Le mariage juillet 1457 à Mauléon

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Le mariage juillet 1457 à Mauléon

Message  Aymeric le 2009-07-23, 14:02

Ermelina a écrit:Saint Bynarr riait. Du haut du tympan, confortablement installé, entouré de bienheureux et d'archanges, Bynarr était hilare, Ermelina en était certaine. Pire encore, elle était persuadée que le patron de l'église de Mauléon se payait sa poire. Pourtant, la diaconesse n'avait fait qu'oeuvrer pour lui depuis l'aube, s'activant telle une tornade blanche entre les murs de pierre de l'édifice dont il avait la charge. Cet ingrat aurait au moins pu se montrer un tantinet reconnaissant en lui épargnant ses gloussements silencieux... La rouquine lança un regard presque noir à la statue avant de franchir pour la énième fois en ce jour la porte de l'église, les bras chargés de fleurs ; Vanyelle l'accompagnait, comme de juste, et trottinait gaiment, une couronne de fleurs des champs égayant sa chevelure noire. Il y avait tant à faire encore que la jeune femme se demandait si elle parviendrait à voir le bout de tout ce qu'elle estimait être le minimum syndical en matière de ménage et de décoration pour le mariage de Vanyel et Varden, qui aurait lieu le lendemain. Si Bynarr n'avait pas été si taquin, elle lui aurait sans doute adressé une petite prière vite fait, sur le gaz, histoire de lui demander d'intercéder auprès du Très-Haut pour bénéficier d'un petit coup de pouce de bon aloi, mais elle préféra se tourner vers Valentin. Lui au moins comprendrait la détresse qui était la sienne, il saurait l'écouter et lui permettrait d'arriver à un résultat acceptable.

Tout en prenant garde à ne pas s'étaler, la petite diaconesse avança vers la sacristie en adressant ses voeux les plus fervents au patron des amoureux puis marqua un arrêt à la croisée du transept pour observer ses aides improvisés oeuvrer consciencieusement. Après avoir passé un coup de balais plus que nécessaire sur les dalles usées au petit matin et après les avoir lavées à grande eau, elle était sortie et avait parcouru les ruelles de Mauléon, appâtant tout ce qui avait entre 7 et 10 ans et qui ne se trouvait pas aux champs ou en apprentissage avec de petites quantités de dragées, se constituant ainsi un bataillon solide de croisés prêts à partir en guerre sainte contre la poussière. Connaissant un peu Varden et beaucoup Vanyel, il y avait fort à parier pour que parmi les invités du couple se trouveraient des nobles ou de hauts bourgeois, et que tout ce petit monde arriverait avec ses plus beaux atours. Il était rigoureusement impensable que quelqu'un sorte de l'église avec une splendide marque de poussière sur son postérieur, il fallait donc traquer le moindre grain où qu'il fusse. La poussière ne fit guère de résistance et capitula rapidement sous les coups de chiffon énergiques des gamins et de la rouquine. Ermi distribua ensuite consignes et cire avec la même générosité et laissa à ses petits protégés le soin d'encaustiquer les bancs. Commença alors une longue série d'aller-retour entre la maison du Très-Haut et les champs environnant la bourgade béarnaise : il fallait des fleurs et des végétaux en belle quantité pour décorer le maître autel, la nef centrale et les niches qui abritaient les statues de saints divers et variés.

La petite diaconesse savait ce dont elle avait besoin pour avoir la décoration parfaite pour le couple de tourtereaux : de l'amour éternel, un soupçon de sentiments purs, quelques pincées d'amour tendre et une dose d'amour abondant étaient de rigueur. Ne restait plus qu'à leur mettre la main dessus. Ermi savait qu'elle trouverait dans les bois du lierre en quantité ; les champs regorgeaient de reines-marguerites, les pâturages abondaient de variétés de lys et d'iris qu'elle ne connaissait pas. Pour le blé, il suffirait d'aller le glaner dans un champ fraichement moissonné, avec toute la discrétion possible pour ne pas se faire attraper par le propriétaire... Et c'est ainsi, telle une fourmi besogneuse, que la rouquine entreprit de visiter les alentours de Mauléon, cueillant avec précaution les végétaux dont elle avait besoin. Bientôt elle fut accompagnée dans son oeuvre par les enfants les plus rapides en matière de cirage de banc : ils guidèrent la petite diaconesse dans des endroits connus d'eux seuls, où les fleurs semblaient sortir de terre pour le seul plaisir d'ajouter leur propre touche au tapis coloré environnant. A leur retour à Mauléon, le moins que l'on puisse dire, c'était qu'ils ne passaient pas inaperçus dans les ruelles de la ville, mais peu importait. A chaque retour dans la sacristie, Ermi prenait grand soin de disposer son précieux butin dans de grands baquets qu'elle avait remplis d'eau avant d'attaquer le lavage du sol de l'église : il aurait été trop bête de voir les fleurs se faner avant le début de la cérémonie. La petite diaconesse en était là dans ses préparatifs, reconstituant presque tendrement une famille d'iris, lorsqu'une fillette, dont les deux dents de devant avaient disparu, vint la chercher.


Dame Ermi, dame Ermi !!! Quelqu'un vous demande, devant l'église.

Ermelina fixa l'enfant et haussa un sourcil perplexe en l'observant.

A-t-il dit son nom, ce qu'il voulait peut-être ? interrogea-t-elle en soufflant sur une mèche de cheveux rebelle qui balafrait son visage et commençait à lui chatouiller le nez.

La gamine piqua un phare de toute beauté puis commença à se tordre les mains. Il ne fallait pas être fin psychologue pour comprendre que la question, pour simple qu'elle fut, n'allait pas sans poser problème.


N'aies pas peur, voyons, reprit la rouquine en souriant avec douceur. Il t'a juste dit qu'il voulait me voir, c'est ça ? continua-t-elle en se redressant.

Non dame Ermi. Il a dit d'autres choses, mais il a un drôle d'accent, cet homme, je n'ai pas tout compris.

Allons bon... Les sourcils d'Ermi se froncèrent à cette annonce. Leandro avait-il donc fini par se décider à venir ? Et à quoi ressemble cet homme ?

C'est un grand seigneur, dame Ermi. Il est vieux comme vous, il est habillé tout en rouge et il a un magnifique cheval. Les yeux de l'enfant se mirent à briller à l'évocation du cavalier, ceux de la diaconesse s'assombrir pour les mêmes raisons.

Merci pour le message, je vais l'accueillir de ce pas, conclut la rouquine en essuyant ses mains à son tablier et en prenant soin de ne pas trop tiquer sur le manque de tact avec lequel son interlocutrice venait de lui rappeler son âge.

[i]Ainsi, l'Espagnol avait donc pris la route de Mauléon pour la retrouver et "ne pas la laisser seule à la noce", sous prétexte que cela ne se faisait pas, comme il l'avait décrété lors de leur dernière conversation. La rouquine sentit le sang bouillonner dans ses veines. Elle était bien assez grande pour savoir ce qu'elle avait à faire et elle s'apprêtait à le faire savoir à l'Ibère. Il était bien gentil, adorable dans ses attentions, de compagnie plaisante, son savoir et sa galanterie transformaient les longues heures des veillées en moments précieux, certes, mais il semblait toujours oublié un léger, très léger détail : elle n'était plus l'enfant sauvage qu'il avait rencontré jadis et elle était capable de vivre sa vie toute seule, à présent. Même si elle n'en avait pas le temps, Ermelina prit sur elle et remonta la nef au pas de charge, bien décidée à expliquer les réalités de la vie à celui qu'elle avait toujours considéré comme un grand frère. Enfin, elle poussa la porte de l'église et déboucha sur le parvis. La vive lumière du soleil l'aveugla, la forçant à fermer les yeux, mais ne l'empêcha pas d'ouvrir la bouche pour partir dans une diatribe prête à entrer dans les annales. Elle était parée pour expliquer la réalité de la vie au chevalier dont elle n'avait vu que la silhouette et ouvrit les yeux pour soutenir son regard pénétrant le temps qu'il faudrait.


Ah, ben ça alors...

Quatre mots. Quatre petits mots minables. C'était tout ce qu'Ermelina avait trouvé à dire. Pire : plus aucun mot ne parvenait à franchir ses lèvres pour aller tenir compagnie à l'embryon de phrase. Rien d'étonnant à cela, en un sens, puisque les petites cellules grises de la diaconesse SDF avaient visiblement décidé d'aller voir ailleurs si leur synapse s'y trouvait, laissant la rouquine dans le plus grand désoeuvrement intellectuel possible pour une durée aussi indéfinie qu'indéterminable. Ce vide abyssal soudain dans le crâne de la jeune femme était plus que palpable. Ermelina restait bouchée bée : ses bras pantelaient lamentablement de part et d'autre de sa chétive petite personne, attestant de la stupeur totale de leur propriétaire. Le fait était également confirmé par le regard hagard et papillonnant que la jeune femme adressait à l'homme qui se tenait majestueusement devant elle. A dire vrai, à la voir ainsi sur le parvis de l'église de Mauléon, on aurait pu aisément la prendre pour l'un de ces grands oiseaux de nuit que l'on vient arracher à leur sommeil en plein jour...

Guccio... Guccio Tolomei !

Elle resta là, bêtement à le regarder. Quand on s'apprête à envoyer sur les roses un Espagnol, il est un peu délicat d'accueillir comme il convient un Florentin qu'on n'attendait pas le moins du monde...

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Re: Le mariage juillet 1457 à Mauléon

Message  Aymeric le 2009-07-23, 14:03

--Guccio_tolomei a écrit:Les sabots du cheval lourdement chargé claquaient sur le pavé de la ville. Dans sa tenue flamboyante, le jeune Tolomei avait fière allure sur son destrier et quelques têtes, féminines pour la plupart, ne manquaient pas de se retourner sur son passage. Si la poussière parsemée sur sa cape et ses bottes trahissaient la longueur du chemin qu’il venait de parcourir, il n’en conservait pas moins au visage cette fraîcheur et cette jovialité qui avaient fait sa réputation de joli cœur…
Descendant une à une les ruelles étroites qui menaient à l’église, Guccio fut attiré par des piaillements d’enfants, qui raisonnaient au loin, et ne put s’empêcher de sourire. Une fois le bâtiment en vue, il aperçut plusieurs bambins réunis sur le parvis ; certains, sagement assis sur les marches, dévoraient des dragées dont le Florentin soupçonnait à juste titre la provenance. Une fillette, subjuguée par la vision de ce cavalier inconnu, se leva pour mieux le contempler, en gardant ses deux mains sur le cœur. Guccio, qui retirait ses gants, lui sourit et lui fit signe de s’approcher. L’enfant, intimidée, n’osa pas s’avancer.


Petite, viens, n’aies pas peur…vienne, vienne…

Il fouilla alors dans ses poches, tout en gardant un œil sur sa nouvelle amie. Il en sortit un petit sac de toile, fermé par un bout de ficelle, contenant une grosse poignée de ces fameuses douceurs que s’arrachaient ces jeunes gens. Après en avoir déposé quelques unes au creux de sa main, il la tendit doucement à la demoiselle.

Si tu me trouves Ermelina, tu en auras d’autres…

La petite, interpellée par l’accent étrange de l’homme tout de rouge vêtu, écouta son courage presque autant que sa gourmandise et alla se saisir de sa friandise préférée.

Ce sera notre secret, ragazza, files vite, j’attends ici.

Le petit messager partit en courant en direction de l’église, sous le regard médusé de ses jeunes compagnons. Il ne lui fallut que peu de temps pour réapparaitre en compagnie de la diaconesse, qui marchait d’un pas volontaire en sa direction. Elle ne le reconnut point de suite, mais lorsqu’elle fut assez proche et que le soleil ne l’éblouissait plus, elle laissa éclater sa surprise :

Ah ben ça alors…Guccio, Guccio Tolomei !

Vous aviez passé une commande à la maison Tolomei, gente dame : quel choix judicieux, je vous en félicite !


Le jeune homme, qui avait hâte de se dégourdir les jambes sauta d’un bond de son cheval et prit Ermi dans ses bras.

Cela faisait si longtemps, douce Ermelina.

Tout en la gardant contre lui, l’homme de parole et de cœur tendit le sac de toile à la petite fille qui attendait sagement sa récompense, et lui fit un clin d’œil malicieux lorsqu’elle vint s’en saisir dans le dos de la diaconesse.

Ermi : j’ai tout ! Tout, tout et même plus ! Tu le sais bien, impossible n’est pas Tolomei !

Comme à son habitude lorsqu’il parlait de ses produits, il se mit à faire de grands gestes à la mesure de sa joie de vivre et de sa fierté d’être issu de la plus célèbre famille de commerçants de Florence. Guccio détacha les sacs et sacoches qui pendaient de part et d’autre de sa monture, dont il tapota le flanc en signe de gratitude. Au-dessus de sa croupe trônait un grand coffret de bois précieux, solidement harnaché et protégé par une couverture grise. Le marchand prit tout le soin du monde pour le libérer et le poser délicatement sur les marches, non loin de ses autres bagages.

Les enfants, curieux, se regroupèrent en arc de cercle autour de cet étrange personnage et des trésors qu’il semblait transporter : il s’agissait de ne pas manquer une miette du spectacle. Guccio, amusé de la situation, prit un malin plaisir à faire l’inventaire de la commande passée par Ermelina devant ce jeune public aux yeux écarquillés.


Alors, qu’avons-nous dans ce sac ?

Il se saisit d’un premier paquet et en extrait une boite en bois, joliment décorée, et l’ouvrit. Elle était divisée en cinq compartiments bien distincts, contenant chacun une poudre d’une teinte différente. Il fit admirer ce chatoiement de couleur aux enfants.

Un assortiment d’épices de qualité supérieure, venu tout droit d’Orient…

Machinalement et en grand professionnel, Guccio trempa le petit doigt pour goûter son produit et le porta à sa bouche…très vite, son visage s’assortit à sa tenue et il se mit à tousser.

Vraiment excellent, ce poivre.

Les enfants, pensant assister à un tour de troubadour, se mirent à rire et à applaudir. Ermelina leva les yeux au ciel, mais ne put retenir un léger sourire…malgré les années passées et les tragédies connues, elle était heureuse de constater qu’il n’avait pas changé. De bonne composition et surtout de bonne humeur, le Florentin rit de ses propres sottises en haussant les épaules.

Et ici, qu’avons-nous, chers amis ?

Il extirpa un second coffret, en tous points semblable au précédent, mais dont le contenu rencontrerait probablement plus de succès.

Voyez jeunes gens, la spécialité de la maison Tolomei di Firenze : les douceurs !

N’osant pas trop s’approcher de son auditoire de peur de se faire subtiliser l’une ou l’autre des sucreries, le négociant montra de loin le massepain, les dragées et plusieurs sortes de fruits confits, non sans susciter l’émoi général de l’assistance.

Quelque chose de différent maintenant, mais de fort agréable pour les yeux…

De ses sacoches en cuir remplies de paille pour amortir les chocs, Guccio sortit différents paquets confectionnés avec du tissus épais et des cordelettes. Il en ouvrit un, avec beaucoup de précaution et exposa à Ermelina un magnifique plat ouvragé, d’une finesse remarquable.

Et il y a tout le service assorti…

Il s’empressa de le remballer, afin qu’aucun incident fâcheux ne survienne… Il connaissait trop bien la valeur d’un tel objet pour risquer d’avoir à s'en procurer un autre à ses frais. Mais déjà les enfants n’avaient plus d’yeux que pour ce mystérieux coffret…

Et le plus joli pour la fin, surtout pour vous damoiselles…

Guccio attrapa la clé qu’il portait toujours autour du cou par sécurité, et ouvrit la petite serrure dorée. Le coffret ne contenait apparemment que du tissu…mais quel tissu. Une nappe d’un blanc éclatant, en dentelle de Murano, dont il ne manqua pas de faire apprécier le raffinement à Ermelina, et surtout deux robes somptueuses, cousues de fils d’or et de brocard, identiques à ceci près que la seconde était la réplique miniature de la première. Guccio s’en saisit, la déplia et l’exposa au regard de tous.

Et ça, c’est mon cadeau pour la petite Vanyelle, qui doit avoir bien grandi depuis la dernière fois où je l’ai vu.


Dernière édition par Aymeric le 2009-07-23, 14:08, édité 1 fois

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Re: Le mariage juillet 1457 à Mauléon

Message  Aymeric le 2009-07-23, 14:04

Ermelina a écrit:Ermelina n'avait pas eu le temps de comprendre ce qui lui arrivait : elle s'était retrouvée entre les bras du Florentin autant heureuse que surprise de le trouver là, constatant encore une fois et non sans une pointe de regret que le temps où elle pouvait le regarder droit dans les yeux sans avoir à se tordre le cou et sans risquer de se retrouver avec une côte fêlée lorsqu'il l'étreignait était désormais révolu. Lorsqu'elle avait écrit au comptoir que tenait son ami à Castelnaudary, quelques semaines plus tôt, elle ne s'était pas doutée un instant que le jeune homme puisse faire le trajet lui-même pour livrer la commande qu'elle lui avait passé : au mieux s'attendait-elle à voir arriver l'un des commis de l'établissement avec sa précieuse marchandise. Un large sourire se dessina sur les lèvres de la diaconesse alors qu'elle renonçait officiellement à chercher à comprendre quoi que ce soit et profitait pleinement de ces retrouvailles imprévues. Enfin, le jeune Tolomei consentit à la laisser respirer un peu et entreprit de déballer son chargement sans attendre qu'ils se fussent trouvés dans un endroit peut-être plus approprié.

Massant discrètement ses côtes endolories par l'étreinte chaleureuse dont elle fut la victime, la rouquine regarda avec un amusement teinté de nostalgie son ami présenter à son public improvisé les merveilles qu'il avait apportées avec lui. Lorsqu'ils s'étaient connus en Champagne, bien des années auparavant, Ermelina avait fait à peu de chose près la même tête que les gamins de Mauléon quand elle avait vu pour la première fois Guccio faire ses armes en faisant l'article des splendeurs de l'orient qu'il proposait, naturellement, pour une somme fort modique, aux badauds attroupés devant le comptoir de la maison Tolomei, aux foires... Et comme à cette époque qu'elle n'aurait pas voulu si lointaine, la jeune femme se surprit à faire des "aaaaaaaaaaaah" et des "ooooooooooooh" en choeur avec les enfants à chaque fois qu'un coffre s'ouvrait ou qu'un bout de tissu dévoilait un trésor. Les épices et les douceurs étaient bien là : Ermi allait pouvoir faire une, voir plusieurs heureuses. Son cadeau pour les futurs époux était là aussi et le peu qu'elle avait pu en voir dépassait largement ses espérances - comme toujours avec le marchand florentin -. Enfin, ce fut le clou du spectacle : devant un auditoire définitivement conquis, le jeune homme présenta une une splendide petite robe. Naturellement, quand Ermelina entendit que le vêtement était destiné à Vanyelle, une métamorphose s'opéra instantanément chez elle. Ses yeux se mirent à briller, ses mains se joignirent sous le coup de l'émotion et son regard resta fixé sur la robe.


Oooooooooooooooh... Guccioooooooooooo... C'est la robe la plus merveilleuse, la plus parfaite, la plus splendide qui m'ait été donné de voir à ce jour... Regardez-moi ce motif... Du bout des doigts, elle tata l'étoffe, puis observa la finesse des coutures, la perfection des ourlets, avant de finir par s'émerveiller sur la passementerie. Vanyelle sera divine... Guccio, reprit-elle d'une voix rendue vibrante par l'extase, ceci n'est pas qu'une robe, c'est la perfection faite brocard... Car c'est du brocard, n'est-ce pas ? Du vénitien, qui plus est... Dans mes bras, mon ami !

Et avec une spontanéité déconcertante pour ceux qui la connaissaient un peu, Ermi, poulpe des temps modernes, étreignit le pauvre marchand qui n'en demandait visiblement pas tant. Les volutes des motifs floraux du tissu avaient chassé les élans nostalgiques de la diaconesse ; leur délicatesse avait expulsé toute trace d'agacement de son esprit. Un soupir béat souleva la poitrine de la rouquine, qui s'arracha avec moult difficultés à la contemplation du vêtement qui transformerait son enfant en perfection absolue. Un sourire extatique aux lèvres, elle leva le nez vers le ciel : il était visiblement plus de midi et elle n'avait pas commencé la décoration de l'église, mais, allez savoir pourquoi, la nouvelle ne la fit pas descendre de son petit nuage. Il fallait composer plusieurs dizaines de bouquets : détail. Aucun cierge n'était piqué : qu'importe. Il restait une toute petite demi-journée pour tout faire : broutille. Ermi était définitivement sous le charme et n'avait qu'une envie : faire essayer la robe à sa fille.

Comme toujours, Guccio, tu as réussi à assumer ta réputation d'alchimiste : tu as transformé mes désirs en réalité... Mieux, tu les as transcendés, dit la petite diaconesse rêveusement, toujours le nez en l'air, observant les nuages qui moutonnaient joyeusement.[/b] Pour ce qui est du règlement, tu n'auras qu'à prélever la somme nécessaire sur mon compte au comptoir, si ce n'est déjà fait,[/b] poursuivit-elle sur le même ton. Hélas, je ne peux rester plus longtemps en ta plaisante compagnie, le mariage a lieu demain et il me reste encore beaucoup à faire. Un sourire innocent parfaitement composé pour l'occasion illumina la face d'Ermi. Je sais que je te demande beaucoup mais... Pourrais-tu avoir la bonté de m'aider à porter tout cela dans la sacristie, s'il te plait ? Tu pourras voir Vanyelle par la même occasion, elle est à l'intérieur, conclut-elle en adressant un grand sourire au Florentin.

Sans même attendre la réponse de Guccio, Ermelina prit un des coffrets et gravit légèrement les degrés conduisant au lourd vantail de l'église. Ses derniers "assistants" sortaient en pépiant joyeusement, comme une poignée d'étourneaux. La petite diaconesse poussa la porte de sa main libre et la retint pour facilité le passage à ce qui s'apparentait furieusement à un Florentin bâté. Alors qu'elle s'apprêtait à demander à son ami s'il souhaitait lui confier un autre de paquet, un bruit de petits pieds martelant les dalles de l'église, indice plus que probant d'une course effrénée, arrêta Ermi dans son élan.


TONTON FRIANDIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIISE !!!!!!

Le cri résonna sous les voûtes de l'édifice. Il n'avait pas fallu longtemps à Vanyelle pour franchir la distance séparant la sacristie du narthex et il lui fallut encore moins de temps pour se ventouser à Guccio.

Vanyelle, dit la rouquine en riant, il ne faut pas crier dans la maison du Très-Haut, ça ne se fait pas.

Mais mère, c'est Tonton-Friandise, répondit l'enfant avec la certitude de quelqu'un plaçant un argument ultime, qui justifiait tout.

Oui, je sais ma douce, mais tu pourrais déranger quelqu'un.

Ca serait étonnant, mère, il n'y a jamais personne dans les églises.
La fillette avait énoncé la chose le plus innocemment du monde, ses grands yeux reflétant la surprise qui était sienne face aux propos visiblement incongrus de sa génitrice.

Demain soir, ça ne sera pas le cas, il faudra être sage, n'est-ce pas ?

Tonton-Friandise, qu'est-ce qu'il y a dans tes jolies boîtes ?
Le ton de l'enfant était à mi-chemin entre vénération et curiosité. Dans tous les cas, il était révélateur du fait que la petite n'avait pas accordé l'ombre de la plus infime part de son attention aux recommandations de sa mère. Tu es aussi venu pour le mariage de Tatie-Biscuit ? Tu viens nous aider à tout décorer ? On peut aller cueillir des fleurs si tu veux, je sais où sont les plus belles. Si tu veux, je te ferai une couronne avec. Et puis tu pourras me raconter des histoires sur le chemin ? Les tiennes sont plus mieux que celles de mère. L'enfant marqua une petite pause, puis se tourna vers Ermi, visiblement sujette à une inspiration brusque et soudaine. Et pourquoi Tonton-Friandise ne se marierait pas avec Tatie-Biscuit ? Ca serait drôlement chouette, ça...

Ermelina éclata de rire. L'espace d'un instant, elle avait imaginé des bans au texte improbable du style "Tatie-Biscuit, pâtissière, et Tonton-Friandise, confiseur, se marieront dans la chapelle en pain d'épice et sucre d'orge de Mauléon" et se demandait à quoi pourraient bien ressembler les enfants issus d'une pareille union.

Allons, Vanyelle, laisse au moins le temps d'arriver à Guccio avant de le marier... Et je ne pense pas que Tatie-Biscuit soit spécialement contente si tu la maries à quelqu'un d'autre que son amoureux, tu sais. Montre donc plutôt le chemin de la sacristie à Tonton-Friandise, ma douce.

Aussitôt dit, aussitôt fait. L'enfant se mit à trottiner en direction de la petite pièce, suivie par la diaconesse et le marchand qui devisaient avec enthousiasme. Dans la sacristie, le jeune homme put enfin poser sa lourde charge le plus loin possible des baquets : il était hors de question qu'un malencontreux coup de pied dans l'un des cuviers engendre un mini raz-de-marée entrainant une inondation des précieux biens convoyés sans dommage jusque là, Guccio et Ermelina étaient intraitables sur ce point. Tout en continuant à papoter et à échanger des nouvelles, la petite diaconesse s'installa sur un tabouret, et commença à piocher et à assembler lys et iris en un petit bouquet rond. Quelques reines-marguerites et épis de blé firent une couronne autour de ce coeur coloré. Enfin, un peu de lierre, tordu au prix d'efforts d'imagination, vint ajouter la petite touche de verdure "qui va bien", si importante pour mettre en valeur l'harmonie des fleurs. Alors qu'elle contemplait son "oeuvre", la rouquine sentit arriver à grands, très grands pas, un profond moment de solitude. Et pour cause, elle n'avait pas de vase pour poser son bouquet. Toute à l'excitation des préparatifs de la journée, elle avait complètement oublié les contingences matérielles basiques, comme aller chez le potier chercher sa commande, un nombre assez conséquent de récipient tout simples pour accueillir les bouquets divers et variés. Alors, comme de juste, la jeune femme se tourna vers Guccio et lui adressa un petit regard papillonnant dont elle avait le secret.

Gucciano... Un grand sourire charmeur vint tenir compagnie au regard papillonnant. Je sais que tu as fait une longue route et que tu dois sans doute aspirer à un repos plus que mérité, mais penses-tu qu'il te serait possible de me tirer un épieu du pied, s'il te plait ? Nouveau battement de cils. Il semblerait que, toute en joie à l'idée de donner un petit coup de fraicheur à la demeure du Très-Haut j'aie quelque peu hmmm... oublié... de passer chercher une commande urgentissime chez un artisan local. Me serait-il permis d'espérer que dans ta grande bonté tu puisses passer la chercher pour moi, je te prie ? J'irai bien moi même si je n'avais été que très en retard dans mon organisation... Si tu acceptes, je te payerai volontiers en petit encas maison et en pâtés aux pommes. Je suis sûre que tu dois avoir l'estomac dans les talons. Nouveau sourire éclatant. La rouquine connaissait assez son ami pour savoir qu'il ne pourrait pas résister à la promesse d'un bon repas, même s'il était pris sur le pouce. Vanyelle connait le chemin, elle pourra te l'indiquer. Et au retour, nous pourrons continuer de discuter pendant que je finis de tout mettre en place. Qu'en penses-tu ?


Dernière édition par Aymeric le 2009-07-23, 14:08, édité 1 fois

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Re: Le mariage juillet 1457 à Mauléon

Message  Aymeric le 2009-07-23, 14:04

--Guccio_Tolomei a écrit:Tu sais bien que je ne puis rien refuser à ce regard là, ma douce Ermi…

Et pourtant le Florentin ne sentait plus ni ses pieds, ni son dos, après cette longue épopée à travers le pays…mais, serviable de nature – et accessoirement affamé - il s’exécuta sans broncher, s’empara de la petite Vanyelle, la fit grimper sur ses épaules et pris le chemin qui menait à l’échoppe du potier.
Arrivé devant la boutique de l’artisan, Guccio posa la fillette par terre afin d’être plus libre de ses mouvements. Il se présenta au petit homme qui se tenait assis dans l’arrière salle, les mains dans l’argile, probablement en train de créer une cruche et précisa qu’il venait retirer la commande d’Ermelina. Il fit un geste de la tête vers deux caisses en bois, remplies de vases et de pots, dont le possible poids faisait déjà faillir les biceps du moins fort des frères Tolomei, qui ne put s’empêcher de marmonner quelques mots dans sa langue maternelle… Le désarrois devait se lire sur son visage, et la petite fille ne manqua pas de s’en apercevoir et d’afficher une petite moue boudeuse.


Tiens, petite Vanyelle, tu vas bien vouloir venir en aide à ton pauvre tonton Guccio, n’est-ce pas ?

Il confia une petite poterie, qu’il prit bien le soin de soupeser auparavant afin qu’elle ne fusse pas trop lourde, à la fillette, afin qu’elle puisse participer et se sentir utile. Puis il se saisit des deux caisses, l’une sur l’autre, et se dirigea vers la porte.

Allez, avanti bambina…

Guccio, ainsi chargé, ne voyait rien devant lui puisque les caisses montaient jusqu’au niveau de sa blonde chevelure, mais, comme toujours, il fit mine de parfaitement maitriser la situation et de totalement savoir où il allait. Une fois devant l’église, il tâta habillement l’espace de la pointe du pied, pour trouver la première marche de l’escalier, et monta avec un peu de peine jusqu’à l’entrée. L’enfant le précédait, amenant fièrement son petit pot jusqu’à sa mère. Il déposa finalement les deux caisses non loin de la diaconesse et alla s’affaler sur un banc, s’y laissant choir de tout son poids, sans se préoccuper, pour une fois, du total manque de prestance que cela pouvait procurer à son image de bellâtre.
Guccio fermait les yeux, s’imaginait festoyer à une table bien garnie, lorsqu’il entendit quelque chose qui ressemblait à quelqu’un qui toussait de façon à peine dissimulée. Il entrouvrit un œil et aperçu Ermi, debout juste devant lui, semblant attendre quelque chose de la part du jeune homme.


Si ? Quelque chose ne va pas avec la commande ?

Le sourire d’Ermelina fit comprendre à Guccio qu’elle avait encore besoin d’aide : elle souhaitait qu’il mette en place les compositions florales dans les poteries et qu’il les dispose dans l’église. Un peu surpris d’abord, car il n’avait pas vraiment l’âme d’un fleuriste, il réussi néanmoins à composer de très jolis arrangements, pas toujours très proportionnés, pas fondamentalement harmonieux, mais tous extrêmement originaux. Satisfait de sa performance, Guccio pris un peu de recul pour admirer sa dernière œuvre et s’aperçut que la diaconesse fixait avec insistance le plafond…pourtant, il n’avait disposé aucun de ses magnifiques bouquets à cet endroit….
Il suivit le regard d’Ermi et s’arrêta sur le lustre qui se tenait juste au-dessus de leur tête, puis rapidement il chercha dans les yeux de la diaconesse quelque chose qui lui permettrait de croire qu’il n’aurait pas à monter là haut pour quelque raison que ce fusse...en vain. Elle lui tendit aussitôt une boite contenant les bougies qui devaient y être installées.
Le Florentin s’affaira à faire descendre ce lourd équipement afin de pouvoir le garnir et se rendit compte que cette église en possédait un nombre assez incroyable en proportion de sa superficie totale…mais il continua de bon cœur à répéter l’opération, jusqu’à ce que sa mission soit achevée.
La fille d’Ermi, quant à elle, disposait les cierges sur les herses et les buissons qui étaient à sa portée ; mais même sur la pointe des pieds, ils étaient si difficiles à atteindre que « tonton-friandise » ne put faire autrement que de venir lui prêter main forte et fit tout le tour de l’église avec l’enfant dans ses bras, l’assistant patiemment dans la tâche qui lui avait été confiée.
Après avoir rejoint Ermelina, qui continuait à s’affairer, Guccio sentit son estomac lui rappeler la promesse de cette dernière.


Bon, et bien, je crois que je n’aurais pas volé ma pitance !

Mais Ermi ne répondit pas, toute occupée qu’elle était à se débattre avec les tentures de tapisseries, bien trop lourdes pour elle ; et comme il était aussi galant, Guccio s’occupa également de fixer ces dernières dans le chœur et sur les piliers de la nef, se laissant guider par les deux âmes féminines et perfectionnistes qui lui indiquaient tantôt « plus à gauche », « légèrement plus haut », ou encore « un poil plus à droite ».
Le Florentin trouvait que l’église était parée de ses plus beaux atours, prête à accueillir cet événement d’une haute importance, et il trouvait une certaine fierté à y être un peu pour quelque chose…et s’en félicitait intérieurement, hochant la tête, comme pour approuver ce qu’il était en train de penser. Un petit tapotement sur l’épaule droite vint le tirer de son état quasi contemplatif…


Ma, autre chose peut-être ?

Et oui, il y avait bien autre chose que ce brave Guccio pouvait faire pour Ermelina…chercher la commande d’étoffe que cette dernière avait passé chez le marchand de la ville, afin de l’utiliser comme poêle. Il décida, dans le but d’épargner un peu les semelles de ses chausses, mises à rude épreuve en ce jour, de s’y rendre à cheval et ce avec d’autant plus de perspicacité que ce dernier résidait à l’autre bout de la ville. Le négociant reconnu aisément l’échoppe grâce à l’enseigne de fer forgé qui la surplombait. Il attacha sa monture et entra d’un pas décidé chez ce qu’il convient bien d’appeler, un représentant de la concurrence locale. D’un coup d’œil, il balaya la boutique, étalonnant la qualité d’un rouleau de tissu ici ou là en prenant un air sérieux et professionnel qui ne lui allait pas du tout.

Bonjour, je me présente, Guccio Tolomei, je viens retirer la commande de la diaconesse Ermelina.

Le marchand, interpelé par l’accent autant que par le nom qui venait d’être évoqué, dont la réputation dans le milieu du négoce n’était plus à faire, alla chercher promptement le ballot de lourd tissu réservé à Ermi et le déposa sur le comptoir. Guccio l’observa sous tous les angles, le tâta, le caressa, fronça les sourcils et fini par faire ce qu’il savait faire de mieux…

Et combien en demandes-tu, mon ami ?

20 livres, monseigneur, mais c’est une très belle pièce…


Le jeune homme laissa échapper un de ces éclats de rires qui lui étaient propres, posa un poing sur le coin du comptoir et sourit au malheureux qui lui faisait face, et qui avait perdu d’avance ce bras de fer qui se profilait…

Allons, allons, tu n’es pas sérieux…Pour la même somme, je vais partir avec ces deux petites aumônières qui sont juste à ta droite…et ce sans réellement entamer ta très confortable marge…

Le marchand, piqué au vif, rougit un peu, mais rajouta par-dessus le tissu les deux aumônières, qui seraient parfaitement assorties aux robes que Guccio avait ramené pour Vanyelle et sa mère.

Je savais bien que nous allions nous entendre !

Le jeune Tolomei, satisfait de sa prestation, empoigna les marchandises et sortit la tête haute de la bâtisse. Après une journée de voyage et de nombreuses heures passées comme « commis de mariage », il était temps pour lui de prétendre enfin à sa récompense. Il monta sur son destrier et prit, pour la dernière fois de la journée espérait-il, la route qui menait à l’église.


Dernière édition par Aymeric le 2009-07-23, 14:09, édité 1 fois

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Re: Le mariage juillet 1457 à Mauléon

Message  Aymeric le 2009-07-23, 14:05

Ermelina a écrit:Guccio venait de quitter la sacristie avec Vanyelle et déjà Ermelina se remettait au travail. A défaut de poursuivre la confection des bouquets, faute de vases, la rouquine explora les lieux, virevoltant entre les cuviers, à la recherche du petit matériel qui pourrait lui être utile pour la cérémonie du lendemain. Elle ne connaissait pas les lieux et n'avait aucune idée de ce que la totalité des coffres de la sacristie pouvaient contenir. Elle savait, pour l'avoir exploré le jour des fiançailles, que le plus grand contenait l'orfèvrerie destinée aux offices ainsi que les nappes d'autel immaculées, le coffret en émail champlevé réservé à l'huile sainte, un exemplaire usé du Livre des Vertus, une chaîne appartenant sans doute à l'encensoir et plusieurs boîtes de cierges et de bougies. Le petit coffre rangé précieusement sur une étagère à côté du registre de l'église contenait la réserve d'hosties et de vin. Un coffre ventru, qui avait été logé sous une table de chêne Dieu seul savait comment s'il avait eu la curiosité de regarder par là à ce moment-là, réserva une excellente surprise à la jeune femme : un jeu complet de tentures de tapisserie y était précieusement conservé. Naturellement le meuble ne pouvait pas s'ouvrir complètement, bloqué comme il l'était, et il était tout bonnement inenvisageable de bouger baquets et table pour en faciliter l'accès. Un soupir du meilleur aloi vint ponctuer ce constat. Un second, plus profond, accompagna la résolution que la rouquine venait de prendre. Vérifiant une première fois que personne ne s'apprêtait à entrer, elle s'accroupit près du sombre coffre aux merveilles. Une seconde fois, elle regarda derrière elle, bien consciente des taquineries que le destin était capable de vous jouer quand vous vous trouviez en fâcheuse position. Personne... Ermi se mit sans faire plus de façon à quatre pattes et se glissa sous le plateau de bois massif de la table. Tout en prenant garde de ne pas se fracasser le crâne à la suite d'un mouvement trop brusque, la petite diaconesse commença à se battre avec le couvercle du coffre, qui céda facilement face à son adversaire poids plume et s'entrouvrit autant que possible. Avec une joie presque enfantine, Ermelina extirpa l'une après l'autre les tapisseries, les empila soigneusement puis recula pour pouvoir se remettre à la verticale. Lorsqu'enfin elle fut d'aplomb, elle put récupérer les pièces de tissus et s'empressa d'aller les déposer dans la nef, sur un banc, afin de prévenir tout accident aqueux.

De retour dans la sacristie dont, elle en était persuadée, elle finirait par connaitre le petit nom de chaque pierre avant le lendemain soir, Ermelina se recala sur son tabouret et inspira profondément. Le parfum des lys et des iris devenait grisant, ce qui n'était pas pour lui déplaire ; délicatement, elle piocha quelques végétaux et se replongea dans les compositions florales. Des bruits de pas résonnèrent dans la nef alors que le troisième bouquet prenait forme. Avant qu'elle ait le temps de dire "ouf", Vanyelle se trouvait accrochée à son cou, exhibant fièrement la poterie qu'elle avait ramené toute seule de la boutique.


Mère ! Mère !!! Regarde ! C'est moi qui l'ai rapportée sans la casser. Tonton-Friandise ne m'a pas aidé une seule fois. Lui, au moins, il me laisse porter des choses quand on fait les courses..., déclara-t-elle en regardant Guccio poser son chargement.

Ermelina sourit en entendant le "lui, au moins" : quand on en venait au chapitre des revendications, la rouquine usait avec sa fille des mêmes stratagèmes qu'elle utilisait jadis avec son époux. Il suffisait d'orienter l'attention de l'enfant sur un autre sujet et le tour était joué : adieu récrimination et indignation, bonjour joie et gaité.


Vraiment, Vanyelle, je suis très fière de toi. Je vois qu'on peut te confier de grandes missions maintenant. Que dirais-tu de m'aider à faire de petits bouquets pour mettre aux pieds des statues, dans l'église ?

Les yeux de la petite se mirent à briller.

Pour de vrai ?

Oui, ma douce, répondit Ermi en souriant tendrement. C'est pour de vrai. Ensuite, si tu le veux bien, nous irons mettre les fleurs dans l'église et nous mettrons des bougies partout, pour que tout le monde puisse bien voir Tatie-Biscuit demain. Il faut dire que c'est un spectacle auquel ils ne seront pas prêts d'assister à nouveau, ajouta-t-elle pour elle-même. Je vais voir où est passé Guccio, indiqua-t-elle à l'enfant en se levant. Je vais voir s'il veut jouer avec nous à faire des bouquets.

Un saut dans la nef et un regard de chaton plus tard, Ermi, Guccio et Vanyelle s'étaient installés pour un atelier improvisé. La jeune femme avait ouvert la fenêtre et une douce brise s'engouffrait dans la pièce, faisant onduler les fleurs. Pour un peu, on aurait dit qu'elles dansaient et se réjouissaient aussi pour la cérémonie du lendemain. Ermelina se sentait bien, là, faisant travailler ses mains, discutant avec deux êtres chers à son coeur, riant, souriant, plaisantant. Malheureusement, toutes les bonnes choses avaient une fin : les baquets étaient vides, les poteries étaient pleines. Si la régularité n'était pas de mise, le résultat de l'ouvrage collectif n'en demeurait pas moins globalement harmonieux. Sachant le jeune Tolomei tout à fait autonome en matière d'agencement, comme le prouvait la présentation de ses marchandises dans son comptoir, Ermi put porter toute son attention sur sa progéniture. Alors que Guccio prenait soin d'installer un bouquet sur le sol à l'extrémité de chaque banc, Vanyelle et sa mère faisaient la tournée des saints, ornant comme elles pouvaient les niches. L'absence de "et lui, c'est qui ?" vanyellien finit par inquiéter la mère-poule. L'enfant cogitait visiblement et Ermi était bien placée pour savoir que, généralement, cela n'était pas un bon présage.

Mère ?

Oui ma douce ?

Tu es vraiment sûre que Tatie-Biscuit et Guccio ne pourront pas se marier ?

J'en suis sûre, ma douce. Tatie-Biscuit est amoureuse de Varden, et Guccio n'est pas amoureux d'elle donc ils ne peuvent pas se marier.

Ah... L'enfant replongea dans ses réflexions en installant un bouquet de sa composition aux pieds de Bynarr. Mais Alejandro n'était pas amoureux de Cocotine quand ils se sont mariés...

C'était ... différent, ma douce, répondit tant bien que mal une Ermi bien coincée. Disons... Qu'Alejandro était amoureux de Cocotine mais qu'il ne le savait pas encore. C'est une histoire de grandes personnes, c'est très compliqué à comprendre, tu sais. De fait, la rouquine se voyait bien dans l'incapacité d'expliquer la notion de "mariage arrangé plus ou moins forcé" à sa fille.

Bon, tant pis pour Tatie-Biscuit, alors. Vanyelle leva la tête et regarda sa mère dans les yeux. Et pourquoi tu ne te marierais pas avec Guccio ?

Pa... pardon ? coassa péniblement la diaconesse, manquant de peu de laisser tomber la dernière poterie qu'elle avait à mettre en place.

Ca serait bien, non ? On pourrait voir Tonton-Fraindise plus souvent, et puis je pourrai tout le temps aller jouer dans sa boutique, non ? Et puis ça ferait un nouveau mariage. J'aime bien les mariages, moi. Et puis tu aurais aussi une jolie robe de princesse. Tu crois que celle de Tatie-Biscuit sera aussi belle que celle de Cocotine ou que celle de Zaza ?

Laisser la petite s'éloigner du sujet fâcheux qu'était le mariage en général et son éventuel remariage en particulier semblait la chose la plus sage à faire. Aussi Ermi fit-elle mine d'écouter gravement tout ce que la petite pouvait lui dire en matière de mode. Visiblement, le seul mariage auquel elle avait assisté, là-bas en Espagne, l'avait profondément marqué. Peut-être les choses auraient-elles été moins gênantes si la mariée n'avait pas eu des moeurs plus légères qu'une plume et le marié énormément de choses à se faire pardonner auprès de la demoiselle et auprès de Zaza, tenancière l'établissement clos où les futurs époux avaient fait connaissance grâce à son intermédiaire...

En parlant de robe, ma douce, Guccio t'en a apporté une splendide pour être encore plus belle demain, glissa Ermelina, discrètement et fourbeusement dans la conversation. Quand nous aurons fini ici, je te la montrerai. Et si nous allions nous occuper des cierges, maintenant ?

La petite opina du bonnet avec énergie et courut dans la sacristie, histoire d'accélérer un peu le mouvement. La rouquine hâta le pas et jeta un coup d'oeil en direction de Guccio. Le Florentin avait terminé de son côté. Le voyant ainsi les bras ballants, la diaconesse ne put résister à la tentation de lui trouver un peu d'occupation. A la demande de Vanyelle, elle confia une belle provision de bougies à l'enfant et l'envoya en direction du choeur. Prenant la boîte de chandelles, elle se dirigea tranquillement vers le marchand. Elle n'eut pas besoin de formuler quelque demande que ce soit : comme toujours, un grand regard plein d'innocence et un grand sourire suffirent à faire comprendre à Guccio ce qu'on attendait de lui.

Sans attendre la réaction du principal intéressé Ermi se dirigea vers la pile de tentures et entreprit de les suspendre. Naturellement, lorsqu'elle se trouva à pied d'oeuvre, elle ne put faire autre chose que contempler dans une contre-plongée parfaite les crochets métalliques plantés dans la pierre loin, très loin au-dessus de sa tête. Certaines mauvaises langues auraient pu dire que de toute façon, n'importe quel objet situé à plus de six pieds de hauteur était définitivement hors de portée de la rouquine, et ils n'auraient pas eu tort. Comme l'endroit n'était pas propice aux élans verbaux fortement colorés, Ermelina se contenta de grommeler un vague "pourquoi faut-il toujours qu'ils conçoivent tout pour des girafes ???", s'en alla récupérer le tabouret qui avait soutenu vaillament son séant peu de temps auparavant et se mit enfin à l'ouvrage. Alors qu'elle gesticulait de son mieux pour mettre en place le premier panneau, un constat s'imposa : l'idée consistant à parer l'église était bonne en théorie, mais en théorie seulement. Il ne fallait pas être doté d'un instinct particulièrement développer pour se douter de la galère dans laquelle la rouquine s'était encore embarquée. Complètement absorbée par sa tâche, elle n'entendit même pas Guccio rappeler avec tact qu'il mourrait de faim. Au lieu de réitérer sa demande, qui lui aurait permis d'accéder directement au panier, le vaillant Florentin préféra prendre la place de la rouquine et installer efficacement les tentures. Lorsque la dernière tapisserie fut en place, Ermelina passa une main lasse sur ses yeux. Ils avaient presque terminé, ce qui n'était pas dommage compte tenu de la chaleur de cette mi-juillet et des efforts fournis en continu depuis le point du jour.


Guccio, merci du fond du coeur, mon ami... Sans toi, il est certain que nous n'aurions pas terminé dans les temps, il aurait sans doute fallu y passer la soirée. Je vais ranger la sacristie pour que tout soit fin prêt pour demain. Euuuuuuuuh... La rouquine marqua un temps d'arrêt et croisa les doigts. Pendant ce temps, pourrais-tu passer prendre le poêle que j'ai commandé chez le tisserand, s'il te plait ?

Le Florentin était vraiment d'une excellente composition : sans rien dire, il quitta l'église pour accomplir la dernière quête du jour. Ermelina et Vanyelle, elles, purent contempler un moment l'église. Les rayons du soleil couchant, colorés par les vitraux, embrasaient la nef et donnaient comme un souffle de vie à la statuaire locale. Mais l'heure n'était plus à la contemplation. Rassemblant conjointement leur courage et leur énergie, les deux Lioncourt firent place nette dans ce qui fut leur quartier général pour la journée.

Enfin terminé ! s'exclama Ermelina dans un authentique cri du coeur. Et si nous allions attendre Guccio dehors, ma douce ? Nous pourrions lui improviser un petit encas avec nos provisions, que t'en semble ?

L'enfant hocha la tête pour marquer son approbation. Ermelina l'observa avec attention et sourit : le marchand de sable ne mettrait pas longtemps à passer ce soir... C'est en souriant toujours que mère et fille s'installèrent sur les marches. Lorsque Guccio revint, un échange stratégique s'opéra : le panier à provisions finit entre les mains du Florentin alors que la rouquine s'emparait du poêle. Alors que le jeune homme se jetait sur la nourriture, Ermelina rentra une dernière fois dans l'église et alla ranger l'étoffe. Lorsqu'elle retrouva son petit monde, réglait son compte à une belle pomme. La diaconesse s'installa à côté de lui, faisant la conversation pour lui laisser le temps de se sustenter. Enfin, quand le contenu du panier ne fut plus qu'un lointain souvenir, les trois Chauriens se levèrent. Guccio soulagea Ermi de sa commande et la diaconesse prit sa fille qui s'endormait dans ses bras. En compagnie de Guccio, elle prit le chemin de l'auberge qui allait aussi devenir celle de son ami le temps d'une nuitée. Il était plus que temps de se glisser au fond d'un lit douillet : la journée du lendemain allait être riche en activités et en émotions, il faudrait être en forme pour tout affronter.


Dernière édition par Aymeric le 2009-07-23, 14:10, édité 1 fois

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Re: Le mariage juillet 1457 à Mauléon

Message  Aymeric le 2009-07-23, 14:05

Ermelina a écrit:Mrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrooooooooooooooooouuuuuu.

Silence.

Mrrrrrrrrrrrraaaaaaaaaaaaaaaaaoooooooooooooooowwwwwwwwwww.

Soupir.

MRRRRRRRRRRRAAAAAAAAAAAOOOOOOOOOOOOWWWWWWWWWWW !

Qu'est-ce que tu veux, monsieur chat ? Fais vite, je suis pressée.

Le félin noir et blanc au pelage soyeux sauta du muret où il lézardait et vint se frotter avec délectation contre les jambes d'une Ermelina, qui ne put contempler la scène qu'en haussant un sourcil révélateur de la perplexité qui était la sienne. La jeune femme venait de déposer sa fille Vanyelle chez Vanyel, tant pour les laisser à leurs préparatifs pour le mariage que pour avoir l'esprit libre pour les siens ; elle avançait dans les ruelles ensoleillées de Mauléon et s'apprêtait à se rendre à l'église, un panier au bras, lorsque le lion miniature vint à sa rencontre en braillant comme un perdu.

Si c'est une tentative de brigandage, c'est, n'ayons pas peur des mots, franchement raté. Je n'ai rien de mangeable sur moi. La rouquine lança un coup d'oeil critique à l'animal. D'ailleurs, le moins que l'on puisse dire c'est que tu es loin d'être sous-alimenté... Rends-toi utile, va donc chasser des souris si tu as besoin d'un dessert.

Le chat regarda la petite diaconesse, lui adressa une oeillade charmeuse et se frotta à nouveau contre ses jambes.

Désolée, ça ne prend pas avec moi... Ermi poussa un profond soupir et leva les yeux au ciel, pour le prendre à témoin de la situation.

Et voilà que je me mets à discuter avec un chat... Décidément, rien ne me sera épargné, hein ? Elle secoua vivement la tête de droite à gauche, pour se remettre les idées en place puis gratouilla le crâne de l'animal et reprit sa marche. Malheureusement, le félin ne semblait pas enclin à en rester là : en créature diabolique mécontente de ne pas avoir perçu la taxe qu'elle pensait lui revenir de droit divin ou en bon vassal de Murphy, le chat avait décidé de passer pile devant la rouquine, commettant ainsi un croque en jambe en bonne et due forme et manquant de très peu de la faire trébucher et s'étaler de tout son long. Ce fut donc l'occasion parfaite pour Ermi de vérifier l'étendue de son champ lexical dans la section "insultes diverses et variées à adresser à un félin ermicide" et c'est pestant et tempêtant qu'elle arriva devant la porte de l'église. Elle était la première, chose on ne peut plus normal compte tenu de l'heure : elle aurait donc tout le temps du monde pour apprêter l'église et son impériale carcasse. D'un pas décidé, elle pénétra dans la demeure du Très-Haut, fit une génuflexion en direction du maître-autel et emprunta le bas-côté gauche pour se rendre à la sacristie. L'air était encore chargé des odeurs de cire : la constatation fit doucement sourire la rouquine lorsqu'elle poussa la porte de la petite pièce.

Délicatement, elle posa son panier au pied du lutrin qui se tenait près de la fenêtre puis posa les mains sur ses hanches, le regard perdu dans le lointain. Comme toujours, la même question revenait : fallait-il se changer de suite ou accomplir les tâches les plus salissantes en premier et revêtir la tenue sacerdotale ensuite ? Prenant judicieusement en compte la nette tendance du jour à la catastrophe, la rouquine valida le choix de ses petites cellules grises et décida d'oeuvrer le plus longuement possible dans sa tenue civile. C'est donc ainsi qu'elle prit sur une étagère poussiéreuse le registre de l'église, qu'elle le posa sur le lutrin et l'ouvrit, cherchant la première page vierge. Dans la foulée, elle posa sur une table voisine plumes fraîchement taillées et encrier et se lança dans la rédaction de l'acte qui officialiserait le mariage de Vanyel et Varden : une fois satisfaite du résultat, elle prit soin de refermer correctement l'encrier et laissa son nécessaire d'écriture en place, prêt à l'emploi.

Vint ensuite le moment tant attendu des fouilles archéologiques : toujours pleine d'entrain, la petite diaconesse poussa le couvercle du lourd coffre de bois qui contenait la plupart des objets liturgiques. Après en avoir extirpé l'encensoir, elle se mit logiquement en quête de l'encens : c'est naturellement dans le dernier coin du meuble qu'elle finit par le dénicher. Elle se releva triomphalement et alla déposer son butin sur la table, en prenant garde de ne rien écraser sur son passage. Un duel féroce commença alors, opposant diaconesse et encensoir. En dépit d'un début prometteur et d'une résistance acharnée, l'encensoir fut obligé de déclarer forfait au bout une poignée de minutes qui avaient paru des heures à son adversaire. Adressant un regard narquois à l'objet terrassé, Ermi reposa le reposa avant de passer à l'étape suivante. Distraitement, elle se rendit dans le choeur, prit le cierge qui brûlait à côté du maître-autel et commença à allumer ses congénères que Guccio et elle avaient mis en place la veille sous le regard bienveillant des saints de pierre.

Lorsque l'opération fut menée à bien, la rouquine regarda autour d'elle avec satisfaction. Il ne restait plus que des points de détails, somme toute, à peaufiner. Elle en avait fini avec ce qu'elle considérait comme des ouvrages peu réjouissant et pouvait enfin passer à des activités qui, à défaut d'être plus ludiques, convenaient bien plus à son âme de croyante. Elle reprit donc le chemin de la sacristie (à présent, elle aurait pu s'y rendre les yeux fermés) et commença par se changer : les vêtements "civils" furent pliés, rangés dans le panier et troqués contre la robe de brocard mordoré aux motifs floraux stylisés que le jeune Tolomei lui avait livré la veille. Elle poursuivit sa métamorphose en se lançant dans un grand numéro de domptage. Armée de son seul peigne en ivoire, ultime vestige d'un séjour mouvementé en Espagne, Ermi commença par démêler sa crinière rousse puis opta pour une coiffure simple et surtout fonctionnelle. Des torsades où se mêlaient des rubans de soie noire naquirent et vinrent cascader dans son dos, la libérant, du moins théoriquement, de l'intervention inopinée en pleine cérémonie d'une mèche rebelle. Pour finir, la jeune femme prit son étole, la déplia presque avec tendresse et s'en ceignit. Elle était enfin présentable et prête à prendre du service.

Tout en fredonnant un cantique, la rouquine s'empara d'une pile d'étoffes et se dirigeait vers le choeur. Arrivée derrière le maître-autel, elle commença par poser son fardeau puis ôta de la table tout ce qui s'y trouvait. Ensuite, d'un geste sûr, elle drapa le plateau de pierre puis installa le plus harmonieusement possible le cierge, les deux bouquets de fleurs et le poêle. Un nouveau saut dans la sacristie lui permit de plonger dans son panier et d'y récupérer son grimoire et son Livre des Vertus qu'elle alla déposer ouverts aux bonnes pages au centre névralgique des opérations à venir. Un ultime passage dans la sacristie et Ermelina se saisit de l'encensoir qu'elle redoutait tant. Après une nouvelle bataille pendant laquelle les noms d'oiseaux fusèrent quelque peu, c'est une Ermi rayonnante qui parcourut la nef, la cassolette enfin fumante à la main : elle fit une station devant chaque statue de saint, les encensant avec tout le respect dont elle était capable et en profita pour leur adresser au passage une petite prière, histoire de s'assurer de leur concours bienveillant. Arrivant devant l'effigie de Bynarr, la diaconesse fut fortement tentée par un snobbage pur et simple, dans toutes les règles de l'art, compte tenu du différend qui les opposait depuis la veille. Malheureusement (ou heureusement, allez savoir), la rouquine était dotée en plus de son fichu caractère d'une conscience professionnelle quasi psycho-rigide : c'est ainsi que la diaconesse SDF finit par balancer son instrument sous le nez du saint, achevant par là même d'enfumer l'église. Rapidement, elle retourna près l'autel et y déposa son petit matériel.

Un profond soupir de satisfaction souleva la poitrine de la jeune femme. Tout était enfin prêt. Il ne restait plus qu'à attendre. Et tant qu'à faire, Ermi avait l'intention de le faire intelligemment (ou du moins le plus intelligemment possible, ce qui était déjà bien assez ambitieux). Elle prit le temps de relire les quelques pages de son grimoire consacrées au mariage puis alla dans la chapelle. La sérénité de l'endroit la ravit, comme de juste et c'est sans se faire prier qu'elle médita un moment. Enfin, la cloche de l'église daigna bien égrener le quart précédent vêpres. Vanyel et Varden seraient là dans les minutes à venir. Lorsque vêpres sonneraient, la cérémonie pourrait commencer. Ayant opté, en accord avec les tourtereaux, pour une cérémonie typique de son Hainaut natal, la petite diaconesse se leva et alla s'adosser contre le pilier massif du narthex pour monter la garde : personne ne devait entrer dans l'église avant l'heure, c'était la tradition. Elle sortirait et irait chercher les fiancés, leurs invités et tous les fidèles qui voudraient se joindre à eux quand elle les entendrait, de l'autre côté du battant de chêne. Pour l'heure, il n'y avait rien de plus à faire que de profiter de ce calme avant la tempête. Et prier très fort pour que tout se passe bien, naturellement...


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Re: Le mariage juillet 1457 à Mauléon

Message  Aymeric le 2009-07-23, 14:06

Vanyel a écrit:Finalement ce jour était arrivé. Il parait que dans quelques heures elle serait mariée, elle préférait pour l'instant ne pas y penser, reculer ce moment, le faire traîner et languir encore et encore, bien que les secondes qui passent l'en rapprochaient délicieusement.

Les jours précédents disparaissaient dans un vague brouillard d'activités. Discussions avec Ermi pour la cérémonie à l'église, aller rejoindre Nuit à Tarbes et revenir à Mauléon, écrire nombre de courriers pour annoncer le mariage à venir. Passer du temps à s'occuper les mains en cuisine à faire des biscuits et planifier l'approvisionnement du banquet qui devrait avoir lieu dans le jardin de la demeure. Heureusement qu'Azurely lui avait d'elle-même proposé de faire sa robe, sinon elle s'y serait probablement prise à la dernière minute, vu sa passion pour les jupons, mais elle ne pouvait décemment pas ne pas avoir une robe pour l'occasion.

La veille, elles avaient passées un temps indécent à mariner dans un bain avec Nuit, à papoter, faire leur toilette, se démêler les cheveux. Alors qu’elles étaient attablées devant une tisane calmante – il fallait bien ça pour les nerfs de Vanyel – du bruit au dehors les avaient fait sortir, en prenant garde de ne pas croiser Varden – quand même bizarre cette idée comme quoi la veille et avant d’arriver à l’église le jour même futur marié et future mariée ne devait pas se voir. Russo arrivait en compagnie d’Aymeric.. qui avait le bras en écharpe ! Fichtre… pour quoi c’était-il pris cette fois-ci ? Ourson il l’avait déjà fait, oiseau aussi… castor et donc il avait eu droit à un tour gratuit en couillard en guise de projectile ? Ils avaient discuté un peu, mais pas trop, la route ayant prélevé sa dîme sur eux, et puis il fallait qu’ils soient en forme pour le lendemain, aussi ne tardèrent-ils pas trop à aller se coucher… il serait temps ensuite de se raconter leur vie.

De façon pas vraiment si étrange que cela, elle avait eu un mal fou à trouver le sommeil. Elle pensait et repensait à ce qu'il fallait pour que tout se déroule bien, est-ce qu'il y avait des oublis? et tout serait-il en place ? est-ce que les invités auront fait bonne route? Varden était-il lui aussi aussi fébrile qu'elle? Ça lui faisait bizarre de ne pas l'avoir à ses côtés, juste derrière Salamandra, mais pas la veille de noces, serment ou pas...

Quand l'aube commença à poindre et les oiseaux à chanter à tue-tête, elle se leva. La première chose qu'elle fit: regarder au dehors. Elle retint un petit soupir de soulagement en constatant que le ciel était clair et que la journée s'annonçait belle. Elle fit ensuite un vague effort pour petit-déjeuner qui se réduisit en fait à un sirotage d'infusion vu qu'elle avait l'estomac trop noué pour avaler quelque chose.

Tout en se préparant, elle et Nuit devisaient, reparlaient de tout et rien, du passé un peu, du futur proche et moins proche. Ses cheveux furent peignés mais laissés libres et entourés d'une couronne de fleur. Elle avait souri quand Azurely lui avait demandé si elle préférait une couronne comtale. Non, cette chose trop lourde qui donne mal au crâne était rangée dans un placard, les fleurs étaient bien plus agréables et fraîches qu'un bout de métal. Quelque chose de bleu ... ça irait avec sa robe, il y avait ce qu'il fallait. Quelque chose de neuf ... les boucles d'oreille en forme de plume qu'elle avait demandées... quelque chose de vieux.. elle avait l'anneau d'Ermi qu'elle avait passé à son majeur gauche... quelque chose d'emprunté ... pas l'anneau d'Ermi puisqu'il parait qu'un même objet ne peut pas faire 2 en 1.. Elle attendait Russo, elle lui avait fait part de la chose et un sourire se dessinait sur ses lèvres à la pensée de ce qu'elle avait le droit d'emprunter et à la tête que pourrait faire Varden en la voyant ensuite.

Après avoir passé leur robe, s'être coiffées, Vanyel descendit faire un tour en cuisine, en regardant à chaque recoin de la maison qu'elle ne croisait pas Varden, il ne le fallait pas avant de le voir devant l'église. Elle prit garde en passant à côté des tables qui se chargeaient des mets qui seraient ensuite servis au banquet, s'assura que la réserve de tonneaux pourrait être roulée à temps vers les tables au dehors. Pitêtre qu'elle avait envoyé un mot dans ses domaines pour en faire rapporter quelques uns en plus de ceux dont Varden disposait dans ses caves.

Elle retrouva Nuit ensuite. Elle ne cessait de jeter des regards dans la cour pour voir si elles arrivaient. Elle ouvrit la fenêtre en grand en voyant arriver Vanyelle et Ermi et leur fit de grand signe. Elle les rejoint et échangea quelques mots avec la diaconesse qui s'en alla ensuite finir de préparer l'église tandis que la puce restait en sa compagnie... Elle se retrouva non pas à jouer à la poupée avec Nuit... mais pas loin. Vanyelle devant être petite demoiselle d'honneur, elle eut droit elle aussi à toute la panoplie de brosse à cheveux et rubans pour accompagner sa robe, la future mariée et son témoin s'en donnant à cœur joie dans la bonne humeur.

Le temps s'écoulait, trop vite ou pas assez vite, selon... Russo et Aymeric les rejoignirent, un peu reposé de leur voyage. Elle leur présenta Vanyelle, qui tentait de se cacher derrière sa robe. Très fière d'elle, elle accepta la peau d'ours albinos de Russo pour le temps du mariage .. quelque chose d'emprunté, et pas n'importe quoi! Se retrouver entre amis et famille la calmait quelque peu...ils parlèrent un peu, elle leur offrit une petite collation - de biscuits principalement cela va sans dire et quand même quelques tartines de pâté - puis quand il fut temps de se mettre en route, elle fut un instant prise de panique mais non, Nuit avait bien l'anneau destiné à Varden, ainsi que les pièces d'argent. C'est étrange comme elle avait tant attendu ce moment et comme maintenant qu'il était à portée de main, elle essayait de le retarder.

Ils sortirent tous d'un côté de la demeure. Eux partaient sur la droite, pour éviter de croiser Varden qui lui emprunterait le chemin partant vers la gauche. Elle tenait la main de Vanyelle à droite et celle d’Aymeric à gauche. Normalement, elle aurait dû se promener à dos de Félicien... ça c'était la théorie. En pratique, elle avait décidé de marcher parce que c'était plus conviviale et plus pratique pour discuter en chemin que si elle avait été sur son cheval. Ils parcouraient les rues du village, en joyeuse troupe, annonçaient à ceux qu'ils croisaient que s'ils le souhaitaient ils étaient conviés à l'église où ils se dirigeaient pour le mariage, et si l'envie leur prenait au banquet qui aurait lieu ensuite.

C'est ainsi que Vanyel arriva devant le parvis de l'église de Mauléon pour ses noces, en robe de collection "Pearl Azurely" réhaussée d'un manteau d'été en peau d'ours blanc albinos - et non polaire, sinon ça aurait été un manteau d'hiver.



Crevette déguisée en ours? Peut-être. Elle savait qu'Ermi était derrière les portes de chêne pour l'instant closes de l'église, elle l'attendait lui. Il n'était pas encore là et comme il se doit, ses pensées dérivèrent un chouilla à cause de l'anxiété ... ce n'était pas possible qu'il se soit perdu en route, ils étaient à Mauléon et il est bien connu que tous les chemins du village mènent à Rome.. enfin l'église, bref le centre religieux donc. Il n'avait pas non plus pu se faire attaquer en chemin non? pas ce jour. Impossible qu'on l'ait appelé d'urgence à la chancellerie, même lui devait bien avoir droit de ne rien y faire le jour de son mariage... Peut-être qu'il n'avait pas réussi à dormir et que forcément, Murphy aidant, il s'était assoupi rompu par la fatigue ce qui immanquablement allait le retarder... et ça trottait et ça trottait ainsi dans la tête de Vanyel....


Dernière édition par Aymeric le 2009-07-23, 14:11, édité 1 fois

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Re: Le mariage juillet 1457 à Mauléon

Message  Aymeric le 2009-07-23, 14:06

Varden a écrit:Il n'était pas mort, pas perdu, pas absent, pas loin d'être en panique ... Où était donc le costume que lui avait fait Azurely ! Il était certain de l'avoir rangé en ce placard là ! Regard circulaire pour évaluer la pièce ... Rien ... Il ne pouvait pas venir habiller comme à l'accoutumée pour son propre mariage tout de même !

Une goutte se sueur roula sur son front puis passant la porte de sa chambre, il jeta un coup d'oeil pour tenter d'apercevoir si Vanyel était dans sa zone visuelle ... Oui, oui, oui, il n'était pas sensé la voir avant la cérémonie mais il était tellement curieux qu'il ne pouvait s'empêcher d'essayer de créer le fortuit ... Elle n'avait plus l'air là ... Enfin pas dans cette zone de la maison ... Il balaya du regard le palier et chercha celui qui avait raison à tout ... Ne le trouvant pas, Varden opta pour une solution radicale ...


AAAASSSTTTIIIMMM !!!

A droite ? A gauche ? Ah oui tiens là bas au bout du couloir, il accourait ...

Il était déjà prêt ... Magnifique dans sa nouvelle tenue ... Sourire satisfait du jeune Comte à l'encontre de son page ...


Merveilleux Astim ... Merveilleux ...

Bien ! Je cherche mon costume de mariage, sais tu où il a été déplacé ?


Regard étonné d'Astim sur son maître.

Non ...

Ou quand un monde s'effondre immanquablement devant la dure et triste réalité ...

Vanyel, elle, saurait sans doute mais immanquablement, il ne pouvait aller lui demander cette information ... Ainsi donc, il devrait s'en sortir seul ! Retour dans sa chambre, suivi d'Astim, quelque peu perplexe ...


Vous n'avez pas pu le perdre tout de même ...

Regard désespéré du Chancelier ...

Pas perdu ... Simplement égaré temporairement ...

Regard qui se lève vers le plafond du page décidément bien en verve ...

Ah oui ... Quelle nuance ...

Regard foudroyant !!!

Il me faut ce costume pour me rendre à l'Eglise ... Va ! Cherche Tristan et demande lui s'il ne sait pas où il pourrait être ...

Tourner en rond, faire les cent pas, réfléchir, réfléchir, réfléchir, réfléchir ... *Gniiiiiii* Pourquoi cela n'arrivait il qu'à lui ? Et justement ce jour !!!

Des éclats de voix, des bruits en bas de la maisonnée lui firent comprendre que les invités arrivaient pour accompagner les futurs mariés ...

Il était en retard ... Le jeune Marcelon lui fut amené à reculons ... L'antipathie du gosse pour tout ce qui était homme, en l'occurence Varden et Astim ici n'avait pas baissé d'un pouce et c'est la mine renfrogné qu'il se retrouva dans la chambre du Comte ...


As tu vu mon costume, Tristan ?

Déni de la tête et regard vers le sol ... D'un sourire entendu avec Astim, Varden poursuivit pourtant, haussant les épaules de dépit ...

Moi je m'en moque ... Mais Vanyel risque d'être terriblement triste de ne pas me voir arrivé en costume ... La peine qui lui sera causé par celui qui m'a pris ce costume sera sans commune mesure, je le crains ...

Astim hocha positivement de la tête aux propos de Varden ...

C'est une certitude !

Les larmes aux yeux, le jeune Tristan releva la tête et regarda tour à tour les deux hommes ...

Nooon ! Je ne veux pas que Dame Vanyel, elle soit triste ! Et dans un bougonnement murmuré ... Il est dans ma chambre ...

Pas le temps ni l'envie de faire des reproches à Tristan que Varden s'élance vers sa chambre ...

Il fallait faire vite, sinon il serait terriblement en retard ...

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Re: Le mariage juillet 1457 à Mauléon

Message  Aymeric le 2009-07-23, 14:32

Maxime_ a écrit:Tadam !! Il l'avait enfin ! Son beau costume, spécial mariage. Et puis, ce n'était pas pour n'importe quel mariage. C'était pour THE mariage, the teuf of the year ! Il fallait être impeccable. Cependant, quand il arriva chez lui, dans son hotel cinq étoile, qui était aussi la demeure de Varden, il trouva quelque chose d'assez... Spécial. « Kakine, sale crotte d'écureuil mal baisé ! » En effet, Kakine, la chienne bouldog, qu'il avait depuis tout petit, venait de faire la fiesta avant l'heure sur le lit en plume d'oies blanches. Rha mortecouille, quelle poisse ! Il poussa un énorme cri, surpuissant, qui raisonna dans toute la maison, pour appeler son valet. Il attendit, les poings sur les hanches, regardant sa chienne. Celle là, quelle sale petite garce ! Puis son Valet arriva, tout essoufflé. « On peut savoir où t'étais? Dit il d'un ton menaçant. Toujours en train de courir les poulettes... Parfois, je me dit que tu ferais mieux d'être homo, au moins, ça éviterait les ennuis... Mais c'est bien, je suis fier de toi » Finit-il en souriant. En même temps, tel maitre tel valet... Ouais bon ça sonne moins bien que tel père tel fils, mais c'est déjà bien d'avoir eu la créativité assez étoffée pour avoir trouvé ça. Bref... Il posa soigneusement son costume et fit sortir Kakine à coup de coup de pied dans le derrière. En plus, elle se mit à le regarde méchamment. Prit d'une soudaine haine, il prit sa botte et lui balança, fermant la porte en la claquant.

Il se mit à enlever soigneusement ses précieux habits qui coutent les yeux de la tête, les déposa sur une chaise, en hauteur à cause de Kakine, et se rendit compte qu'il était nu. Souriant tout seul, il enfila son costume de Chickenpoulet. Il était tellement content qu'il aurait presque eu envi de se faire une petite partie de plaisir solitaire, si vous voyez ce que ej veux dire. Mais bon, comme il ne s'appelle pas Bill Clinton, il ne fallait pas qu'il sorte avec un costume tout taché, ce ne serait pas convenable. Une fois prêt, il se munit de son cadeau particulièrement... jouissif et le tendit à son valet qui venait d'entrer. Puis il sortit de la chambre et se dirigea vers le village. Il avait été obligé de prendre un bâton, car il ne savait pourquoi, mais tous les chiens du village lui courraient après. Une fois arrivé au village, il prit la grande rue qui menait à l'église. Enfin il apercevait la splendeur, la beauté, l'élégance de sa tante, et le charme, la classe de son futur oncle. S'approchant avec un grand sourire, il s'avança vers eux et fit une révérence.

« Mes hommages, messieurs dames ! »

[hrp]COSTUME[/hrp]

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Re: Le mariage juillet 1457 à Mauléon

Message  Aymeric le 2009-07-23, 14:32

Russocarine a écrit:Finalement après quatre jours de route, Russo et Aymeric, le page de son époux et filleul de la mariée étaient arrivés à Mauléon. La route s'était faite sans encombres, pas de brigands, pas de pluie, pas d'erreurs d'orientation, pas de cheval échappé. Le petit page avait gardé bonne contenance malgré son bras en écharpe, souvenir d'une partie de chasse à l'ours, et Russo avait du s'occuper seule du campement pour les deux nuits qu'ils avaient passé dehors.
Elle avait demandé son chemin en ville pour rejoindre la demeure de Varden ou de Vanyel, enfin, bientôt des deux, et avait passé la soirée avec la future mariée, qui avait honteusement profité de la circonstance pour lui emprunter son dernier trophée. Mais il y a des choses qu'on ne refuse pas, et puis prêter sa hache à casser les portes de mairie ou son bouclier en peau de hérisson risquait de ne pas trop aller avec la robe de circonstances. Russo avait même fait l'effort de ne pas évoquer la question du menu du lendemain et de la présence ou non de fromages de vaches. C'est donc épuisée qu'elle alla se coucher, rangeant précieusement un étrange paquet dans sa chambre.

Le lendemain, après s'être décrassée de la poussière du voyage, et espérant qu'Aymeric en avait fait autant et ne sentait plus le poney, elle enfila sa robe de cérémonie qu'elle avait fait agrémenter de broderies de vignes, passa sa traditionelle peau d'ours sur les épaules, et descendit à l'office sa peau d'ours blanc sur le bras.



Oui oui, deux peaux d'ours, vu que la deuxième, neuve, brillante, fraichement cueillie sur la bête, était empruntée par la mariée.
Quelques tartines de pâté englouties avec une poignée de délicieux biscuits, et elle était prête à accompagner Vanyel à l'église. Ce qu'elle fit, souriant à la pensée du nombre de fois où la crevette avait juré de ne pas vouloir se marier, le nombre de fois où elles avaient inventé des épreuves terribles pour les prétendants téméraires, épreuves que Varden avait d'ailleurs étrangement réussi à esquiver.
Donc voilà... devant l'église, elle attendait elle aussi de voir LE marié.

Froncement de sourcils en voyant arriver un pouletoun... L'enterrement de vie de garçon avait il laissé des traces, ou était ce un signe avant coureur du menu à venir ?

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Re: Le mariage juillet 1457 à Mauléon

Message  Aymeric le 2009-07-23, 14:33

--Vanyelle a écrit:

Mère m'avait dit que tatie Biscuit allait se marier. Elles avaient passé plein de temps à discuter, toujours de noces, de cérémonie, de témoins, d'église. Moi j'écoutais avec plus ou moins d'attention. Parfois j'essayais de retenir les détails, parce que moi j'avais dans l'idée de faire un mariage pour Carmenchita, ma poupée le méritait bien il me semblait. Mais des fois, perdue dans ma cérémonie où je m'imaginais mariant mon amie de chiffon j'en oubliais de prêter une oreille à leurs propos. J'avais aidé mère à préparer l'église, même si ce n'est pas très facile avec mes petites mains, mais j'ai essayé.
Et puis le matin du mariage, mère m'avait dit que je serai demoiselle d'honneur. J'ouvrais de grands yeux à ses mots. Ça semblait chouette... sauf que je ne savais pas vraiment en quoi ça consistait en fait, mais sur le moment, cela n'avait guère d importance. En fin de matinée, elle m'amena là où tatie était et me laissa à sa garde tandis qu'elle partait finir les préparatifs dans l'église qu'elle avait dit.
J'observais tatie en robe. Moi je trouvais que ça lui allait bien... et puis elle m'entraîna avec une copine témoin à elle.


Ma puce, on va te mettre une robe spéciale aujourd'hui, parce que c'est un jour particulier, et ensuite on te coiffera, on fera attention de ne pas te tirer les cheveux.

Oh oui, je veux une robe comme toi! et puis promis, je ne dirai rien si ça tire un peu.. enfin j'essaierai.

Tatie et sa copine semblaient contentes, et elles discutaient et moi je tâchais de me tenir sage. Quand enfin je fus prête, elles me mirent devant un psyché et je portais la main à mes couettes. La petite fille dans le miroir fit de même.. c'était bien moi. Je me jetais dans les jupes de tatie en riant puis tournoyait à côté d'elle, ce qui la fit rire elle et son amie.
Puis des inconnus arrivèrent. Au début, j'étais un peu timide, mais après le naturel repris le dessus. J'aimais bien l'ambiance de ce jour, tout le monde avait l'air content. Et puis on finit par partir rejoindre mère à l'église.

Et une fois là-bas depuis peu... un poulet arriva ... je tirais doucement sur la robe de tatie biscuit, pas très sûre de ce que je voyais


Tatie.. dis tu as invité un poulet géant ?

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Re: Le mariage juillet 1457 à Mauléon

Message  Aymeric le 2009-07-23, 14:33

Trolkabu a écrit:Pas d'embûche, pas de maux. Quoi qu'une bonne moutarde aurait pu accompagner gracieusement le groin de sanglier de la veille. Toujours est-il que la bête ou ce qu'il en reste, est allée rejoindre, sur la selle de la carne, le tonneau de sel d'un aubergiste sur le chemin. Selles justement délicates le lendemain, surtout monté sur canasson, où les bourses souffrent de leur surpoids causé par la vente de la belle pièce, trouvée par hasard sur sentier battu. C'est donc en bonne forme et humeur, malgré l'absence de sa petite famille, que courbatu TrolKabu arriva. Ville si particulière, au verger dont on ne trouve les couleurs qu'à Mauléon, et sans insectes qui plus est. Logique, ma foi. La foi ! Justement ce qui amenait Trol ici, ou presque. Non pas qu'elle déplace les Trol aussi bien que les montagnes, mais ceux qui y croyaient l'attiraient. S'aimant l'un et l'autre, il était temps, il leur fallait célébrer union qui, de mémoire de Trol, n'était jamais censé arriver. Il faut un début à tout, paraît-il. Et il devra venir aussi pour lui et sa compagne, bien que rien ne presse.

Le dos brisé, il prit place dans la première auberge venue à servir des festins, quitte à ce que ses intestins en souffrent autant que son dos. Il faut dire qu'à galoper ainsi sans trop de repos, fatigue autant la monture que le monteur, plus tout jeune et abîmé par le labeur passé. Il faut dire que l'âge altère bien des choses. Immunisé au vieillissement qu'est l'appétit de Trol, c'est francherepue qu'il escompte obtenir ce soir comme hier, se contentant d'un pain carré et doré délicieusement que sa douce lui avait préparé par jour pour le reste du voyage. Tout excité par la faim, il alla ôter sa tenue de tous les jours, pour revêtir celle des grands jours, ou du moins, celle pour les jours moins communs. Guilleret partit-il fouiner ça et là en cuisine et sur les étals fermants des marchands, prêtant autant l'oreille par trop indiscrète aux conversations, que l'odorat aux effluves alléchantes de fruits plus ou moins gâtés. Les yeux et la mémoire encore entiers, ou pratiquement, il put jouer des sourcils et esquisser sourire en apercevant des visages amicaux, ou reconnus.

L'heure approchant, ou peut-être même passée, il prit la direction de l'église, non sans se laisser détourner par son appétit, à chaque fenêtre ouverte, traçant un chemin plus que sinueux, jusqu'à arriver sur le parvis, se nourrissant alors de la joie incommensurable d'apercevoir enfin quelqu'un capable de le mettre d'une humeur follement joyeuse : un poulet géant ! Babines retroussées, nervosité contenue à en faire saigner les tempes, gestes convulsifs, il lui fallait attendre l'heure de festoyer, délicat. Se retournant un instant pour se préparer mentalement à subir cet attise-fringale, il reprit son pas, d'un calme apparent, souriant le plus naturellement du monde à ceux qu'il appréciait, plus une inconnue jeune fille, rappelant vaguement quelqu'un. Un salut laconique, comme à l'accoutumée, mais toujours chaleureux dans la voix et la façon. Un salut Trolien, en somme.

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Re: Le mariage juillet 1457 à Mauléon

Message  Aymeric le 2009-07-23, 14:34

Varden a écrit:S'habiller en vitesse ... Mais on voulait l'en empêcher ! Ah satanés domestiques ... Mais pourquoi les avaient ils ? Il serait en retard avec leurs manières ... Quoi ? Comment ça avoir un costume ne suffit pas, il faut qu'il soit proprement mis ? On lui avait dit que le mariage c'était des contraintes mais alors là c'était le bouquet ...

Se pliant de mauvaise grâce aux nécessités du jour, passablement énervé à l'idée de l'évènement à venir, Varden attendait ... Et il ne devait pas être le seul à vrai dire ... Une fois les formalités esthétiques finies, il descendit aussi vite que possible rejoindre l'Eglise ... Devant sa maison, il chercha du regard s'il voyait Klementein, Lara, Caro ou encore Dotch ... Il avait reçu une fort jolie lettre d'Aimelin, qu'il ferait lire à Vanyel, et qui ne pouvait malheureusement être là ...

Lily ... Pompo ... Disparues ...

Faster ? Retenu sans doute ... Quasi ? Quasi ... Elle aussi allait se marier ... Coïncidence ? Surprenant ...

Bref, il scruta du regard, puis se retourna, Astim, décontracté le sourire aux lèvres et Tristan, l'air renfrogné le suivaient ...

Sourire et regard vers le ciel ... Une bien belle journée ... Qu'il n'était pas prêt d'oublier ...

Fort heureusement qu'il n'était pas loin de l'Eglise, il y serait en quelques instants ...

D'un pas, s'y rendre donc et les rejoindre ... Tous leurs proches ... Mais surtout elle ... Pas évident d'être dénué d'émotions un jour de mariage ... Un jour de mariage voulu et tant espéré ...

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Re: Le mariage juillet 1457 à Mauléon

Message  Aymeric le 2009-07-23, 14:35

Aymeric_de_saunhac a écrit:- (Aymeric) : « NON ! Je ne veux pas prendre de bain ! Je ne suis pas sale d’abord ! »
- (Russo) : « Ne fais pas ta tête d’ourson Aymeric, tu sens le poney à plein nez ! Allez saute dans le bain ! »
- (Aymeric) : « Non non non non non ! Et non ! Puis d’abord elle est où Eliandre ? Je veux la voir moi ! Je ne me laverais pas avant de l’avoir vu !
- (Vanyel) : « Si tu tiens vraiment à ce que vos retrouvailles se fassent comme cela, ne t'étonne pas si elle fronce le nez en te voyant Aymeric. Allez l’oisillon, file prendre ton bain, je suis sûre qu'Eliandre préfèrera nettement te retrouver propre »


À contre cœur je rentrais dans le bain. Si j’avais espéré un instant pouvoir revoir dès mon arrivée Eliandre et partager avec elle les moindres moments, mes souhaits les plus chers s’étaient évanouis en quelques minutes. Priant pour qu’elle vienne seulement, le doute s’installait en moi. Et si père et mère avaient décidé de ne pas venir, Eliandre ne pourrait alors venir seule. Peut être voulaient-ils me laisser seul, m’abandonner ici, m’interdire de revoir Eliandre à chaque occasion, me laissant espérer pour ensuite anéantir tous mes espoirs. Seraient-ils seulement assez cruels ? Oui, pourquoi pas. Après tout ils n’avaient pas hésité à se séparer de moi. Fulminant, je lançais un coup de poing dans l’eau en en envoyant valser une quantité non négligeable en dehors du baquet.

Après m’être bien défoulé, non pas en me frottant énergiquement, bien au contraire, mais en râlant et en frappant cette eau qui ne m’avait d'ailleurs rien fait, je sortais en hâte pour m’éponger et m’habiller. Je ne pouvais pas désespérer dès à présent. Il restait de grandes chances qu’elle arrive. Il restait après tout encore plusieurs heures avant le début de la cérémonie. Enfilant des habits simples mais non négligés, je descendais au pas de course rejoindre tante Vanyel et Donà Russo. En chemin, une servante me prenant pour un domestique de la maisonnée me héla. Comprenant son erreur elle ne m’en détailla pas moins de haut en bas en affichant un regard sévère. Ma tenue semble t-il la titillait au plus haut point. Elle se garda toutefois de me faire la moindre remarque. Certes mes habits de pages n’étaient pas des plus appropriés pour un mariage malheureusement, je n’avais appris que tardivement l’évènement et n’avais aucunement eu le temps de me faire tailler un nouveau costume, la plupart étant restés à Montpelher.

En bas, Vanyel et Russo n’étaient plus seules, d’autres personnes inconnues pour moi se pressaient autour de ma tante. Une jeune fille qui se collait à elle notamment l’appelait tata biscuit. Jamais on ne m’avait dit que j’avais une cousine. Était-ce encore là un grand mystère de la famille ? Qu’importe, je me rapprochais prudemment des grandes personnes avant de sentir une pression sur ma main puis d'être emporté en avant. Vanyel m’avait pris la main pour que je marche à ses cotés jusqu’à l’église. Oubliant quelque peu mes tracas, j’affichais mon plus beau sourire en voyant pour la première fois tante Vanyel vêtue d’une majestueuse robe.

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Re: Le mariage juillet 1457 à Mauléon

Message  Aymeric le 2009-07-23, 14:35

Vanyel a écrit:Toujours en train de regarder qui pouvait bien passer, elle vit arriver .. euh.. on ne pouvait définitivement pas dire autre chose .. qu'un poulet, enfin quelqu'un habillé tout comme, étant donné la taille. Elle eut bien un très vague soupçon de l'identité de la personne.. que la voix confirma. Ça ne pouvait être que Maxime qui faisait une entrée théâtrale pour le moins. Elle sourit à la puce qui elle semblait un peu décontenancée, il faut dire que lorsqu'on ne connait pas le phénomène...

Ce n'est pas un poulet géant ma puce, c'est un garcon qui s'est déguisé. et de s'approcher du pseudo-volatile Coucou Maxime observation des plumes du costume tu as fait bon voyage j'espère. Dis ce sont des plumes d'Aldec froncement de sourcil hum, je retire ce que je viens de dire, lui c'est un canard non un poulet. Enfin tu n'as pas eu trop de mal à nous trouver on di...

Un autre homme venait d'arriver.. si elle avait su. Elle salua Trol, qui s'il avait un air aussi curieux que d'habitude, fut avare de paroles, peut-être était-il fatigué de la route.. ce n'était pas impossible, Castel n'était pas tout près. Bizarre sa facon de regarder Maxime.. certes c'était un estomac sur patte mais quand même ... Elle allait lui poser des questions quand... Un mouvement, quelqu'un sortant d'une rue menant à la place de l'église avec deux jeunes garçons sur ses talons... chevelure sombre....Varden était arrivé... il y avait beau y avoir du monde autour d'elle, il n'y avait aucun doute sur celui qui en un instant avait pris possession de son attention pleine et entière. Elle suivait ses mouvements du regard, observait ses traits avec un sourire rêveur, non qu'elle ne les connut pas, mais elle ne pouvait s'en empêcher. Elle finit par remarquer qu'elle retenait sa respiration et expira doucement. Ce faisant la réalité reprit ses droits sur ses sens et les chuchottis ambiants n'en furent qu'accrus à son oreille. L'air sec et chaud portait des senteurs de moissons mêlées de terre chauffée par le soleil. Il n'y avait pas de vent toutefois et se servir de son bouquet de fleurs comme éventail n'était pas une option. Il se rapprochait de l'église... plus que quelques mètres....
Elle se plongea pendant une infime éternité dans ses yeux sombres avant d'oser l'approcher et déposer un léger baiser sur sa joue.


Adiou Varden murmura-t-elle avant d'ajouter avec un air malicieux. Quel heureux hasard de te voir ici.

Elle n'eut pas le temps de parler plus, les portes de l'église s'ouvrirent pour laisser apparaitre Ermelina et l'appréhension la saisit à nouveau. Elle s'était tu, regardait son amie en se répétant mentalement "tout ira bien" pour brider les idées folles qui fleurissaient un peu trop dans son petit crâne accompagnés d'une série de "et si.."

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Re: Le mariage juillet 1457 à Mauléon

Message  Aymeric le 2009-07-23, 14:36

Ermelina a écrit:Qui n'a pas vu Cordoue n'a rien vu dans sa vie. L'Alcazar, la tour de Calahorra, la Grande Mosquée vous accueillent dans cette ville plus maure qu'ibère et vous invitent au voyage bien mieux que n'importe quel récit. Les ruelles qui serpentent entre les maisons blanches mènent le badaud de découverte en merveille. Heureux le voyageur qui, au fond d'un patio richement fleuri, est amené à goûter les délices du charbât au coeur de la torpeur de l'après-midi, savourant d'autant plus sa fraîcheur inattendue et les délectables parfums des fruits qui le composent. Pour découvrir les ruelles du marché, rien de plus simple : fermez les yeux et laissez-vous guider par les parfums des épices d'orient. C'est dans ce même marché que vous pourrez trouver en abondance guadamacile décliné sous toutes les formes possibles et étoffes précieuses. Pour les esprits les plus curieux, il faudra se détourner des artères commerçantes et se lancer à la recherche des ouvrages les plus rares qui firent de la ville l'un des phares culturels les plus importants des siècles précédents. Oui, vraiment, Cordoue avait tout du paradis terrestre, à en croire les récits de Zaza... Un paradis terrestre où Ermelina aurait bien aimé se trouver.

La jeune femme soupira et tenta de mettre un peu de suite dans ses idées. Peine perdue. Déjà, elle se trouvait déjà au coeur de la Sérénissime République... L'expression "voir Venise et mourir" avait toujours exercé un attrait tout particulier sur la rouquine. A en croire Guccio, la ville toute entière n'était que calme, luxe et volupté. Les maisons tenaient plus du palais que de la simple demeure. Les églises, bijoux d'architecture, étaient décorées par des toiles des plus grands maîtres, offrant à Dieu tout ce que l'homme savait faire de plus beau pour l'honnorer. A Venise, rien n'était impossible, rien n'était introuvable : il suffisait simplement de savoir vers quel campo aller, vers quel canal faire glisser sa gondole pour découvrir les richesse offertes par la Porte de l'Orient. Ici, ce n'est pas le cuir qui fait la renommée de la ville, mais bien le verre, ce verre si fin, si transparent, qui prend forme en quelque minutes grâce au souffle puissant et aux doigts agiles des artisans et se transforme en merveille finement ciselée. Comme à Cordoue, le vrai trésor de la ville réside dans les jardins cachés, entretenus avec amour. Comme Cordoue, Venise était une porte ouverte vers les destinations lointaines... Constantinople, l'Egypte et d'autres contrées encore plus fabuleuses, dont on pouvait percevoir un avant-goût en se promenant près des comptoirs où étaient déchargées les marchandises importées. Pour la petite diaconesse, Cordoue avait une beauté sauvage, alors que Venise, elle, était nimbée de mystère, mais toutes deux méritaient qu'on y séjourne longuement.

L'esprit vagabond de la petite diaconesse avait, il fallait bien le reconnaitre, décidément bien du mal à se concentrer sur le moment présent. Pour être tout à fait exact, il était très concentré sur le moment présent, mais sur un moment présent ailleurs. Loin, très loin de Mauléon et de l'église où elle attendait depuis près d'un quart d'heure et où elle commençait à ressentir la peur stupide de l'orateur avant que celui-ci ne prenne la parole. Que n'aurait-elle pas donné pour prendre ses jambes à son cou, explorer à son gré les villes qu'elle imaginait sublimes et surtout fuir le moment qu'elle appréhendait tant et qui était sur le point d'arriver. Mais il ne servait à rien de rêver : à Mauléon elle était, à Mauléon elle resterait pour les heures à venir. Ermelina soupira à nouveau et tendit l'oreille. Le brouhaha s'intensifiait : le bourdonnement d'insectes était désormais ponctué de bribes de conversations. Des éclats de rire retentissaient. C'était une véritable effervescence que la petite diaconesse percevait, et qui lui indiquait que les fiancés étaient là. L'envie de visiter l'Alcazar ou de vadrouiller du côté du campo dei Mauri se fit plus insistante. Enfin, la cloche sonna.

Premier coup. La petite diaconesse sentit ses entrailles se nouer et l'envie de se carapater devint plus forte encore. Venise, Cordoue, peu importait, elle tirerait ça à pile ou face en sortant de là par la porte de la sacristie. Second coup. Ses mains moites se mirent à trembler légèrement. Troisième coup. La rouquine eut toutes les peines du monde à déglutir tant sa bouche était sèche. Quatrième coup. Le doute s'insinua dans son coeur. Et si quelque chose n'allait pas ? Et si quelqu'un - que Dieu condamne son âme à errer pour les siècles des siècles dans les enfers lunaires - venait s'opposer à l'union ? Et si, par sa faute, par son étourderie, par sa bêtise, elle rendait le mariage invalidable dans sa forme ? Et si... Cinquième coup. Les yeux fermés, Ermi posa la main sur la poignée de fer ouvragé. Inconsciemment - peut-être était-ce là l'effet que les mariages devraient toujours avoir sur elle - ses pensées la ramenèrent auprès de Leandro, lui soufflant les mots que le chevalier avait utilisés pour lui décrire l'appréhension qui était la sienne avant chaque charge, chaque combat, et qui s'apparentait étrangement à ce qu'elle pouvait ressentir là, derrière le battant. La jeune femme sourit nerveusement, attrapa le petit reliquaire qu'elle portait au coup et l'embrassa pour conjurer le mauvais sort. Sixième coup. Maintenant. Il était temps de mettre fin à cette attente qui la rendait fébrile, temps de faire taire la part pessimiste qui était en elle et envisageait toujours le pire, temps de se rendre sur le parvis et de renouer avec ses racines...

La diaconesse SDF prit une profonde inspiration et poussa la porte de l'église. Comme toujours dans ce genre de situation, ce furent les habitudes et les automatismes qui prirent le pas sur la volonté propre d'Ermi. La jeune femme joignit les mains et se tint droite, comme l'exigeait la bienséance en grande compagnie ; le port de tête altier, comme il convient à une dame, elle avança de quelques pas et fit face personnes présentes. Le doux sourire qu'elle arborait atténuait considérablement la solennité de sa pose. Son regard se porta sur l'assistance, croisant des têtes connues, d'autres inattendues, voir inespérées, s'attardant quelque peu sur Varden puis sur Vanyel, dont la tenue vestimentaire ne manqua pas de l'étonner (et encore, le mot était faible). Si elle avait vu la robe le matin même, elle ignorait tout de la chose qui drapait ses épaules et qu'elle aurait pu définir, de là où elle était, comme une descente de lit velue. L'extravagance vestimentaire ne devait visiblement pas s'arrêter là : Ermi fut à deux doigts de l'arrêt cardiaque lorsqu'elle aperçut le costume criard et emplumé d'un tout jeune homme dont elle ne se souvenait pas avoir fait la connaissance un jour. Elle qui croyait avoir vu toutes les plus grandes excentricités à Paris lors de la fête des fous était épatée. Elle espéra simplement que ce n'était pas la dernière mode en vogue à la capitale et que, si c'était malencontreusement le cas, jamais elle ne gagnerait les provinces les plus reculées. Un petit clin d'oeil à Vanyelle, splendide petite poupée cachées dans les jupes de sa Tatie-Biscuit, enfin, lui permit simultanément de clôturer son tour d'horizon et de se donner un peu de courage avant de prendre la parole.


Qui donc ose se présenter ainsi en si grand apparat ce jour d'hui devant la maison de Dieu ? demanda-t-elle calmement et d'une voix posée et assez forte pour être entendue de tous. Les mots étaient venus sans peine, surgissant de sa mémoire. Ces mots, elle les avait entendus de la bouche de celui qui avait marié ses frères et ses soeurs aînés et c'est non sans joie et fierté qu'à son tour elle les prononçait pour Vanyel et Varden.

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Re: Le mariage juillet 1457 à Mauléon

Message  Aymeric le 2009-07-23, 14:36

Varden a écrit:Elle était là et en ce premier temps, elle seule comptait... N'en déplaise au fan inconsidéré de Captainpoulet, le célèbre Duc Breton, n'en déplaise à Russo et sa magnifique peau d'ours, n'en déplaise au jeune Aymeric ou à la jeune Vanyelle, homonyme de celle qui avait attiré de suite son regard ...

Azurely avait réalisé un travail magnifique, et il ne put s'empêcher de contempler un instant Vanyel en robe de mariée ... Sourire ravi du jeune futur marié ...

A sa promise ... Le regard accroché à l'azur de Vanyel ... Ou quand une seconde parait éternelle ... Le rouge aux joues, difficile de cacher une légère appréhension ...

D'un sourire, il salua les différents invités accompagnant Vanyel, marquant un arrêt, le sourcil arqué, sur le jeune Dénéré ... Toussotement ... Étranges mœurs ... Demoiselle Vanyelle était là aussi, charmante petite fille, grand soutien des fiançailles ...

Un autre arrêt sur le jeune Aymeric de Saunhac ... L'enfant de Phelipe ... Comment ne pas le reconnaître ... Même sans l'avoir jamais vu ... Indéfinissable pâleur, ponctuée d'yeux carmins ... Pas de répulsion, pas de satisfaction, simple regard portant intérêt au jeune homme ... Un peu de compassion aussi, sans doute, à imaginer l'avenir aussi sombre que sa peau était claire qui pouvait lui être réservé en ce bas monde ...

Hochement de tête envers Russo, il avait son fromage, elle le recevrait à l'occasion du banquet mais n'en savait encore rien ! Il lui devait beaucoup, car elle avait été l'artisan de son union avec Vanyel, lui permettant de respecter, à peine, les douze travaux de Vanyel infligés à tous prétendants et dont il aurait eu du mal à sortir vivant ...

Sourire à la pensée de tels souvenirs ...

Et revenir à Vanyel, répondre à son murmure ...


Adiou Vanyel Et un petit rire, mêlé de nervosité à son air malicieux ... L'envie de répondre mais guère le temps d'en offrir une le détendant peut être, que les portes de l'Eglise s'ouvrirent devant eux ...

S'avançant, il vit Ermelina les mains jointes et il sourit à la présence de la Diaconesse ... C'était un bonheur, une joie de l'avoir comme officiante et ce grâce à la bonne volonté de l'Évêque de Tarbes ... Ermelina était tout en prestance et Varden en fut légèrement impressionné. Mais venait déjà le temps de répondre à la question ...

Ils s'avancèrent tous deux à l'encontre de la Diaconesse, Vanyel lâcha à l'occasion la main des enfants l'ayant accompagnée jusque là ... Varden lui ne tenait pas d'enfants par la main, mais il lui faudrait aviser Vanyel d'une nouvelle à ce sujet tout de même ... Mais ce n'était pas l'heure pour le faire ...

Il prit la main de Vanyel dans la sienne, lui jetant un regard qui se voulait rassurant mais où l'on pouvait lire une certaine inquiétude face à ce qui les attendait ... C'est pourtant d'une seule voix qu'ils s'exprimèrent et ce de façon suffisamment audible de tous, ainsi qu'il était de coutume ...


Nous, Vanyel et Valère, humbles servants de Dieu, fidèles parmi les fidèles, nous nous présentons ici aujourd'hui pour recevoir le saint sacrement du mariage, pour que l'amour que nous nous portons mutuellement reçoive la bénédiction de Dieu, pour qu'Il nous lie à jamais, pour que rien ni personne ne puisse défaire les doux liens qui nous unissent.*

C'était comme une première étape de franchie ... Ils allaient entrer, l'esprit concentré sur le respect de la cérémonie et afin d'éviter tout faux pas, tels qu'il en avait vu à d'autres mariages, Varden conserva la main de Vanyel dans la sienne, le regard fixé vers Ermelina, meneuse de cérémonie et source de son salut devant toute maladresse sans aucun doute ...

*Les deux V citent le discours en entier tous les deux, et ne parlent pas l'un après l'autre malgré ce que la mise en forme forum pourrait le faire croire.

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Re: Le mariage juillet 1457 à Mauléon

Message  Aymeric le 2009-07-23, 14:37

Ermelina a écrit:La rouquine sourit en les voyant avancer conjointement, main dans la main. D'expérience, elle savait que c'était un signe qui ne trompait pas : ils seraient toujours là l'un pour l'autre, marchant côte à côte sur le chemin sinueux que serait leur vie. Vanyel trouverait réconfort et soutien entre les bras de son époux, Varden tirerait sa force et son courage de la présence rassurante de son épouse... Ermelina les écouta avec attention, touchée peut-être plus qu'il n'aurait fallu par la simplicité et la beauté du tableau qu'ils lui offraient. Enfin, avec une infinie douceur elle écarta les bras, tournant les paumes vers les cieux.

Ainsi soit-il, déclara-t-elle, que la volonté du Très-haut, qui a guidé vos pas jusqu'ici et qui a nourri la flamme de votre amour, soit respectée, et que tous ici en soient témoins. Vanyel, Varden, poursuivit-elle en regardant les fiancés, et vous tous, soyez les bienvenus dans la demeure du Très-Haut. Entrez et prenez place sans crainte, car sa demeure est aussi la vôtre. Réjouissons-nous ensemble et célébrons donc l'union de ces deux êtres qui s'aiment et veulent donner par leur union un signe visible de l'amitié de Dieu sur cette terre ! conclut-elle en désignant d'un geste d'invite l'église.

La diaconesse jeta un regard à l'assemblée avant de se retourner et de regagner le narthex. Machinalement, elle repoussa complètement les deux battants de la porte : pendant toute la durée de la cérémonie elles resteraient ainsi, permettant à tous ceux qui passeraient par là de voir qu'un sacrement était délivré. Ceux qui en auraient envie pourraient y assister, que ce soit par conviction religieuse ou par curiosité. Précédant son petit monde, Ermelina remonta lentement la nef en jouant distraitement avec l'anneau passé à son annulaire, dernier vestige de la cérémonie de son propre mariage. Comme toujours en pareille circonstance, la rouquine adressa au ciel une prière muette pour le salut de l'âme de son défunt époux, plombant ainsi son pauvre moral jusque là au beau fixe. Alors qu'elle se glissait dans le choeur et venait prendre place derrière l'autel, la jeune femme constata avec une lucidité rare mais non sans désarroi que ses petites cellules grises semblaient au mieux partir complètement en sucette, au pire être en pleine révolte : pas de concentration pour deux sous, pas de suite dans les idées, souvenirs remis à l'ordre du jour à l'insu de son plein gré, il ne manquait plus qu'un épanchement lacrymal intempestif et Ermi pourrait officiellement dire que ce n'était pas une révolte mais bien une révolution*... Le plus rapidement qu'elle put, la jeune femme se lança dans un domptage express du minimum syndical de neurones nécessaires à l'accomplissement de sa tâche et elle reporta son attention (ou tout au moins tout ce qu'elle avait pu en récupérer) sur la suite logique des événements.

L'église allait s'emplir peu à peu, pour sa plus grande satisfaction. Non pas que la petite diaconesse aimait à se donner en spectacle devant un auditoire nombreux, loin s'en fallait. Elle était simplement heureuse de voir, comme ce serait le cas ce soir, plus de deux personnes réunies dans une église pour assister à une cérémonie. Les couleurs chatoyantes des vêtements ajouteraient autant de touches de gaité à l'édifice. La petite diaconesse ne put s'empêcher de repenser aux offices et aux cérémonies auxquelles elle assistait étant enfant. A l'époque elle était fascinée par les beaux atours des gens qu'elle côtoyait pour l'occasion - c'était peut-être, allez savoir, un héritage qu'elle avait transmis à sa propre fille, ce qui expliquerait assez bien son penchant fort prononcé pour la mode - et ne se lassait pas d'en prendre plein les mirettes, négligeant de prêter une oreille attentive à ce que l'officiant pouvait bien déblatérer (après tout, c'était tout à fait accessoire). Ne le cachons pas, la rouquine aurait bien aimé pouvoir se fondre parmi les invités, rester près de Vanyelle et retrouver ses joies simples d'antant mais, manque de bol, c'était à elle de déblatérer, aujourd'hui. Un sourire en coin retroussa les lèvres de la diaconesse. C'était l'insurrection généralisée dans sa boîte crânienne, la pagaille la plus totale. Et dire qu'il allait falloir officier sans soutien cérébral... Voilà qui promettait des céphalocaptations à la pelle. Les fiancés n'allaient pas tarder à faire leur entrée, il ne lui restait que peu de temps pour relire une dernière fois ses notes : autant s'y mettre de suite.





_____________________________

*Non non, je ne pouvais pas la laisser passer, celle là, pas un 14 juillet (oui, il m'arrive parfois de prendre de l'avance dans la rédaction de mes posts). Comme on dit dans le milieu : historien un jour, historien toujours... Wink

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Re: Le mariage juillet 1457 à Mauléon

Message  Aymeric le 2009-07-23, 14:38

Klementein a écrit:[rp]Un mariage... Mais non ce n'était pas le sien... D'ailleurs, Klem ne se voyait pas en mariée... Donner toute sa vie à un seule et même homme ? Et pis quoi encore ? Habiter dans la même maison tant qu'on y est ? De toute façon, même si elle en avait eu l'envie, la jeune Mauléonnaise n'avait trouvé personne à son goût. Trop peu dehors pour pouvoir apprécier quelqu'un de toute façon... On ne trouve pas quelqu'un d'appréciable en restant juste quelques instants en sa compagnie.

Non aujourd'hui était le mariage de Vardi, rhooo il avait failli l'enguirlander quand Klem l'avait appelé ainsi devant Vanyel...
Pour ce moment important pour ses amis, Klem avait ressorti ses anciens outils de tisserande pour se confectionner une robe toute de couleur ocre.

Elle passa devant la maison du comte d'Ossau, et se rappela sa convalescence lorsqu'il n'était pas encore comte du Béarn. Klem se pressa sans se presser vers l'église de Mauléon et arriva juste au moment où les deux fiancés faisaient leur demande pour rentrer, et suivit tout le petit monde dans la bâtisse, pour aller rejoindre la place qui lui avait été choisie.
[/rp]

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Re: Le mariage juillet 1457 à Mauléon

Message  Aymeric le 2009-07-23, 14:38

Maxime_ a écrit:Coucou Maxime

Ah ! La plus belle, la plus soyeuse, la plus élégante des femmes. Elle était là... Mortecouille quelle beauté ! De toute façon, ce sont toujours les plus belles qui sont prises a premier, c'est bien connu !

Il s'approcha, enleva sa tête-de-poulet et sourit à la future mariée, puis à la petite demoiselle d'à côté. Hum... Poulette en devenir !

Il lui fit un bisou sur la joue (à Vanyel, suivez que diable !) et commença à discuter. Puis, derrière, il entendit Varden arriver. Bien sur, Vanyel s'arrêta net de parler... Et elle alla le voir... L'amour... Mouarf !

Il adressé un signe de la main à Varden, avec un sourire.

Et enfin les portes s'ouvrirent...

Qui donc ose se présenter ainsi en si grand apparat ce jour d'hui devant la maison de Dieu ?

Il fit un grand sourire, vu qu'elle le regardait, et s'avança à grands pas. Il lui serra la main énergiquement.

Enchanté ! Je suis Maxime de Dénéré la Duranxie...!

Toujours avec un grand sourire, il évita de lui taper la bise, ça ne serait pas convenable. Puis suivant la foule, il s'installa dans l'église. Ca allait commencer...

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Re: Le mariage juillet 1457 à Mauléon

Message  Aymeric le 2009-07-23, 14:39

Trolkabu a écrit:Une petite chasse ne lui ferait pas de mal, depuis le temps qu'il n'avait pas bersé. Excellente occasion pour conforter le peu d'acquis de sa compagne. Assurément aurait-elle apprécié les fourrures accompagnant les robes. Robe formidablement portée par Vanyel, un miracle du mariage. C'est tout de même infiniment plus seyant que braies et chemises, et souligne la joliesse de la porteuse. Particulièrement demandée ce jour, forcément, et de surcroît accaparée par la jeune fille. "Tatie" put-il percevoir. Le truchement de ses deux neurones fatigués n'y fit rien. Elle restait une inconnue pour lui, quoi que familière pourtant. L'empathie ne donne hélas pas les noms. Voilà ce que c'est de rester tant à l'écart de ses amis. Interrompue, stoppée nette. Il suivit alors son regard, hypnotisée par la présence de l'époux en devenir. Il ne la connaissait pas tant qu'il aurait voulu, mais il ne l'avait jamais surprise avec une telle complicité dans les yeux et les gestes. Elle avait su prendre son temps, pour son plus grand bonheur. Il ne lui restait donc plus qu'à connaître le sujet de son coeur.

Vrai que les poulets bougent encore, étêtés. Mais celui-ci était quand même plus qu'énergique, faisant éclore un sourire amusé en prenant ainsi la main d'Ermi, apparue impressionnante devant l'édifice non moins imposant. Un sacré bout de temps qu'il ne l'avait vue. Le sourire et les yeux plaisantins s'en firent alors plus heureux. La perspective de deviser à nouveau avec elle lui permettrait d'avoir ses conseils et probable soutien pour son propre mariage. Suivant le monde à l'intérieur, ôtant respectueusement son couvre-chef avant d'y pénétrer, il adressa un hochement de tête et un sourire léger à la diaconesse puis s'installa près de ses connaissances, devant, pour une fois.

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Re: Le mariage juillet 1457 à Mauléon

Message  Aymeric le 2009-07-23, 14:40

Thamad a écrit:* Oups, le mariage de Varden... Il faut que je me dépêche moi... *

Thamad prend Lyra dans ses bras et se hâte en direction de l'église.... Ouf, il n'est pas trop tard...

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Re: Le mariage juillet 1457 à Mauléon

Message  Aymeric le 2009-07-23, 14:40

Caro68130 a écrit:Oublier, j'avais failli oublier le mariage.... et lorsque la mésange vint me rafraichir la mémoire, je me mettais aussitôt en chemin. Pau, Orthez et enfin Mauléon. J'espérai ne pas rencontrer de brigands mais tellement en retard et poussant la monture à son maximum pour arriver à temps, je ne pense mesme pas que le brigand aurait eu le temps de me stopper, si ce n'est à ses risques et périls


Enfin en milieu de matinée la vue de la ville. Je poussais un soupir de soulagement et ralentissais donc le rythme éfreiné imposé. J'avais même le temps de passer à l'auberge, de me rafraichir et de me reposer avant de me préparer pour le mariage de Varden.

Depuis quelques temps chaque mariage me faisait une drôle d'impression. Oui se donner devant Aristote est un moment important, pour la vie. Du moins c'est ce que je moi j'avais pensé le jour où je m'étais mariée... bref pas le moment de penser à cela, ma vie est ma vie et je ne regrette rien.

Finissant de me coiffer et enfin prête je me rendais à l'église et m'installais dans le banc

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Re: Le mariage juillet 1457 à Mauléon

Message  Aymeric le 2009-07-23, 14:41

Vanyel a écrit:Ermi les avait invités à entrer dans l'église et Maxime l'avait chaleureusement saluée, rien d'inhabituel en cela après tout il restait égal à lui-même. Bien bien... Elle repensa à ce qu'ils avaient dit.. et réalisa à retardement que, bien que formellement, elle avait fini malgré elle par dire quel sentiment la liait à lui... Elle lança aussi discrètement que possible un regard inquisiteur vers Varden, essayant de deviner s'il avait saisi le sens de leurs paroles ou si, comme elle jusqu'à il y a quelques secondes, il était resté plus concentré sur la forme, bien content d'avoir un protocole à suivre pour divertir sa nervosité. Évidemment, elle n'arriva pas à trouver de réponse à la question qu'elle se posait et cela l'enquiquina pour une obscure raison.

Les portes de l'église étaient maintenant grandes ouvertes, et l'intérieur semblait les attendre après avoir subi une métamorphose. L'odeur de la cire et celle des fleurs disposées ça et là en bouquet, les rayons de soleil qui traversaient les vitraux et illuminaient le tout de colorée façon, Ermi qui ouvrait la voie...

Attendre pour rentrer en dernier ? Elle n'en avait pas l'intention, qu'importe qu'elle soit la mariée ce jour. Quand Ermi lui avait dit que la mariée devait se présenter au bras d'un homme, de préférence de sa famille même si ça n'était pas nécessaire, elle lui avait automatiquement répondu "Varden". Quand la diaconesse lui avait dit quelque chose du genre oui mais non, qu'elle devait pour ainsi dire être remise au marié, elle s'était entêtée. Ermi avait bien tenté de lui expliquer que ça pouvait être (presque) n'importe quel homme qui la conduisit à l'autel, et que Varden n'était en l'occurrence pas n'importe lequel, elle avait répliqué que lui elle était sûre qu'il serait là, après tout le marié c'était lui, donc pourquoi s'embêter à entrer dans l'église au bras d'un autre homme?
Et maintenant ils étaient là tous les deux. Ses doigts caressaient doucement les siens sans qu'elle s'en rendit vraiment compte. Elle se retourna pour sourire ceux qui étaient là leur posant une question, purement rhétorique au demeurant.


Y allons-nous?

Son regard s'attarda un instant sur son pale neveu qui semblait scruter les alentours, attendre quelque chose... elle savait trop bien quoi, ou plutôt qui et elle espérait qu'ils arriveraient ... à l'heure, en retard.. là n'était pas la question. Elle fit un petit signe à Vanyelle qui les rejoignit et attrapa le bout de la cape en peau d'ours blanc, en petite demoiselle d'honneur elle prendrait garde à ce que le précieux manteau prêté par Russo n'ait pas d'accident tragique qui pourrait malencontreusement par une fausse manœuvre le transformer en carpette... Ceci étant fait, elle sourit timidement à Varden qui attendait patiemment et hocha presque imperceptiblement la tête. Serrant un peu plus sa main dans la sienne, il l'entraina dans l'église.

La première fois qu'ils s'y étaient rendus ensemble ne remontait pas à si loin.. C'était la première étape qui leur permettait d'être là ce jour. En remontant l'allée centrale, ses yeux allaient de droite à gauche, glissaient sur les statuts fleuries dans leur niche. Leurs pas et ceux des invités résonnaient un peu sur le sol de pierre. Ils s'arrêtèrent quand ils furent arrivés vers l'autel. Klementein était arrivée et avait pris sa place de témoin, tout comme Nuit le faisait.
Derrière, il n'y avait pas d'ordre établi, et chacun était libre de s'installer comme bon lui semblait. Elle se demanda toutefois comment le p'tit poulet allait réussir à s'assoir accoutré comme il était, il trouverait bien une solution, il était assez grand pour ça.

Étrange comme elle avait conscience du sang battant à ses tempes, pourtant elle était un peu plus calme, pas de beaucoup certes, mais suffisamment pour ne pas piétiner sur place et laisser le ruban de la cérémonie lancée se dérouler à son rythme.

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Re: Le mariage juillet 1457 à Mauléon

Message  Aymeric le 2009-07-23, 14:41

Dotch a écrit:Dotch avait été prévenu du mariage de son cher ami, le petit Varden. Pour rien au monde elle n'aurait manqué cela, elle se rendit à Mauléon dès la fin du mandat.

Arrivée dans la Sainte bâtisse, Dotch se signa et alla s'installer au milieu de l'église. La cérémonie ayant déjà commencée elle se montra plutôt discrète, restant silencieuse, priant pour qu'Aristote bénisse et protège l'union de ses deux êtres.

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