sagesse et de simplicité pour qui sait les écouter. enchaîna-t-elle en se concentrant exclusivement sur les mariés debouts devant elle, tentant tant bien que mal de chasser de son esprit la présence perturbante de ... Maxime. Oui, c'était sous ce nom qu'il s'était présenté... Le Très-Haut préconise la vie en couple et surtout la sublimation de cet amour par la fondation d'un foyer uni et la naissance d'enfants. Mais, comme pourront vous le dire ceux qui avant vous unirent leur vie devant Dieu, la vie en couple n’est pas chose facile. De fait, le mariage conclu dans la foi aristotélicienne est comme un navire. C'est une embarcation fragile, l'emprunter est risqué. Les écueils peuvent briser sa coque, la longueur de la traversée peut l'user ; pendant le long voyage qui conduit le couple vers sa destiné, des tempêtes peuvent survenir et disloquer irrémédiablement l'embarcation. Il est cependant possible de surmonter ces obstacles, pour que votre voyage aboutisse à l'Amitié vraie, que votre navire arrive à bon port. Il vous faudra veiller attentivement l'un sur l'autre avec amour et respect, veiller conjointement avec tendresse sur vos enfants à venir - puissent-ils être nombreux -,et surtout réparer par un regain d'amour, par la tendresse pure ou simplement par le dialogue chacune des avaries, même les plus infimes, qui verront le jour : c'est elles qui pourraient, avec le temps, entraîner votre navire aux fonds des abîmes...

Vanyel, Varden, aimez-vous jusqu’au bout et sans conditions. Que chacun de vous fasse des efforts quand votre couple vivra ses moments difficiles, il n'en ressortira que grandit, plus fort encore. Perpétuez ensemble la tradition en enseignant à vos enfants l’amour que Dieu nous a donné, vous a donné. Je vous le dis. Le mariage n’est pas chose facile, mais il est l'un des plus beaux cadeaux que vous puissiez vous faire et la plus belle manière de glorifier le Très-Haut.


La petite diaconesse marqua un petit silence pour la forme, ferma son Livre des Vertus et contourna l'autel, afin que rien ne la sépare du couple, mais détourna son attention d'eux. Elle observa attentivement les visages de certaines personnes présentes dans la nef : sa fille, bien évidemment, pour s'assurer que la petite se tenait tranquille, qu'elle n'arrangeait pas de nouveaux mariage dans le dos des gens et surtout qu'elle se portait bien ; Trol, dont la présence inattendue ne cessait de la surprendre, dans le bon sens du terme ; le jeune garçon qui avait joué les fleuristes le jour des fiançailles des amoureux... Il était temps de passer aux choses sérieuses. Les fiancés avaient ouvert le bal, c'était aux témoins d'entrer dans la danse à présent.

S'il se trouve dans cette noble assemblée quelqu'un ou quelqu'une qui puisse par sa voix et par son coeur attester et témoigner de l'amour que Vanyel porte à Varden, qu'il se lève et parle sans crainte.

La rouquine sourit et joignit les mains devant elle, attendant patiemment que le premier témoin se manifeste.

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Re: Le mariage juillet 1457 à Mauléon

Message  Aymeric le 2009-07-23, 15:01

--Nuitcristaline_ a écrit:

Quand sa sœur de cœur lui avait dit qu’elle allait se marier et lui avait demandé d’être son témoin, Nuit avait dit oui sans une hésitation et était partie la rejoindre.

Ça faisait maintenant quelques jours déjà qu’elle séjournait avec elle à Mauléon, et que le temps s’égrenait… jusqu’à ce moment. Elles en avaient maintes fois parlé de la cérémonie avec Ermelina. Maintenant, c’était elle qui en fait était appelée, elle le savait et ainsi se leva, d’abord en silence.

Nuit regarda les personnes présentes avant de s’arrêter sur la diaconesse, puis elle s’éclaircit la voix avant de prendre la parole, la gorge serrée.


Moi, Nuitcristaline, témoin de Vanyel, je le puis. Que tous sachent que par ses actes et par ses paroles, Vanyel a prouvé la force et la valeur de son amour pour Varden.

Une conversation lui revint d’un coup en mémoire… une que sa sœur et elle avait eu il y a déjà quelque temps lorsqu’elles s’étaient un peu pas hasard retrouvées à Castelnaudary et que Vanyel lui avait ouvert son cœur, rien n’ayant changé entre elles. Nuit avait bien compris alors ce qui l’étreignait et lui avait dit de qu’il fallait le rejoindre, malgré sa peur. Elle était contente qu’elle ait enfin fini par l’écouter. C’est en souriant, sereine et sûre que ce qu’elle disait était vrai, qu’elle continua.

C'est librement qu'elle a choisi de l'aimer jusqu'à la fin de ses jours. Et c'est pour que cet amour soit béni de la main de Dieu qu'elle se tient debout devant nous aujourd'hui. De cela je témoigne aujourd'hui devant tous.

Elle avait parlé et n’avait pour l’instant rien à ajouter. Après avoir discrètement serré la main de Vanyel, Nuit alla s’installer sur le premier banc à gauche de la nef, puisque c’était la place qui lui était réservée en tant que témoin.
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Re: Le mariage juillet 1457 à Mauléon

Message  Aymeric le 2009-07-23, 15:01

Ermelina a écrit:Le moins que l'on puisse dire, c'est que l'erreur de casting était colossale. Pas tragique, mais presque. Non pas dans le choix d'une Nuitcristaline resplendissante comme témoin, mais bien dans la sélection de ce qui aurait dû être la sanior pars des petites cellules grises d'Ermelina. La preuve ? Au lieu de son concentrer sur le bon déroulement de la cérémonie dont elle avait la charge, des souvenirs loufoques et des idées tordues lui traversaient le crâne spontanément. Etait-ce un effet secondaire de la présence troublante du poulet ? Allez savoir... Toujours est-il que la petite diaconesse guettait le bruit que font des dés qui roulent dans un cornet avant qu'on ne les lance. Elle savait, comme tout bon aristotélicien qui se respecte, que Dieu avait donné le libre arbitre aux hommes, pour qu'ils soient maîtres de leur destiné et responsables de leurs choix. Par contre, les jours de pluie, où la rêverie est à l'honneur, elle se plaisait à imaginer le Très-Haut en train de guider certaines de ses créatures, les mettant en présence "juste pour voir ce que cela peut faire",un peu à l'image des dieux païens d'une antique légende, forçant ce que les grandes plumes aiment à appeler le Destin. Ces dieux, du haut de leur paradis, choisissaient, dit-on, des humains ou des créatures fantastiques pour accomplir leurs desseins et utilisaient des dés pour décider du résultat positif ou non des rencontres et des événements vécus par ces personnages. Régulièrement, dans cette histoire pour enfants sages, le héros (si tant est qu'un mage lâche et veule, sans pouvoir, ne connaissant qu'un sort imprononçable, puisse être qualifié de la sorte) entend ce son si particulier émit par les cubes d'ivoire se fracassant contre la corne qui les contient à chaque fois qu'un miracle ou qu'une catastrophe est sur le point de se produire. Et c'est ce son qu'Ermi guettait. En vain naturellement.

Pourtant, son attente ne fut pas vaine. Ce fut le bruit sec d'une carte qu'on pose sur une table qui retentit. Plus exactement, ce fut le bruit du vélin de son grimoire, soulevée par un courant d'air et retrouvant sa place légitime, que la rouquine perçut. Mais son esprit définitivement rêveur en ce jour décida que le Très-Haut devait avoir un tarot pour égayer ses longues soirées, l'hiver. Et que là, bien gentiment, il devait aligner les arcanes qui gouverneraient la cérémonie. Cette vision des choses qui s'imposait comme une évidence aux cellules grises survoltées, eut le mérite de détendre Ermi, qui oublia d'un coup appréhension, tension et perturbation pour voir les choses sous cet angle d'approche improbable. Le pire, peut-être, fut de constater qu'il n'était pas si improbable que cela au final. La femme qui se tenait debout et qui récitait parfaitement l'ancienne formule n'était pas celle pour qui Ermi avait travaillé à la chancellerie languedocienne, pas plus que celle qui avait travaillé pour elle dans cette même chancellerie. Il n'avait pas fallu longtemps à la rouquine pour l'identifier à la figure de l'Impératrice, l'essence de la femme, la protectrice, la génitrice, la créatrice. Elle avait la grâce, l'élégance, la beauté inhérentes à la troisième lame.


De cela je témoigne aujourd'hui devant tous.

La petite diaconesse laissa à Nuitcristaline le temps de s'installer et lui adressa un sourire, muet remerciement. Enfin, elle chercha dans la foule un visage... qu'elle ne connaissait pas. A nouveau, elle demanda à la cantonade.

S'il se trouve dans cette noble assemblée quelqu'un ou quelqu'une qui puisse par sa voix et par son coeur attester et témoigner de l'amour que Varden porte à Vanyel, qu'il se lève et parle sans crainte.

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Re: Le mariage juillet 1457 à Mauléon

Message  Aymeric le 2009-07-23, 15:02

Klementein a écrit:Le témoin de Vanyel venait de répondre à l'appel de la diaconnesse puis retourna à sa place. La maîtresse de cérémonie refit ensuite la demande à toute l'assemblée, mais c'était, sans le savoir, seulement à Klem qu'elle s'adressait. La jeune bergère dans cette "noble assemblée"... Le terme fit d'ailleurs tiquer Klem, car elle devait bien être une des rares à ne pas être noble dans l'église, vu le rang des fiancés.

La jeune bergère, donc, se leva lorsque Ermelina l'appela et elle se rendit à la place que le témoin de Vanyel tenait il y a juste un instant. Devant tous, dont beaucoup d'inconnus il fallait bien le dire, Klem prit la parole...


Moi, Klementein, témoin de Vardi... toussotement rapide... Varden ... Klem jeta un rapide coup d'oeil à Vardi et vit que ce dernier la regardait d'un drôle, elle pensa alors qu'il fallait vite rattraper le coup sinon... pas de petits fours au banquet... Rhooo ce serait si dommage de rater ça...
Je suis ici pour témoigner des sentiments de Varden à l'égard de Vanyel. Chacun de ses gestes, chacune de ses paroles traduisent l'attachement qu'il lui porte. Et seul celui qui n'a jamais aimé ne peut pas comprendre que ces sentiments ne seront jamais altérés par le temps. Personne n'a forcé à ce que Varden aime Vanyel, et je ne pense pas que lui non plus ne ce soit forcé.
Et c'est ainsi qu'aujourd'hui que je porte témoignage, devant vous tous et devant Aristote, pour que celui-ci bénisse leur union.


Klem ayant fini son "discours", regarda la diaconnesse, lui sourit avant de retourner à sa place, afin que la suite de la cérémonie puisse avoir lieu...

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Re: Le mariage juillet 1457 à Mauléon

Message  Aymeric le 2009-07-23, 15:03

Ermelina a écrit:Guccio était un jeune homme fascinant par bien des aspects. Quand on se rendait dans son échoppe, on n'était jamais à l'abri de croiser une création unique, un trésor, un objet fantastique et, les jours fastes, sur les trois en un. C'est ainsi qu'un jour, le Florentin avait montré à son amie "un chef d'oeuvre conçu dans la plus belle ville du monde", la cité-Etat dans laquelle il avait vu le jour, bien évidemment. Il savait que la rouquine avait un faible tout particulier pour les enluminures et autres peintures, aussi avait-il été pressé de lui présenter un jeu de tarots, entièrement peint à la main sur le modèle de celui de la famille princière des Visconti-Sforza. Et avec tout l'enthousiasme dont il était capable, il avait expliqué la signification de chaque carte principale à sa disciple improvisée. Et aujourd'hui, en voyant la jeune femme appelée à témoigner pour Varden émerger au milieu de l'assemblée, une ola neuronale accueillit comme il se doit la nouvelle carte abattue par Dieu. Klementein, que Varden avait choisi après une longue réflexion, avait la jeunesse et la droiture de la Papesse. Etait-elle gardienne des mystères et secrets de ce monde ? La petite diaconesse n'en aurait pas mis sa main à couper en dépit de l'assurance de ces cellules grises. Cependant, elle leur aurait concédé bien volontiers que le regard pénétrant de la Béarnaise avait une ressemblance troublante avec celui de la femme représentée sur la carte présentée par Guccio... A nouveau, Ermelina laissa au témoin le temps de prendre sa place et lui sourit.

La petite diaconesse avait décidé de mettre les petits plats dans les grands pour ce mariage inespéré et miraculeux : elle suivait donc à la lettre son cérémonial, même si la chose lui semblait parfois étrange. Etant enfant, elle n'avait jamais vraiment saisi l'importance de demander leur nom à des gens qu'on connaissait. Il avait fallu toute la patience de l'abbé qui officiait généralement aux cérémonies des Lioncourt pour qu'elle comprenne toute la symbolique de la chose. L'officiant n'ayant pas la science infuse, il ne pouvait connaitre toutes les personnes qu'il avait à marier. En se présentant devant l'église et en déclinant leur identité, les futurs époux ne peuvent pas mentir : un imposteur serait vite dénoncé. Et c'est pour avoir confirmation de cette identité qu'il fallait réitérer la démarche au sein même de l'église, une fois les retardataires arrivés. Si on compte la première présentation des fiancés à la lecture des bans, on arrivait au total symbolique de trois, chiffre sacré. A l'époque, Ermi avait benoîtement hoché la tête de haut en bas mais n'avait pas été convaincue pour un sou. Elle ne l'était pas vraiment plus à présent, mais elle allait pourtant se livrer à son tour à cet exercice trop peu logique à son goût, aussi posa-t-elle son regard sur Varden pour l'interroger.

Nouveau bruit de carte. Nouvelle exultation des neurones. Le Soleil était là, juste en face d'elle. La rouquine ne le connaissait pas vraiment. Enfin, elle le connaissait, mais pas assez à son goût. Après tout, c'était lui qui allait prendre soin de l'une des personnes qui était le plus cher à son coeur et elle n'avait eu vent que de quelques bribes de son passé, un soir en taverne. Il avait passé plus de temps à parler de sa Vanyel, dans un état proche de l'extase, qu'à se présenter... En tout cas, Ermi ne pouvait que constater qu'il était vraiment celui qui apporte la joie, le bonheur, la liberté et l'épanouissement : il suffisait de regarder Vanyel pour s'en convaincre. On disait que le XIXe arcane symbolisait les mariages heureux et les naissances d'enfants désirés... Quel augure merveilleux envoyé par le Grand Joueur solaire... La petite rouquine adressa un sourire radieux à celui qui avait su conquérir le coeur de son amie.


Quel est ton nom ? lui demanda-t-elle de sa voix chaude.

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Re: Le mariage juillet 1457 à Mauléon

Message  Aymeric le 2009-07-23, 15:03

Varden a écrit:La cérémonie avait débutée ... Et pour une fois, ils en étaient les acteurs principaux ... Pour une fois car ils avaient connu tant et tant de mariages qu'ils en étaient devenus des familiers. Ermelina menait avec brio les étapes successives ... Varden écouta avec attention le témoin de Vanyel, Nuitcristaline prendre la parole puis il posa un regard particulièrement intéressé à ce qu'allait dire Klemy pour l'occasion ...

Un léger sursaut, à peine perceptible en la voyant fourcher sur son nom ... Non, elle n'aurait pas osé ... Et puis quoi ? Rien n'était impossible avec Klemy ! La suite de son discours étant pourtant des plus réussie, il lui adressa un sourire lorsqu'elle le termina et s'en retourna à sa place ... C'était son tour ... Il le savait ! Il avait appris le déroulé de la cérémonie d'une meilleure façon que celle des fiançailles et s'était attaché à ne rien laisser au hasard. Ermelina posa effectivement sur lui son regard et son sourire radieux et il lui répondit par un sourire qui aurait pu être tout aussi chaleureux en d'autres circonstances mais qui se voulait timide en cette heure ...

Elle lui demandait donc son nom ... C'était la deuxième fois quand même ... C'était très procédurier quand on y songeait ... Mais il ne boudait pas son plaisir d'être là aux côtés de Vanyel ... Ce mariage ... Combien de temps l'avait il espéré ... Avec quelle impatience l'avait il attendu ...

D'une voix aussi audible qu'il le pouvait en ce moment et malgré l'afflux de souvenirs légitimes à être remémorés, il prit la parole ...


Mon nom est Varden répondit il à Ermelina ...

L'espace d'un instant, il avait faillit dire "Mon nom est Personne" ... Comme un irrésistible besoin de lancer une telle phrase pouvant rester mythique ... Mais bon, il fallait parfois laisser les tirades éternelles de côté pour faire de ce mariage une réussite !

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Re: Le mariage juillet 1457 à Mauléon

Message  Aymeric le 2009-07-23, 15:04

Ermelina a écrit:Il avait répondu le plus simplement du monde pour le plus grand bonheur d'Ermelina. Il faut bien avouer que la petite diaconesse n'avait plus l'habitude de la beauté de la simplicité depuis qu'elle était arrivée en Béarn. Fréquenter son filleul tétrapilectomique (certains, elle le savait, poussaient même le vice jusqu'à parler de dodécapilectomie) n'était pas sans avoir un certain effet durable sur la perception du discours d'autrui. Laissant Constant à sa juste place, Ermi se tourna vers Vanyel. Un rayon de soleil coloré par la rose de l'église tombait pile dans le dos de la mariée, la nimbant de lumière bleutée.

Vanyel n'avait vraiment pas besoin de cela pour briller et resplendir... Elle était de ces êtres bons, généreux et discrets auprès de qui il fait bon vivre ; elle avait cette douceur et cette qualité d'écoute qui en faisait une amie, une vraie. Sa joie de vivre était communicative, sa beauté de coeur et d'esprit ne pouvait que charmer - au sens strict du terme - tous ceux qui croisaient son chemin. A moins d'avoir un creux à la place du coeur et l'âme tant souillée par la noirceur des péchés, on ne pouvait que l'aimer et la suivre aussi aveuglément que les marins suivent une étoile salutaire bienveillante lorsqu'ils sont en mer. Oui, Vanyel avait tout de l'Etoile. Les petites cellules grises de la rouquine étaient persuadées que là haut, entre les nuages, le Joueur avait tiré l'arcane XVII de son jeu et qu'il l'avait placé à côté du Soleil.

Ermelina se réjouissait tant pour Vanyel qu'elle ne prit pas trop garde à la nouvelle carte placée par-dessus les cartes des amoureux par le divin Joueur. Pourtant, les cellules grises le savaient, Ermi aussi avait droit à sa représentation. Si la rouquine avait eu son mot à dire, elle se serait sans doute définie comme le Fou. Mais les neurones n'étaient pas de cet avis : le poulet, lui, correspondait mieux à l'insouciance décrite par la carte. A l'unanimité de la communauté cérébrale surexcitée, c'est le Pape qui lui fut attribuée : elle était le pont entre le monde matériel et le monde spirituel, elle unissait les hommes et les guidait vers Dieu, après tout... Tant d'autres points encore la rapprochaient de l'arcane à ce moment qu'il aurait été bien difficile à la jeune femme de réfuter la décision qu'on avait prise pour elle... si elle y avait fait attention. A quoi bon, après tout, cela n'aurait fait qu'encourager ces petits êtres indisciplinés et visiblement doués d'une vie propre en cette fin d'après midi.

La petite diaconesse, mains toujours croisées par devers elle, souriait doucement à Tatie-Biscuit, sans prêter garde à l'euphorie locale. C'était à son tour de répondre à la question la moins problématique du cérémoniel.


Quel est ton nom ? demanda-t-elle tout aussi rituellement qu'elle l'avait fait pour Varden.

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Re: Le mariage juillet 1457 à Mauléon

Message  Aymeric le 2009-07-23, 15:04

Vanyel a écrit:Un cri avait failli lui faire tourner la tête... Sachant de qui il venait et qu'il n'y avait pour l'instant rien qu'elle put faire, elle adressa simplement une prière au saint des retardataires s'il y en avait un, sinon c'est Aristote qui écoperait de la dite prière par défaut.

La cérémonie s'amorçait, et fort heureusement personne n'avait eu l'idée de la freiner par un inopiné "moi je suis contre" qui, il faut bien le dire, l'aurait passablement agacée, pour le moins. Elle écoutait religieusement Ermi - ce qui était tout de même de rigueur, dans une église - avait apprécié le cantique qu'elle décida préférer au traditionnel credo ainsi que l'image de la mer... cela évoquait le souvenir d'un lointain mariage où elle avait été .. témoin... voilà que ton attention dérivait...

Un mouvement, sa Nuit qui s'avance et prend la parole pour elle. Elle esquissa un sourire en l'entendant, c'est elle qui était son témoin aujourd'hui. Vint ensuite le tour de Klementein de s'exprimer pour Vard..i?! Coup d'œil discret vers Varden en se rappelant sa réaction quand son amie avait employé ce surnom devant elle. S'il savait... ça pouvait difficilement être pire qu'un "Vardenichou" qu'elle essayait d'éradiquer chez celle particulièrement douée pour faire une tête d'ange, pour l'instant sans succès il faut bien dire. Il s'appelait Varden.. d'ailleurs il venait de le dire... hein comment ça?! Fraction de seconde de panique, qui s'évapora quand elle entendit Ermi lui demander comment elle s'appelait. Elle retint un petit soupir de soulagement, mais ne répondit pas pour autant dans la seconde qui suit, parce que ses pensées chahutaient....

Heureusement qu'Ermi lui demandait son nom, et non un surnom, sinon elle n'aurait pas su lequel choisir... Elle fut déjà contente que personne n'en chuchote, pour aider naturellement. Nul "crevette", "tata Vanille", "tatie biscuit" ou spectral "Vava-miel" ne fusèrent. Elle se demanda si son prénom seul suffisait. Elle décida arbitrairement que oui, ce qui en plus lui éviterait de s'emmêler les pinceaux entre Prume et Arezac étant donné qu'elle était pile entre les deux pour l'instant... en train de franchir la frontière menant de l'un à l'autre... de se marier... silence.... silence... fichtre, sa réponse! La question posée n'était pourtant pas si difficile. Toussotement pour faire mine de s'éclaircir la voix et, elle espérait, masquer le fait que ses pensées avaient une fâcheuse tendance à prendre la tangente au lieu de l'aider, et elle répondit, enfin.


Je me nomme réprimer une furieuse envie de dire "entre autre" Vanyel.

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Re: Le mariage juillet 1457 à Mauléon

Message  Aymeric le 2009-07-23, 15:05

Trolkabu a écrit:Libre de parler ou libre de se faire lyncher avant pendaison de ses morceaux brûlés et noyés ? Un peu trop doux peut-être. Un juste châtiment tout de même à celui ou celle qui aurait interrompu la plénitude de la cérémonie pour mieux relâcher la haine suscitée par cette agaçante demande d'éventuelle opposition à l'amour.

Russo, sa voisine de banc, semblait au même point que lui-même, à savoir prête à un étripage, assommement ou strangulation en règle pour une langue bifide un peu trop pendue. Il retint un léger ricanement, malsain icelieu, à la vue du désemparement de la chasseuse d'ours, sans arme. Lui n'en aurait pas vraiment la nécessité, le banc faisant parfaitement office d'assommoir. Certes moins efficace que sa fidèle massue à bosses, mais capable d'allonger une foule d'un coup bien placé. Quelle belle invention !

Place maintenant à la légère déception suivant le silence absolu. Nul ne s'était manifesté, regrettable. Il aurait bien voulu relaxer ses petits muscles frétillant sous l'appel de la faim et du poulet géant. La lueur psychotique de son regard rêveur s'estompa brutalement, comme impérieusement refoulée, en quête de sérénité. N'émanant pas de lui, cette demande lui fit balayer le lieu saint, à la recherche d'yeux posés sur lui. Et quels yeux ! On y sentait l'exaspération, une perturbation latente. Il s'en fallait de peu qu'un oeil dise zut à l'autre sous la pression. Ermi jetant une phrase, machinalement, Trol en profita pour scruter à nouveau, plutôt vers le fond, discrètement. Un Trol qui se retournerait carrément, déjà plutôt haut, mais avec un regard carnassier, ça n'inspirerait pas la zenitude aux voisins le considérant. Voilà ! Il avait retrouvé le rejeton Dégénéré, arborant un sourire fou. A n'en pas douter, sa loup-phoquerie perturbait la rousse des Lioncourt, le regard bovin - et il savait de quoi il parlait - à nouveau posé sur lui. Plissant légèrement les siens sous la concentration, Trol s'attaqua aux pensées négatives de la diaconesse. Il s'imaginait les remettre à leur place par moulinets massuesques, obligeant le troupeau neuronal à bêler de concert pour plus de clairvoyance. Apparemment efficace, puisque la meneuse de cérémonie put déblatérer massivement jusqu'à ce que l'appel à témoins lui octroie une pause bien méritée.

S'ensuivit le passage de Nuit, plus revue depuis son dernier passage à Castel, peu de temps qui plus est ; et celui du témoin de Varden, sujette à la fâcheuse habitude des surnoms toujours plus doux les uns que les autres. Il aurait préféré qu'on les leur demande, plutôt que leurs vrais noms. Ils reflètent tellement plus ce que sont les gens, ou plutôt comment on les perçoit. Et ce serait tellement plus amusant de les voir s'offusquer de certains sobriquets. Enfin, ne nous égarons pas, l'ordre doit être respecté.

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Re: Le mariage juillet 1457 à Mauléon

Message  Aymeric le 2009-07-23, 15:05

Ermelina a écrit:C'est en vain et un peu déçue qu'Ermi espéra qu'une nouvelle carte vienne s'ajouter aux autres : visiblement, le petit jeu proposé par ses cellules grises avait remporté un vif succès auprès de la diaconesse. La rouquine ne put que souhaiter vivement que l'expérience se renouvelle, mais dans d'autres lieux et dans d'autres circonstances, résolument plus favorables à cet exercice d'un genre particulier. A moins que ? Un éclair de génie vint frapper les résidentes de la boîte crânienne de la jeune femme. Comment le Joueur pouvait-Il abattre une carte maintenant ? C'était rigoureusement impossible, sinon il aurait été à l'encontre des règles qu'Il avait édictées là-bas, à Oanylone, le jour où le monde avait été si proche de la fin... Il ne pouvait pas choisir à la place de Vanyel... Le jeu pourrait donc reprendre plus tard, c'était presque certain. Les cellules grises décidèrent de laisser un peu de répit à leur propriétaire (enfin du moins sur le papier) et retinrent leur souffle, attendant la suite des événements.

Jusqu'à maintenant, Ermi et elles le savaient, la cérémonie n'avait été que purement formelle, voir même digne d'une administration butée et bornée. A aucun moment, les amoureux n'avaient dû ressentir le caractère irrévocable de l'engagement qu'ils allaient prendre. A aucun moment, ils n'avaient eu à s'interroger et à douter, du moins légitimement. Malheureusement, cette confortable quiétude touchait à sa fin. Leur ancienne vie connaissait ses derniers instants, bientôt une nouvelle s'offrirait à eux. Ils allaient devoir renoncer à ce qu'ils avaient été, deux entités individuelles, errantes dans le vaste monde, pour devenir un couple, uni et soudé, les deux moitiés d'un tout, où l'Autre aurait au moins autant d'importance que leur personne propre...

La petite diaconesse regarda Vanyel. Elle connaissait toute la force de la petite question qu'elle avait à lui poser, maintenant. Et elle savait que pour simplissime que fut la réponse, elle n'en était pas moins si complexe à énoncer... Toujours avec autant de douceur dans la voix, la rouquine prononça la première phrase magique de la cérémonie.


Vanyel, acceptes-tu librement de prendre pour époux Varden ?

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Re: Le mariage juillet 1457 à Mauléon

Message  Aymeric le 2009-07-23, 15:06

--Eliandre_de_saunhac. a écrit:

On avait fait la route pour le mariage de tante Vanyel. Moi ce que je considérais surtout c'est que j'allais pouvoir te revoir. J'étais plongée dans mes pensées sur le chemin. Quelque part ce n'était pas juste. Tante avait un mari, enfin elle allait en avoir un, et elle t'avait toi, mon unique frère. Je soupirais plus souvent qu'à mon tour, avec une mine trop sérieuse pour mon âge sans doute. Je vérifiais à intervalle régulier que je l'avais toujours avec moi, ce que je t'avais fait au cours d'une de ces interminables leçon de broderie. Ce petit carré de tissu blanc sur lequel un fil rouge dessinait un A accompagné d'une plume. J'en avais eu l'idée en lisant ta lettre ..."chevalier Plume"... j'aimais la sonorité de ces deux mots côte à côte.

J'avais hâte de te revoir. Seulement la vie et le hasard étant ce qu'ils sont... nous fîmes fausse route, ce qui nous retarda. Quand nous fûmes enfin à Mauléon, la journée était plus que bien avancée, et le temps que nous nous changions pour aller à l'église... les portes étaient ouvertes et quelque chose avait lieu à l'intérieur... le mariage, à n'en pas douter. Une pointe de déception vint m'aiguillonner. Je ne pourrais pas directement parler avec toi, puisqu'en principe, on se tient sage et silencieux dans une église, sauf à dire des prières. Bravement, je refoulais mes émotions et me tenais bien droite tandis que la main de mère m'entrainait à l'intérieur.

Je regardais les têtes présentes. Il ne fallait pas être devin pour trouver tante et son mari, les deux personnes devant l'autel c'était eux, qui d'autre sinon ? Il faut tout de même avouer que le blanc manteau avait retenu un peu mon attention, mais non, ce n'était pas ta chevelure que je repérais ensuite...tu étais tout devant! Désespoir... jamais on ne pourrait aller tout devant alors qu'on était en retard... M'avais-tu vue? C'était improbable... Nous nous installâmes discrètement. Je priais pour que la cérémonie soit tant avancée qu'elle soit bientôt finie et que je puisse te rejoindre... je me tortillais sur le banc... et pourquoi pas?

Sans faire de bruit, je m'éloignais de l'attention parentale.. petit à petit... jusqu'à ce que je sois au bout du banc et arrive sur l'allée latérale de l'église. Sans me retourner, je remontais jusqu'à toi et soufflais doucement en arrivant.


Aymic

A ce moment peu m'importait le fait que les mariés parlaient et que la mari de tante se présentait, j'avais atteint mon but, enfin.
Je m'installais à tes côtés avec un sourire ravi bien que teinté d'inquiétude en remarquant l'écharpe de ton bras. Tu avais tourné la tête et semblais si surpris de me voir que j'aurais pu penser rêver t'entendre dire "Yande", couvert par les mots de Tante qui disait comment elle s'appelait, n'eussent été le mouvement de tes lèvres quand tu le prononças. Nos mains se retrouvèrent et notre monde redevint normal.

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Re: Le mariage juillet 1457 à Mauléon

Message  Aymeric le 2009-07-23, 15:06

Vanyel a écrit:L'espace d'un instant elle fut tentée... Le processus avait été long. De connaissance à amitié, d'amitié à affection, puis attachement puis... De discussion, de fil en aiguille, de rencontres à tel ou tel événement -nuptial généralement - en visite... D'abord elle n'était allée le voir "qu'en" visite, en faisant plus ou moins des caprices pour ses permissions et parcourant quelques routes du royaume comme une grande pour son plus grand plaisir et/ou déplaisir, selon qu'il considérait arrivée et/ou voyage... puis elle avait fini par se rendre à l'évidence. Continuer à le voir ainsi alors qu'elle n'avait de cesse de vouloir être à ses côtés ne mènerait au mieux à rien, au pire à une déchirure dont elle n'avait absolument nulle envie...Aussi avait-elle décidé de le rejoindre et le lui avait annoncé une fois sa décision cristallisée.

Maintenant elle était là, avec lui, à Mauléon, était même béarnaise, mais il fallait quand même que cette question soit posée... Bien qu'il soit évident qu'elle ne voulait répondre non, par pur esprit contre-protocolaire l'idée lui effleura l'esprit.. et en fut bien vite chassée, voir écrasée, piétinée et soigneusement réduite en bouillie. Elle regarda Ermi avec un air résolu - et un chouilla borné - avant de répondre d'une voix claire au ton on ne peut plus explicite et final.


Oui

Étrange comme elle avait l'impression de répéter cette si petite syllabe depuis qu'elle l'avait une première fois prononcée en réponse à sa demande en mariage.

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Re: Le mariage juillet 1457 à Mauléon

Message  Aymeric le 2009-07-23, 15:07

Russocarine a écrit:Fort heureusement, personne n'avait eu la mauvaise idée de s'opposer au mariage, et Russo en fut quand même soulagée. Elle fit rapidement la liste de tous ceux qui venaient à l'instant d'échapper à une mort certaine, et fut distraite de ces pensées par un tiraillement sur sa peau d'ours sur laquelle Aymeric était en train d'essuyer ses larmes. Mouais.. au moins la belle peau d'ours blanc était en sécurité sur les épaules de la mariée.

Les témoins témoignèrent, ce qui était leur rôle après tout, puis Vanyel se trompa dans son nom en oubliant de dire qu'elle était "lieutenant-crevette", quoi que, juste "crevette" maintenant, et Varden oublia son titre de "chef des vaches de mémé", mais la diaconesse qui semblait parfois distraite ne remarqua rien, ou si elle remarqua quelque chose, elle continua la cérémonie de façon imperturbable. Russo s'abstint de corriger, elle aurait tout le temps au banquet pour ça.
Elle se contenta de suivre la cérémonie, et nota à peine des trémoussements sur le banc. Pourvu qu'Aymeric n'ait pas attrapé de puces en dormant dehors.

Mais quand Vanyel eut dit Oui, Russo ne put s'empêcher d'applaudir. Pas longtemps, juste de quoi récolter quelques regards piquants.

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Re: Le mariage juillet 1457 à Mauléon

Message  Aymeric le 2009-07-23, 15:08

Ermelina a écrit:Vanyel avait dit oui ! Que s'élève le chant des grandes orgues ! Que le tonnerre des trompettes se répande à travers tout le royaume ! Ermelina aurait bien voulu sauter de joie, pousser un grand Yoooooooooooooouhouuuuuuuuuuuu retentissant pour exprimer son euphorie : l'idée était plus que tentante, mais pas très conventionnelle. Un jour, vraiment, il faudrait qu'elle s'offre le luxe d'une cérémonie toute en exultation, tiens... Pour l'heure, elle se contenta de mordre discrètement sa lèvre inférieure pour contenir son excitation et frappa ses pouces l'un contre l'autre très rapidement. Le crépitement solitaire d'un applaudissement retentit : Ermi jeta un oeil dans la nef pour voir qui se réjouissait autant qu'elle et avait eu suffisamment d'enthousiasme pour l'exprimer et ne fut pas surprise outre mesure de découvrir Russo aux prises avec des voisins moins enclins à la spontanéité qu'elle.

Vanyel avait dit oui... Pas d'évanouissement. Pas de début de sprint effréné en direction de la sortie de l'église. Pas de cri strident propre à faire voler en éclats toute la verrerie de Mauléon et des environs. Pas de "non" prononcé par accident non plus. Pas de discours fleuve pour accompagner ce petit oui de bon aloi. Bref, pas de fantaisie à ce point de la cérémonie. Et pourtant, c'était de tous le moment le plus propice pour permettre à la mariée de craquer et de permettre à ses pauvres nerfs recroquevillés de se débarrasser de la tension accumulée au cours des jours précédents... Il n'y avait eu qu'un "oui", mais un "oui" déterminé et affermi par un amour qu'Ermi pressentait profondément ancré dans le coeur de son amie.

Vanyel avait dit oui. Ermelina sourit plus largement en admirant l'air résolu de la mariée, qui n'était pas sans lui rappeler l'air buté que sa fille prenait lorsqu'elle avait pris une grande décision sur laquelle il était impossible de la faire revenir. D'ailleurs... La rouquine quitta un instant le couple des yeux pour s'assurer que sa progéniture se portait bien et lui adressa un discret clin d'oeil. C'était leur code, le clin d'oeil, et la jeune femme se plaisait à l'employer. C'était sa façon à elle de dire à sa fille en toute circonstance à quel point elle l'aimait et que, même lorsqu'elle travaillait, même lorsqu'elle officiait, l'enfant était toujours au coeur de ses pensées. La fillette, toujours accrochée fermement à la carpette, qui visiblement était la peau d'un malheureux mangeur de miel, sourit de toutes ses petites quenottes en retour.

Vanyel avait dit oui, et c'était à présent à Varden d'en faire autant. La petite diaconesse regarda le marié et lui posa à son tour la question... Elle se doutait bien de la réponse, le jeune homme n'étant pas de ceux que l'on contraint par la force ou le chantage.


Varden, veux-tu vraiment Vanyel pour épouse ? s'enquit-elle.

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Re: Le mariage juillet 1457 à Mauléon

Message  Aymeric le 2009-07-23, 15:08

--Quatr_zyeux a écrit:

Quatr’zyeux était venu au mariage de la Dame Vanyel et du Messire Varden.
Quatr’zyeux avait été envoyé par la demande de deux personne très importantes qu’ils appréciaient énormément la mariée.

Il faut dire que le pauvre avait compris alors que l’aube était à peine levée qu’il devait partir sur le champ pour une ville du nom de Mauléon car une personne très chère au cœur de Messire Aru et Dame Neyco devait se marier.
Il n’avait pas vraiment compris le pourquoi ils ne pouvaient s’y rendre eux-mêmes mais avait évité de justesse de se faire couper la gorge par deux épées un peu trop scintillantes à son gout.
Aussi avait-il rassemblé ses affaires et avait filé au galop pour ne pas trop manquer de la cérémonie.

Dame Neyco ainsi que Messire Aru lui avaient tous deux rédigé un parchemin assez clair de ce qu’ils attendaient de lui.
Faire acte de présence les représentant, mémoriser chaque chose et chaque personnage présent et pouvoir le retranscrire avec la plus grande fidélité sur parchemin, puis intervenir en cas de débordement et bien évidement en cas de coup de folie de quelqu’un protéger coute que coute la mariée quitte à y laisser un membre. En lisant le courrier fait à son intention il avait froncé les sourcils mais devant leur air menaçant et déterminé il avait cédé bien malgré lui. A première vu ce mariage était extrêmement important et le déroulement devait se faire sans aucune anicroche.

Arrivée tardive en fin d’après-midi dans la petite ville de Mauléon objectif chercher l’église mais il fallait dire au vu de l’agitation ce n’était pas difficile. Essayant de se frayer un chemin parmi la petite foule après tout il était en mission et si jamais il ne la faisait pas correctement il avait deux soldats qui l’attendaient l’épée à la main prêt à s’en servir. Même si il ne comprenait pas pourquoi tant de chichi pour un foutu mariage. Il réussit enfin à s’approcher et la il figea une jeune femme d’une grande beauté gravissant les marches de l’église. Il jura en lui-même et comprit enfin le pourquoi de la demande expresse. Fine élégante et par sa simple présence apportait calme et sérénité. S’en voulant d’avoir maudit tout le long du chemin ses envoyés, il sortit rapidement son parchemin et commença à dessiner la dame puis à retranscrire tout ce qu’il se passait autour de lui. Décidément lui qui avait toujours eu horreur des mariages risquait bien de changer d’avis d’ici la fin de la cérémonie.

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Re: Le mariage juillet 1457 à Mauléon

Message  Aymeric le 2009-07-23, 15:09

Varden a écrit:Tout cela était ... Symétrique ... Oui le mot convenait bien ... Une fois Elle, une fois Lui, et au centre, point d'ancrage de ce joli tableau géométrique, trônait Ermelina. Détail amusant dont il se serait bien passé la remarqué, mais qui lui était venu de façon impromptue à l'esprit comme si cela avait une quelconque importance.

L'importance, en outre, était ailleurs ...

Parce qu'il était des choses, des moments, des paroles qui resteraient gravées à l'éternité dans sa mémoire, parce qu'il était inconcevable d'être tenté d'oublier un tel moment ... Mais parce que l'instant était en lui même crucial, souvent ne retenait il que celui là des mariages auxquels il avait assisté, il se devait de rester des plus concentrés ...

Quelque peu déboussolé par les applaudissements de Russo, il se sentit un peu perdu quelques instants, mais Ermelina, guide spirituelle en ce lieu sacré le ramena rapidement sur le chemin de la cérémonie ... "Oui" elle avait dit oui ! Il l'aurait bien embrassée là dès maintenant mais il devait apparemment affirmer l'évidence à Ermi ...

Voulait vraiment de Vanyel pour épouse ? La réponse positive était sous entendue de toutes les façons, il n'avait qu'à le confirmer devant tous ceux qui avaient pris la peine de venir jusqu'à Mauléon ce jour, chose délicate, il en concevait ...

Bref, il lui fallait dire oui maintenant, car aucune autre réponse n'était plus évidente ... Non ... Car il en avait le désir tout simplement ... D'une voix claire, qu'il voulait dénuée de tremblements, il répondit donc, en fixant Ermelina, le sourire aux lèvres et le regard pétillant ...


Oui

Mono-syllabique ... Ce mariage était l'une des rares occasions où il se délectait de dire tant de choses en si peu de mots ...

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Re: Le mariage juillet 1457 à Mauléon

Message  Aymeric le 2009-07-23, 15:09

Ermelina a écrit:Oui... Il avait aussi dit oui, pour la plus grande satisfaction d'Ermelina. Par ce simple petit mot, ces trois lettres associées, ils avaient choisi librement, l'un et l'autre de ce que serait leur devenir. Pendant ce temps, les petites cellules grises de la diaconesse tinrent conseil et décrétèrent qu'il serait bien triste d'arrêter la partie de carte alors que les choses commençaient tout juste à devenir intéressantes et votèrent à l'unanimité la reprise des activités ludiques : après tout, les cartes ne représentaient pas que des personnes, elles pouvaient aussi être la cristallisation de l'essence d'un moment. La rouquine dût donc s'avouer vaincue et assister à nouveau à ce qui était en train de devenir le passe-temps à la mode dans son pauvre crâne.

Là-haut, donc, au paradis solaire, le Joueur abattit une nouvelle carte, la plus injustement redoutée de toutes. L'arcane sans nom, celle qui représentait une faucheuse moissonnant des âmes, était venue symboliser ce oui là. Le choix parut curieux à la petite diaconesse mais s'avéra judicieux. Ce n'était pas la mort physique que l'arcane représentait, mais la renaissance. D'après certains ouvrages qu'elle avait dénichés à l'université, cette renaissance marquant le point de départ vers la vie éternelle était un des thèmes de prédilection de l'alchimie, et c'était cette même alchimie qui était à l'origine de la symbolique des tarots florentins.

Pour les petites cellules grises, les choses étaient limpides : il fallait voir dans le XIIIe arcane non pas un funeste augure, mais l'annonce d'une renaissance de l'un par l'amour de l'autre, la fin d'une vie échelonnée par des déceptions, des mensonges, des blessures plus ou moins profondes, plus ou moins guéries. Avec ce petit "oui", Vanyel et Varden laissaient là leurs doutes, leurs peurs, leurs angoisses, s'assurant de leur réelle envie et plus encore de l'envie de l'autre d'emprunter un chemin jusque là inconnu et défendu. C'était avec un tout petit "oui" qu'ils venaient de marquer la transition la plus importante de toute leur vie. Leur consentement avait marqué la mort du passé, maintenant, l'échange des mains devait, en toute logique, les faire renaitre.

Avec douceur, mais fermeté, Ermi se saisit sans plus attendre de la main droite de Vanyel et l'amena à elle, paume ouverte vers la voûte de l'église. D'un même mouvement, la petite diaconesse attrapa la main droite de Varden, la maintenant, paume vers le sol, à un pied de celle de sa douce. Il fallait que tous deux confirment leur décision première, pour certifier à l'officiante leur réel désir de s'engager, pour le prouver par un acte concret et non plus par un simple mot à leur moitié et surtout pour que, au jour de la fin des temps, ils puissent tous deux n'avoir aucun regret quant au choix qu'ils avaient fait en ce jour mémorable et qu'ils puissent pleinement l'assumer devant le Très-Haut...


Vanyel, dit elle en posant la main de Varden dans celle de la jeune femme avant de dégager ses propres mains, je te remets Varden comme époux pour que tu le gardes, sain ou malade, et que tu lui conserves ta foi selon les commandements de l'Eglise. L'acceptes-tu ainsi ?

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Re: Le mariage juillet 1457 à Mauléon

Message  Aymeric le 2009-07-23, 15:10

Vanyel a écrit:Elle avait tourné la tête aux applaudissements... et surpris Russo ranger sagement ses mains, presque avec une tête d'ange. Elle haussa un sourcil en remarquant la fillette qui était sa nièce près de son neveu et tenta avant de reporter son attention devant elle de voir où pouvaient se trouver leurs parents mais elle n'arriva à voir que quelqu'un qui griffonnait furieusement Aristote seul savait quoi, étrange.

Ermi posait la même question à laquelle elle venait de répondre à Varden. Et s'il changeait d'avis ? Et s'il hésitait? Et si sa langue fourchait et qu'il disait non ? Et si... Et si rien du tout. Il venait de dire oui également ce qui eut pour effet momentané de faire baisser le taux d'adrénaline dans ses veines... effet de courte durée étant donné la suite.

D'habitude, quand elle prenait la main de Varden, c'était plutôt sans vraiment s'en rendre compte, parce que c'était simplement quelque chose qui lui semblait naturel, aller de soi... Là en revanche c'était une toute autre histoire. Pour commencer c'est Ermi qui avait placé la main de Varden dans la sienne. Résultat, elle avait une conscience plus qu'aiguë de ses doigts qui effleuraient la paume de sa main. Elle aurait voulu réussir à plonger dans le zen, garder le contrôle de ses émotions... c'était compter sans le léger frisson qui la parcourut et qui, bien que rapidement réprimé trahissait son trouble. Généralement, elle arrivait à être détachée, comme si elle s'observait agir, mais impossible d'atteindre cet état présentement, et pour cause... les paroles d'Ermi finirent par s'insinuer en elle.

Elle fixait le bout de ses doigts, notant mentalement la façon dont ils reposaient sur sa peau. Ses yeux finirent par perdre leur focus et remontèrent lentement détaillant le tracer d'une veine affleurant au dos de sa main... le poignet qui disparaissait presqu'entièrement sous le début d'une manche de chemise... son bras légèrement plié ... épaule à la posture peut-être un peu tendue à moins que ça ne soit elle qui filtrait ce qu'elle voyait en y calquant ses impressions...son cou avec bientôt la ligne dessinant le menton... ses lèvres qui éveillèrent en elle l'envie de les sceller doucement.... elle jouait à le redécouvrir, ne le pouvait que tant que son regard ne croisait pas le sien.. ce qui immanquablement fini par arriver...Irrésistible attraction qu'exerçaient sur elle ses sombres prunelles.

Peut-être que cette façon qu'il avait de pouvoir la tenir d'un regard aurait dû l'effrayer, pourtant ce n'était plus le cas. Avant oui elle avait eu peur. Une peur viscérale quand elle avait pris conscience qu'elle n'avait plus les moyens de lutter contre lui. Angoisse en essayant futilement d'opposer raison et expérience à ce stupide cœur qu'elle avait cru bel et bien mort et en cendre et qu'il avait par un alchimique mystère réveillé. Effroi quand il avait réussi à la mettre face à ses contradictions d'une ridicule petite question, juste en lui demandant ce qu'elle voulait... et qu'elle était en passe d'obtenir, lui. Si pour cela il fallait qu'elle soit sienne, qu'il en soit ainsi, ca ne lui semblait être que juste et équitable prix à payer. Elle lui sourit avant de répondre, d'égrener chaque mot d'un voix claire et posée, ridiculement fière de réussir à faire en sorte que celle-ci ne tremble pas.


Oui à nouveau ce petit mot... déroutant le nombre de fois qu'il fallait le prononcer je l'accepte. J'accepte Varden tel qu'il est et a été, tel qu'il sera. J'accepte de rester à ses côtés et veiller sur lui de mon mieux, comme il le mérite. Je l'accepte comme époux.

Elle sentait le rose lui monter aux joues quand elle se tut, mais elle se refusa à détourner ses yeux des siens.

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Re: Le mariage juillet 1457 à Mauléon

Message  Aymeric le 2009-07-23, 15:10

Ermelina a écrit:Si elle en croyait ce qu'elle pouvait lire sur les visages des jeunes gens, l'Emotion était en train de gagner son match face à la Raison chez chacun d'eux. Le trouble, bien sûr, mais aussi la fébrilité qu'elle avait pu percevoir en touchant leur main, les regards échangés en quêtes de muettes réponses aux questions qu'ils devaient, comme tous les mariés avant eux, se poser, tout cela laissait pressentir que la Raison se trouvait mal en point, acculée dans les cordes, à deux doigts du KO final. Lorsqu'ils avaient préparé la cérémonie tous les trois, quelques jours plus tôt, Ermi leur avait proposé cet échange. D'un point de vue complètement extérieur et purement technique, il ne s'agissait que de l'appropriation et de l'adaptation par la Sainte-Mère du serment vassalique : la chose n'avait rien de romantique. Présentée sans explication, pour ce qu'elle était, la remise des mains avait été trouvée adorable par Vanyel et ratifiée aussitôt par Varden. Pourtant, la rouquine en aurait mis sa main au feu, aucun des deux n'avait mesuré pleinement tout ce que ce simple geste impliquait au niveau du vécu. D'autres avant eux, qui avaient expérimenté cette étape du mariage, avaient parlé de redécouverte ; ils avaient eu l'impression curieuse et tellement perturbante d'établir pour la première fois un contact physique, explorant à nouveau les sensations et les joies qui l'accompagnent, alors qu'ils pensaient connaitre pourtant par coeur tout de ce geste...

Ermi ne voulut pas les brusquer, faire éclater la bulle qui les environnait : elle leur laissa le temps de vivre pleinement le moment présent. Enfin, leurs mains se quittèrent à regret, abrégeant l'étreinte à laquelle elles aspiraient toutes deux. La petite diaconesse, qui n'aimait pas séparer ce qui était conçu pour aller si bien ensemble, ne souhaita pas prolonger trop longuement l'insupportable attente des deux mimines, aussi prit-elle sans plus attendre la main de Varden et celle de Vanyel, mais en inversant leur position : celle de Varden se faisait réceptacle et celle de Vanyel offrande. La rouquine sentit la joie monter en elle au moment où la main de la mariée allait toucher celle de son époux. Distraitement, elle se demanda si Zaza ressentait la même chose à chaque fois qu'elle formait un couple... Chassant rapidement la vision de la Poulette andalouse de son esprit, elle s'éclaircit discrètement la voix et reprit le cours de la cérémonie.


Varden, dit elle en posant la main de Vanyel dans celle du jeune homme tout en retirant ses mains pour les croiser à nouveau devant elle, je te remets Vanyel comme épouse pour que tu la gardes, saine ou malade, et que tu lui conserves ta foi selon les commandements de l'Eglise. L'acceptes-tu ainsi ?

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